XVIII siècle. La tannerie de François de la Mare de la Ville-Allée ».

Peut être une image de plein air
Première moitié du XVII siècle.
Dès l’année 1638 cet ancien logis fut la maison d’habitation de Guillaume De Serville et de Laurence De la Haye, son épouse, tous deux fermiers généraux des biens temporels du prieuré de la Magdeleine du pont à Dinan tous deux Sieur et Dame des Vieilles-Navières en Evran.

Tannerie en 1781 du Sieur François De la Marre de la Ville-Allée cette ancienne noble maison sera le bien entre 1811 et 1823 de la Veuve Jean Gentil Aubergiste à Dinan ; en 1825 elle entre en la possession de Jean Belestre. Beaucoup plus tard entre 1930-40 et 1975 elle appartiendra à madame et monsieur Georges et Louise YVERGNIAUX; le logement accolé à sa droite sera alors celui de madame et monsieur Bertault.

Avant propos présenté par monsieur Claude Bognet « Historien de Lanvallay ».

Les « De Serville« 
Cette très ancienne maison présente aujourd’hui en la rue du Four, déjà existante en l’année 1638, sera citée dès l’année 1693 en un terrier propre au prieuré de la Magdeleine ; celui-ci référençant, tout le bâti ici même présent à des fin d’impositions féodales lui donnera pour propriétaire le Sieur Pierre De Serville des Maretz
…Monsieur Pierre de Serville et consort pocede maison et un cellier au boult, cellier desrière et petit jardin proche la rivière et un autre jardin proche la cour derrière le prieuré et jardin nommé la pesrie…
Pierre De Serville né le 10 décembre 1667 prendra pour épouse Perrine Haslé. Tous deux Sieur et Dame des Maretz au pont à Dinan il eu pour père et mère Jacques et Perrine Leroy tous deux aussi Sieur et Dame des Maretz, tous deux aussi Sieur et Dame des dites Vieilles-Navières ; par son père Pierre était le petit-fils des susdits Guillaume De Serville et Laurence De la Haye.
La terre des Marets, terre assise proche de notre Vieille rivière, terre arroseé par le ruisseau de Monplaisir, sera au travers de cette famille citée jusqu’au début du XIX, jusqu’à l’existence de Jacques-Joachim De Serville  Maire de Lanvallay en 1811 celui-ci décédant à Lanvallay le 24/05/1835 ; de son vivant Jacques-Joachim sera possesseur du Pavillon de la Landeboulou, aujourd’hui château (En 1811 ce dernier sera également possesseur d’une maison assise derrière les hauts murs de Dinan, à l’actuel n°116 de la rue de Saint-Malo. Source : Monsieur Philippe Lefèvre possesseur d’un acte notarial rédigé en 1926 celui-ci ayant remonté le « Père de famille jusqu’à la Révolution) .

Les « De Serville, aujourd’hui Deserville ou Desserville, font eux aussi entièrement partis des grandes familles bourgeoises de Dinan, Dinan et sa région proche, ayant toutes laissées il est vrai leurs propres empreintes en notre Quartier de la Magdeleine du pont à Dinan.
Jacques-Gilles De Serville, celui-ci prenant pour épouse en 1658 Perrine Leroy,  fut le fils et de Guillaume De Serville né le 28/10/1594 et de Laurence de la Haye, son épouse, tous deux Sieur et Dame des Vieilles-Navières en Evran ; Jacques-Gilles sera le premier des De Serville possesseur de la dite terre des Marets cité par nos propres B.M.S. (Fille de Jan de la Haye et de Guillemette Agan, née le31/10/1593, AR SSD image n° 414, nous avons peut être ici à faire un rapprochement généalogique entre la dite Laurence de la Haye née vers 1595 et Jehan de la Haye Sieur du Bouais Collin, aussi en Lanvallay, celui-ci constructeur de l’une des chapelles de Saint-Malo de Dinan en l’an 1543; ce dernier en ce cas serait le propre aïeul de Laurence; dorénavant De la Haye s’écrit Delahaye).
Guillaume quant à lui fut le fils de Vincent De Serville et de Macée Hamon, tous deux Sieur et Dame de la Villegrommil aussi assise en Evran. Mais pourquoi nous intéressons nous en cet avant propos aux dits De Serville Sieurs et Dames des Marets ?
Guillaume et son épouse Laurence susnommés, Sieur et Dame des Vieilles-Navières, dès l’année 1641 furent de cette maison eux aussi les possesseurs puisque tous deux de leur vivant seront dits en un acte de fermage et au cours d’une enquête judiciaire :
…demeurants audit Faux bourcg de la Magdeleine du pont à Dinan… audict an transporté en la demeurance de ladicte De la Haye sittuée lex le carrouer de la Magdeleine du pont à Dinan
Au titre de cet acte de fermage (lire en bas de chapitre cet acte) ils seront tous deux le temps de 6 parfaites cueillettes les fermiers généraux des biens temporels du prieuré de la Magdeleine du pont à Dinan ; leur bail commençant le 21/11/1638 celui-ci les unira par contrat au Sieur Bouvart alors le prieur en charge de notre petit prieuré celui-ci demeurant à Paris, en la rue et paroisse de Saint-Severin ; étaient alors les Trésoriers de notre église, celle-ci desservie par la dite Rue du Four, Gilles Ermel et Pierre Marot du Mottay celui-ci AUSSI possesseur au delà d’une maison en cette même rue.

Forte de caractère, déjà veuve de Guillaume De Serville puisque celui-ci décédera lors l’un voyage à Paris peu avant, un litige éclatera dès l’année 1641 entre Laurence De La Haye et l’Abbaye de Saint-Florent relevant de l’Ordre de Saint-Benoist, éclatera entre elle même et le Frère Jan Bellefille prestre religieux en celle-ci. Ce litige sera lui même à l’origine d’une procédure judiciaire menée à l’encontre de Laurence celle-ci se déroulant sous la mandature de Missire Jan Vaugrenatz alors recteur en charge de la paroisse de Lanvallay ; cette procédure commencée dès le 03/08/1641 fera l’objet d’un Arrest rendu le 27/06/1642 par la Cour du Parlement de Rennes elle même (Monsieur Bellefille sera, cela quelques mois seulement après après ce litige, définitivement révoqué pour mauvaise conduite cette condamnation amenant de fait la suppression définitive de toute desserte religieuse par un prestre obédiencier ; cette révocation aura lieu le 07/09/1642).
Laurence étant aidée en cela par le propre recteur de Lanvallay le dit Missire Jan Vaugrenatz, et les deux trésoriers de l’église du prieuré, que reprochait à Laurence et à ses comparses l’Abbaye de Saint-Florent ?
De fait Laurence refusait de délivrer au sieur Jan Bellefille, celui-ci étant venu de Paris à Lanvallay, les clefs du Prieuré, clefs donnant accès aux logements, meubles et jardins affectées aux religieux desservant le dit prieurés. Pour sa défense Laurence prétextera n’avoir envers elle que la clef ouvrant le grenier des dits logements le prestre obédiencier de ce fait étant obligé de trouver chambre à l’extérieur
(De fait monsieur Bellefille aux frais de ses seules dépenses, celui-ci remplaçant à ce poste le moine Charles Destempes, ne pouvant accéder à ses propres logements « réservés » fut obligé pendant près d’une année entière de trouver logement trouvant celui-ci en l’hostellerie du sieur Yves Anger établi un peu plus haut en Dinan, sise en l’actuelle rue de l’Ecole., hostellerie ayant alors pour nom « A l’enseigne de l’Image de la Trinité ».

Laurence De la Haye refusant de se plier aux demandes du prestre obédiencier, celui-ci lui demandant simplement les clefs ouvrant les lieux, portera plainte de ces faits devant le Siège présidial de Dinan le sergent de cette ville intimant à la fermier De la Haye dès le 03/08/1641 de verser au plaignant l’argent nécessaire pour se loger, se nourrir et s’entretenir ; cette injonction sera faite à la dite fermière au regard du bail liant alors les deux parties. Au lendemain du 21/08/1641, jour en lequel le siège présidial de Rennes demandera la copie du dit bail de sa ferme, Laurence ne tenant aucun compte de cette intimation recevra le 22/08/1641 une sommation lui ordonnant de paraitre en la Cour présidial de Rennes afin de régulariser la situation financière du dit Bellefille.
Laurence refusant toujours de se plier sommation lui sera faite par le dit Présidial de Rennes, en septembre 1641, pour l’obliger à pouvoir financièrement aux besoins du dit prestre obédiencier tant alimentaires que autres …et qu’elle aye à y obeir; ce faisant je luy ay faict sommation et commendement à la susdicte requeste fournir et delivrer au dict Bellefille par ferme de provision la somme de soixante et quinze livres trournoys pour un quartier de l’année courante que faict pour chacun an la somme de trois cens vingt livres tournoys pour despens luy adjuger sans comprendre le sallaire et l’extraict de la présente signification, ce que la dicte de LaHaye a refusé faire, sur lequel refus je luy ay à l’instant donné encore assignation a comparoir en l’audiance de la Cour et Siège présidial de Rennes…
Le 08/11/1641, toujours silencieuse, une nouvelle sommation sera envoyée à la dite Laurence pour l’obliger une nouvelle fois à satisfaire aux besoins de nourriture et d’entretien dudit Bellefille ; la journée du 12/11/1641 intimera également à la défenderesse, cela en plus de la fourniture de la dite pension, de remettre au dit Bellefille et les clefs du prieuré et tous les ornements de l’église …les sentences cy davant entre parties au siège présidial de Rennes et du présent arrest la somme de cens cinquante livres tournoys tant pour le premier que second cartier de la nourriture, pansion et entretien ensemble pour luy delivrer tous et chacuns les espèces, deniers et meubles a luy requis et necessaires pour luy servir, en autre les ornements de l’église du dict prieuré afin de faire le divin service suivant…
Les lettres ainsi suivront aux lettres, les sommations aux sommations. Le 16/12/1641 la fermière De la Haye sera menacée de la saisie de tous ses bien si elle refusait enfin de se soumettre aux exigences de la Cour du Parlement de Rennes. Pour ce faire le sergent Estrillard ira en personne chez la dite fermière se rendant en sa maison assise proche le carrouel de la Magdeleine pour percevoir sur le champs, sitôt arrivé, la somme d’argent d’elle exigée …jour du présant mois de décembre mil six centz quarante et ung, autre recours ce jour de lundy saiziesme de novembre audict an transporté en la demeurance de ladicte De la Haye sittuée lex le carrouer de la Magdeleine du pont à Dinan, assisté de mes thésauriers cy après nommez ou estant parlant à la dicte De la Haye je luy ay à ladicte requeste dudict Bellefille en ladicte quallité faict sommation de me payer comptant et sans dellay, pour luy servir la somme de soixante et quinze livres tournoys pour un cartier et par avance qui commence à courir du vingt et troisiesme jour de novembre …et que faulte à ladicte De la Haye de me payer ladicte somme de soixante quinze livres tournoys pour les causes surdictes ensemble les fraictz de moy et thesmoins, je procederois à exécution sur ses biens meubles jusques à la concurance de ladicte somme et fraictz et desfaict sur les reffus saisy et emparé de nombre de biens meubles comme vaisselle d’estain platte et ronde, linge et autres meubles…
Laurence sur le champs s’exécutera.
Le désaccord opposant personnellement le prestre obédiencier à Messire Vaugrenatz viendra du fait que le dit Recteur Vaugrenatz, celui-ci assisté de Missire Guillaume Sanczon son subcuré, mais aussi de Missire Guillaume Patin « prestre desservant », refusait catégoriquement d’assister le dit prestre obédiencier dans la célébration de ses propres messes refusant aussi pour compléter son refus de garnir l’Autel et de fournir les livres nécessaire pour la lecture à haute voix. De fait le sieur Bellefille était obligé de célébrer seul sa messe, cela à voix basse, tous deux finalement se disputant le droit, le droit ou le privilège, de célébrer la messe en notre église de la Magdeleine au pont) .
La dernière sentence rendue rappellera en effet à la fermière De Serville et au dit Recteur de la paroisse de Lanvallay les obligations que ceux-ci avaient envers leur propre religieux obédiencier. Ainsi le Recteur et les dits Trésoriers de l’église délivrerons tous les ornements nécessaires aux célébrations des messes.
Lire en la fin de ce chapitre l’acte de la sentence rendue (sitôt cette affaire entendue le dit Bellefille, celui-ci s’estimant être toujours en dessous des ressources nécessaires à sa survivance, intentera un second procès mené à l’encontre de son propre Prieur commendataire, Michel Bouvard le premier Valet de la Chambre du roi en personne. Le dit jour du 07/09/1642 n’allait pas tarder à arriver).

A gauche Monsieur Claude Bognet

FIN DE L’AVANT PROPOS.


XIX siècle. Une tannerie au port de Dinan-Lanvallay nommée « Sabot« …

En 1693 bien avant le XIX siècle, bien avant l’année 1834, ce logis sera nommé en un acte d’imposition; c’est acte écrit nous apprendra qu’il était alors le bien du sieur de Serville des Maretz enfant issu d’une grande famille de notables déjà moult fois unie aux plus grandes familles bourgeoises de Dinan.

En la seconde moitié du XVIII siècle, en 1781 exactement, près de 100 années après, ici même pour ce logis sera en un acte successoral propre à la succession « Teto-Giffard » citée la « tannerie des héritiers du sieur François de la Mare de la Ville-Allée » ; celui-ci de son vivant était le fils de noble homme Sébastien-Augustin sieur de la Ville Allé substitut général du procureur du roi à Hédé. En cet ancien noble logis en 1781 donc « tannerie » il y avait…

Différents historiens présentent tous par erreur cette même tannerie comme ayant été CREEE en 1834 par le sieur Pierre Sabot lequel, acquéreur de ce bâtiment, l’aurait alors transformé en tannerie (ce propos en conséquence est faux puisque en effet cette tannerie existait déjà bel et bien avant 1781) Hors celle-ci en effet est citée en tant que telle, en tant que TANNERIE », en la dite année 1781 en ce même acte successoral ; celle-ci ne comprend alors que le corps de bâtiment comprenant en sa partie haute le Ventoir la maison de droite étant elle un rajout du XIX siècle très probablement édifié à la demande du dit Pierre Sabot il est vrai. La famille « Sabot » est alors déjà « famille de tanneur » établie en Dinan depuis l’année 1736 (1); en effet sera déjà tanneur en Dinan quand Pierre viendra ici-même s’établir, son propre parent, Guillaume Sabot. Notre tannerie Sabot en la rue du Four sera probablement elle aussi une entreprise familiale puisque Pierre aura pour enfant Auguste-Pierre-Joseph lequel, né en 1842, frère aisné de Léopold, sera dit « tanneur » lors de l’enregistrement à Lanvallay de la naissance de son propre fils né le 09/036/1877; la mère de l’enfant était Marie-Hippolyte Ollivaux [Archives départementales des Côtes d’Armor. Registre des naissances, image 126]

 Entre 1882 et 1884, soit très peu de temps après que soit survenu le décès de madame Sabot née Marie Bassard, hier veuve de Pierre Sabot, il sera en les murs de cette tannerie professée une autre activité, celle de la « Manufacture de la Toile »; les ateliers de celle-ci se trouveront probablement dans les dépendances, ou petit atelier, du jardin. Léopol Sabot vendra son bien professionnel en 1897 aux enfants héritiers de Pierre Duchemin hier le propre voisin ici-même de son père; au lendemain de cette vente le Registre des Augmentations et Diminutions de Lanvallay assoira en effet en cette « tannerie », alors bien professionnel des dits enfants héritiers « Duchemin », une « manufacture de toiles » (et non plus une tannerie).

En la dite année 1781, sur sa droite, est alors un jardin celui-ci étant en son milieu divisé en deux par une allée de servitude servant à aller sur le pont via la rivière; cette allée sera en effet nommée en ce même acte successoral : « allée servant aux tanneurs à aller à la rivière » (2). François de la Mare de la Ville Allée, l’héritier ’du noble homme Sébastien-Augustin de la Mare de la Ville-Allée, prendra pour épouse l’une des enfants du sieur Pierre Salmon lequel, fermier général des biens temporels du prieuré du pont à Dinan, sera aussi marchand tanneur (3) à la Magdelaine au port; celui-ci sera avec son gendre Christophe Le Roux des Aulnais l’un des plus riches notables marchands assis sur le quartier. De son statut social le dit sieur Leroux des Aulnais sera le régisseur du marquisat de Coetquen…mais ceci est une autre histoire.

En la matrice cadastrale de 1811 ce même bâti sera dit « appartenir » aux héritiers « Salmon de la Ville-Allée » probable « neveux » de François de la Mare de la Ville-Allée lui même. Acheter en 1834 par Pierre Sabot, celui-ci achetant alors une TANNERIE âgé de tout juste 30 ans, ce dernier par autorisation préfectorale du 18 juin 1861 fera reconstruire à neuf l’actuel mur délimitant sa propriété du nouveau chemin de halage réalisé au lendemain de l’année 1829. Ce bâti premier à ventoir, ou séchoir, fut énormément modifié sur sa façade aspectée à orient, côté rue, par le dit Pierre Sabot; semble devoir rester sur ce côté du logis, rue du Four, qu’une simple petite fenêtre armée de barreaux de fer.

Cette tannerie, en la première moitié de XIX siècle, ne semble pas avoir été tout au long de cette même période qu’une « tannerie » bien de « tanneurs » puisque en effet entre 1811 et 1823 elle sera le bien d’Isaac Gentils puis celui de sa veuve tous deux dits « aubergistes à Dinan »; en 1829, ce même ensemble sera le bien propre de Jean Beletre. Pierre Sabot ensuite acheta-il en la dite année 1834 cette ancienne tannerie au dit sieur Jean Beletre ? 
La trace de l’acquet de cette tannerie au lendemain du dit Jean Belestre malheureusement nous manque…

Hormis la belle cheminée les dernières traces du XVII siècle sont toutes situées sur la façade aspectée à occident, face à la rivière (à noter la très belle petite fenêtre défendue possédant une « parenthèse » et comprenant en dessous de celle-ci une sculpture presque effacée aujourd’hui). Lors de la mort de Pierre Sabot, mort survenue en 1866, sa veuve « Marie Bassard » prendra la suite de la tannerie avant de la laisser en 1880 à son fils héritier, Léopold Sabot. Le registre des augmentations cite ici même dès l’année 1882, jusqu’en 1894, la présence d’une manufacture de toile appartenant alors aux dits héritiers de feu Pierre Duchemin; auparavant apparaitra en la cour de cette ancienne tannerie, dès l’année 1811, un atelier la réunissant à la rivière lequel atelier, demain, sera en effet un atelier de filature.
Cette cour en 1834 dans le registre des Augmentations et Diminutions sera nommé la Cour de la Tannerie.
En le fin du XX du siècle, vers 1985, sera installé en cet ancien établissement professionnel un bar de nuit…celui fermera tôt à la demande des riverains à cause des rixes et beuveries à répétition; au lendemain de cette fermeture il fut transformé en logements. L’ancien petit atelier est aujourd’hui depuis peu un petit jardin à ciel ouvert.

(1) Le 22/01/1736 Jacques Sabot bisaïeul de Pierre Sabot ici étudié , prévost de Dinan, sera dit « être en charge » de la vénérable confrérie de Saint-Barthélémy qui alors avait son siège en la chapelle Saint-Barthélémy de Saint-Malo de Dinan ; cette vénérable confrérie regroupait les tanneurs de cette ville. Jacques-Maurice Sabot ici cité, marié à Dinan, est né le 01/10/1699 à Quimperlé; au sein de sa descendance, jusqu’à Louis-Marie Sabot fils du dit Pierre, soit cinq générations, seront répertoriés sur Dinan et Lanvallay 15 tanneurs ou marchand-tanneurs. Il ne faut pas oublier non plus de citer ici la présence en la fin du XIX siècle du Député-Maire de Dinan Charles Néel de la Vigne lequel, en le milieu du XIX siècle, sera lui aussi l’un des propriétaires tanneurs de la Ville de Dinan. Propriétaire en 1811 des Grands Jardins situés en dehors des murs de Dinan, au plus près de la porte de Brest, il fera construire en ces même anciens grands jardins une tannerie dont il transmettra les parts à monsieur Pean l’un de ses ouvriers associés dans la tache. Ainsi le maire de Dinan, l’un des plus grands manufacturiers de cuir de la ville de Dinan, céda t-il de son vivant sa manufacture. Charles Néel de la vigne eu en plein essor professionnel environ 80 ouvriers tanneurs ; à la lecture de ce chiffre on comprend mieux l’importance qu’eux au XIX siècle, en la ville et région proche de Dinan,  toutes les différentes activités liées au cuir aussi; les manufactures de lin n’étaient alors pas les seules pourvoyeuses de travail en le dite région de Dinan. 

(2) Cette allée de servitude reliant la rue du Four à la rivière en 1781 ne débouchait nullement sur l’actuel halage Hamon Ferron; celui-ci en effet ne sera réalisé qu’au lendemain de 1829. Les extrémités des jardins venaient toutes mourir au plus près de la rivière; cette allée de servitude par son extrémité était reliée directement à la Chaussée des moulins celle-ci reliant directement le milieu du pont à la dite allée. Ainsi depuis la rue du Four on accédait aux dits moulins directement et par cette allée et par cette même chaussée son propre prolongement (en 1693 sera cité en la rue du Four une barrière, ou octroi, une seconde barrière ou octroi étant également assise au plus près, en le bas de la rue de la Madelaine).

(3) Un « marchand-tanneur était un tanneur libre et indépendant qui avait le droit de se fournir en toute liberté et en toute indépendance; il était son seul et unique maitre.

Plan de 1786 assoyant l’allée de servitude pour le passage des tanneurs ainsi que la chaussée pour desservir les moulins
En 1844

Dessin cadastral de 1811
(Le jardin situé en la parcelle n° 57 correspond sur le plan ci-dessus de 1844 à la parcelle n°69. En 1811 l’actuel bâti, n° 67 sur le plan de 1844, n’apparaitra en effet que peu avant 1844 ; était alors ici même une très grande blanchisserie à lin possédant fours à cuves à ciel ouvert. Travail de reconstitution personnel)

Ici sur ce plan de 1811 l’implantation, vers 1830, des différentes cours citées en 1825 sur le registre des Augmentations et Diminutions. La nouvelle maison d’habitation de la tannerie est alors entièrement absente le plan de 1844 implantant lui qu’une petite maison; sur ce plan de reconstitution ne figure plus la dite « chaussée des moulins » reliant avant 1829 le milieu du pont à l’allée des tanneurs; manque donc sur ce plan il est vrai le nouvel halage et son ancrage au début du pont réalisé au lendemain de 1829.

Peut être une image de plein air et arbre
La tannerie et sa maison d’habitation laquelle maison sera édifiée qu’au lendemain de 1844.

2020. En la cour de l’ancienne tannerie voici hier les anciens ateliers de filature de toiles bien des héritiers de Pierre Duchemin.

Peut être une image de plein air, mur de briques, les Cotswolds et arbre
Même vue mais aujourd’hui

1861.
Plan relatif à la demande que fit Pierre Sabot pour la réédification de ses pourprins.

La dite Tannerie et sa nouvelle maison d’habitation, côté Rance.
De la tannerie originelle de François de la Marre de la Ville Allée, tannerie qui demain au XIX siècle sera associée à cette dite maison, il ne semble devoir rester aujourd’hui que son « derrière » bâti de pierre et faisant face à la rivière, à occident.
Le ventoir semble bien être une réalisation du XIX siècle dû probablement à Pierre Sabot lui même. La partie basse côté Rance possède en effet quelques rares éléments architecturaux du XVII siècle et cela à l’image de la petite fenêtre ouvragée en son rez-de-chaussée. Peut-être même est-elle même plus ancienne au regard de son motif sculpté…

La partie originelle dite « d’habitation » semble avoir été une côtale donnant alors déjà sur la rue du Four, là où se dresse aujourd’hui cette actuelle maison.
La maison de droite semble en effet n’avoir été réalisée que dans la deuxième moitié du XIX siècle puisque le bâti du plan napoléonien rédigé en 1811 ne la positionne pas du tout [le plan napoléonien de 1844 représente en effet en cette même parcelle qu’une toute petite et nouvelle maison].
Cette maison ici représentée à la droite de la tannerie serait  donc un nouvel agrandissent réalisé au lendemain de 1844 pour des besoins d’habitation, mais des besoins d’habitation seulement, besoins cependant toujours liés à la tannerie puisque ces deux éléments associés, associés ou accolés, ont toujours en commun aujourd’hui la dite cour de la » tannerie ».
XVII siècle.
Détail de la petite fenêtre sculptée de l’ancienne tannerie des sieurs de la Mare de la Ville -Allée bien au XIX siècle de Pierre Sabot.

 Souche de la cheminée de l’ancien logis de la tannerie du sieur François de la Marre de la Ville Allée possesseur de ce logis en la seconde moitié du XVIII siècle.
Sur la matrice cadastrale de 1811 seront ici même propriétaires « les héritiers Salmon de Hédé ». 
En effet le dit François de la Mare de la Ville Allée, noble homme vivant à Hédé, issu de Hédé aussi par son père alors « procureur du roi à Hédé, pris pour épouse Marie-Françoise-Toussainte Salmon la propre fille de Pierre Salon l’Aisné « négociant en peau » à la Magdeleine dès l’année 1740 ; n’ayant pas d’enfant son bien ici relaté fut probablement reçu par certains de ses propres neveux « nés Salmon ».  
Cette cheminée, XVII siècle,  avec les rares ouvertures originelles, toutes situées à occident du côté de la  rivière, est l’un des tous derniers éléments architecturaux qui nous restent du logis premier.

 
La tannerie et sa maison d’habitation rue du Four.

Voici la liste des « tanneurs » et « marchand -tanneurs  » trouvés au port de Lanvallay entre la fin du XVIII siècle et la fin du XIX siècle:  

– Pierre Salmon « Marchand au Pont » et fermier général du Prieuré du Pont. Père en autre de Jacques-Philippe Salmon ci-dessous, époux d’Hélène Lemée, il fut tanneur et « négociant en peau » ou « marchand de peaux » . Moult  cuirs ou peaux seront retrouvés en son domicile, bien inventorié au lendemain de son décès lequel surviendra le 10/01/1774. Pierre verra le jour en 1701 à Vitré.
– Jacques-Philippe Salmon fils de Pierre; Avant 1811 il sera possesseur et le probable concepteur de la grande tannerie rue de la Magdeleine au pont de Dinan.
– Les héritiers du feu Jacques-Philippe Salmon en 1811.
– François de la Marre de la Ville Allée établit en 1781 en la rue du Four; beau-frère du dit Jacques-Philippe Salmon ; les héritiers de François de la Marre de la Ville Allée seront par droits d’hérédfités propriétaires de cette Maison en 1781
– Guillaume le Turquis en 1793 lors du baptême de sa fille Thérèse-Jacquemine le Turquis laquelle, fille d’Yvonne Lavergne, est prénommée le 22/03/1793.Il est alors dit que l’enfant est née rue du Four et que son père est domicilié en cette même rue. Guillaume le Turquis sera en 1800 nommé « maire provisoire de la commune de Lanvallay.  
– Pierre Salmon en 1800, âgé de 55 ans et donc né en 1745 sera dit « tanneur originaire et domicilié à Dinan lors du baptême de François-Jean Rossignol.  
– François Marc âgé de 26 ans,  fils de François Marc quant à lui âgé de 50 ans, sera dit tanneur lors du bâptème de son frère François-Michel né en l’an VIII de la République. L’enfant sera baptisé par Guillaume le Turquis alors « maire provisoire » de Lanvallay. François Marc père, aubergiste, était alors le possesseur de l’ancien noble logis de la Croix-Verte déjà cité « auberge » au XVII siècle.    

– René Deschamp sera dit « tanneur » le 15/08/1793 lors du baptême de son fils Marie-Ollivier Deschamp fils né de son union avec Thérèse-Perrine Sabot. Ici au pont de Lanvallay apparait en 1793, cela bien avant que Pierre Sabot acquière sa tannerie en 1834, le patronyme Sabot. Sur cet acte de baptême signeront côte à côte Sabot père et Sabot le Jeune tous deux de Dinan puisque le parrain de l’enfant sera dit être : Ollivier-Guillaume Sabot de Dinan.      
– Louis-Marie Follen, époux de Anne-Marie Villeandré est dit « tanneur né à Lanvallay  » lors du baptême de sa fille Anne-Perrine née en l’an 9 de la République. Signe témoin : Pierre Follen.  
– Joseph Angot en 1802  sera dit « tanneur » lors de la naissance de Marie-Françoise Follen ci-dessous.  Joseph en 1815 sera toujours dit « tanneur » lors du baptême de Catherine Sécardin cette enfant étant prénommée le 07/12/1815. 

– Pierre Follen en 1806 né en 1776 sera dit « marchand-tanneur » ou négociant en peau lors du baptême de Jean-Jacques-Louis Follen lequel est ainsi nommé le 23/069/1806. Il était l’époux en troisième union de Jeanne-Marie Merel fille de Julien propriétaire du noble logis de la Cour de Bretagne; celui-ci à Lanvallay était « marchand de fer ». Pierre âgé de 28 sera plus tôt dit « tanneur » au baptême de son fils Pierre-Marie Follen lequel nait le 26 Brumaire de l’an 13 de la République en l’année 1803. Plus tôt encore, en l’an 11 de la république, au Brumaire, Pierre Follen est dit marchand épicier lors du baptême de sa fille Marie-Françoise Follen laquelle est ainsi prénommée le 3 Prairial de l’an 11 de la République. Pierre sera dit aussi « marchand épicier » ce dernier ayant exercé au moins deux activités professionnelles au port de Lanvallay.
– Pierre-Julien Salmon ci-dessous sera dit « tanneur demeurant au pont en Lanvallay » le 08/07/1808 lors du baptême de sa fille  Rose-Jacquemine-Adélaïde. Né vers 1783 et n’ayant aucune parenté avec Pierre Salmon époux d’Hélène Lemée ci-dessus, il est possible qu’il ait eu pour ancestre Pierre Salmon lequel, né à Lanvallay le 08/02/1692, était le fils de Jan Salmon et Julienne Rouxel.     

– Guillaume Moncoq à l’âge de 21 ans sera dit « tanneur » le 11/05/1809 lors du baptême de son fils Guillaume-Mathurin Moncoq lequel nait de son union contractée avec Julienne Le Maistre. Cet enfant sera ainsi prénommé par son grand-père François Le Maistre lui aussi « tanneur » de son métier.  
– François Le maistre né en 1752 sera en 1809 « tanneur » à Lanvallay. Il parait au baptême de son petit-fils ci-dessus Guillaume Moncoq né le 11/05/1809.      
– Julien Lebreton en 1813  est dit « Marchand tanneur » lors du baptême de François-Pierre Salmon lequel, fils de Pierre et d’Alelaïde-Scolastique Lebret est nommé le 28/06/1813. 
 
– Pierre-Julien Salmon sera dit « tanneur » en 1807; en 1810, en 1812, en 1815 et en 1829. Né en 1786 il eu pour épouse d’Adélaïde-Scolastique Lebret. Il est dit tanneur au baptême de sa fille Rose-Jacquemine-Adélaïde née le 08/07/1808, puis au baptême de Pierre-marie-François lequel est baptisé le 09/02/1810;  puis au baptême de Louis-Marie Salmon né le 30/01/1812, puis au baptême de sa fille Anne-Marie née le 14/02/1815 et aussi au baptême de son fils troisième ici Frédérique Salmon nommé quant à lui le 05/06/18/29.   
– Joseph-Marie Follen né en 1789 sera dit « tanneur » le 07/12/1815, à l’âge de 26 ans, lors du baptême de Joseph  Bragere.  
– Jean-Marie-Joseph Follen né en 1783 sera à l’âge de 32 ans cité comme étant « tanneur « ; il était l’époux de Julienne Leclerc. Cela sera dit lors du baptême de leur enfant Jacques-Guillaume-Jean Follen lequel est ainsi prénommé le 10/09/1815.      
– Joseph Follen sera dit « tanneur à Lanvallay » en 1815 lors du baptême de Jacques-Guillaume-Jean Follen ci-dessus. Alors tanneur établit à Lanvallay et âgé de 30 ans  Joseph Follen doit donc naitre en 1785. Cité aussi « tanneur en Lanvallay » le 10/09/1815 lors du baptême de Jean-Marie-Joseph Follen  ci-dessus ; Joseph ne savait pas signer.      

– Auguste le Turquis sera cité « tanneur » à l’âge de 26 ans, le 26/09/1815.  
– Joseph-Marie Follen cité en 1816 comme tanneur à Lanvallay. Il sera le parrain d’Alexandre-Pierre Follen fils de Pierre Follen et de Jeanne-Marie Merel enfant nommé le 12/08/1816.
– Angot Joseph né en 1781 et cité « tanneur en Lanvallay » le 04/02/1815 lors du baptême de son enfant Angelle-Thérèse. Il avait pour épouse Françoise Cocard née elle aussi en1781. 
– Jean-Marie-Joseph Follen tanneur en Lanvallay en 1815. Il est cité le 10/09/1815 lors du baptême de son fils Jacques-Guillaume-Jean Follen. Il avait pour épouse Julienne Le Clerc « débitant » .
– Emile le Turquis fils né de Guillaume ci-dessus. Né en 1823, époux de Jeanne-Marie Rouxel il sera dit « marchand tanneur au pont en Lanvallay » au baptême de sa fille Jeanne-Marie Leturquis laquelle nait le 11/08/1853.  
– Pierre Sabot lequel acquière en 1834 la tannerie du feu sieur de la Marre de la Ville Allée.  
– Louis-Marie Sabot né en 1831 et époux de Joséphine-Marie Eugénie Moncoq née en 1847
(Possesseur avec ses héritiers de cette Maison)
– Léopold Sabot fils du dit Pierre Sabot et frère du dit Louis-Marie Sabot.

Traduction de cet acte:
22 Janvier 1736. Controllé le dit jour
lan mil sept cents trente six le Dimanche vingt deux jour du mois
de Janvier, sur les quatre heures de l’apres midy apres le service
divin devant nous notaires Royaux hereditaires et apostoliques
a Dinan soussignés ont personnellement comparu les
confraires de la pieuse et venerable Confrerye de Saint
Barthelemy erigée et desservie en leglise et paroisse de
Saint Malo de cette ville pour deliberer aux affaires
importantes de leur confrairie ont etoient presents
Jacques Teffainne procureur en charge, Joachim Oriou, Jacques Sabot
prevost en charge de la dite confrerie, Louis Lavergne,
Guillaume Marest, Yves Legay, Noel Vallée, Guillaume
Hasle, François Legais, Joseph Martin, Bernard Cloutier,
Guillaume Boutier, Louis Deschamps.

A ete represente par le dit Oriou quant faire et
la deliberation du corps du huit de ce mois il a fait
voyage en la ditte ville de Rennes pour accomoder avec le sieur
Dubois procureur en la cour le proces que le dit sieur avoit contre
le corps laquelle instance le proces le dit Oriou accepte et
accommode avec luy pour la somme de deux cents
cinquante livres pour linstence qui avoit suivy davec
sieur Sebastien Aubry ancien prevost de notre communauté
les dits deliberans ont remercié le dit Oriou de la peine quil
sest donné et ont vraiment ratiffié et rattifient
le commodement que le dit Oriou a fait avec le dit sieur Dubois
la somme de deux cents cinquante livres laquelle la dite
somme les dits deliberans sont davis veullent et
sobligent tant pour eux que pour les autres confreres
quelle soit paye au dit sieur Dublois dans lonze du mois
prochain pour en effet quil soit fait lever  la dite somme
sur les confraires de la dite confrairye en maniere
acoustume et presentement nommés les dits Deschamp et  Marrest
pour en faire le bail ( ?) et cotisation
Les dits deliberans ont paraillement donné et approuvé
et prononcé au dict Teffaine de poursuivre et sans provoquer les
souffrances qui si ont promis payé l … et taxes sans
esprit de renonciation de tout ce que devant
lecture faite aux dicts maistres ils lon aussy
voullu comme vray promest et jure tenir
sur lhobligation generalle de tous leurs biens
bails et mobilliers presents et anciens et parlant
leur requeste nous dicts notaires les y avons jugé condamné
et condamnons par le jugement et autorité de notre ditte
cour avec soumission et jure et …………audict
lieu fait en letude  de Brossais Vaugrenat la minute signerent
sous les seings et les sieurs Vallé, Lavergne, Deschamps,
Oriou, Leguen, Cloutier, Gautier pour leurs respects
et ont Hasle, Sabot, Marest, Martin ………. ne
seavoir signer en presence des autres sus denommés
Joachim Oriou et de Lavergne, Deschamp Yves le Guen, Noel Vallée, Bernard Gauttier Jacques Teffaine, Francois Legais Brossais notaire royal, Vaugrena notaire royal Contrôle a Dinan le 22 janvier 1736 Receu
Douze sols

Cet acte judiciaire rédigé en 1736 concerne la comparution faite le 22/01/1736 en l’étude des notaires royaux de Dinan, Brossais et Vaugrena, des responsables de cette confrérie professionnelle. ; sont alors présents notamment les prévôts de cette association ainsi que celle de son procureur en charge d’elle. Lors de cette convocation, ou entrevue, seront devant les dits notaires royaux examinées les affaires importantes et notamment relaté le voyage fait à Rennes par Jacques Oriou, l’un des prévost en charge, voyage réalisé pour s’accommoder avec monsieur Dubois, procureur à la cour de Rennes ; un accord financier sera en effet trouvé pour clore un procès que le dit Dublois leur avait intenté au travers de leur ancien prévost Sébastien Aubry. Cet accord concernera le versement d’une somme de 250 livres ; l’acte de présente pas la nature ou les raisons de ce désaccord . En l’étude des dits notaires royaux les prévots et le procureur en charge de la confrérie remercieront pour son travail le dit Oriou et accepteront et ratifieront l’accord obtenu à Rennes devant Brossais et Vaugrena et s’engageront à payer la dite somme sous peine d’engager leurs biens propres passés ou à venir; pour ce faire un appel financier sera lancer et respecté suivant la « coutume » à tous les confrères de la Confrérie. Cet acte atteste à lui seul la présence à Dinan, au début du XVIII siècle, d’une confrérie des tanneurs laquelle confirme ainsi l’importance de ce métier alors aussi « présent » au port de Dinan, et cela avant et après cette date très certainement ; ces confréries étaient très anciennes où qu’elles aient été et quand l’église de Saint-Sauveur eu sa première pierre posée elles existaient très probablement déjà. Cet acte confirme aussi par ses patronymes, et cela pour les seuls besoin du Savoir, d’une sorte de « transmission professionnelle et héréditaire » de certaines de ces « nobles » professions au sein même d’une même cellule familiale ; les métiers manuels nobles, exercés au sein de la bourgeoisie d’une citée relevaient pour ainsi dire toujours d’une confrérie et de son St-Patron religieux. Ainsi les boulangers, les maçons, les charpentiers, les couvreurs, les tailleurs de pierre, les tailleurs d’habits etc. avaient chacun et leur « Saint-Patron religieux » et un Saint-Autel d’une église devant lequel ils faisaient leurs réunions et leurs assemblées. Les tanneurs de Dinan ayant eux aussi pour St-Patron St-Barthelémy et possédaient donc pour lieu de « rendez-vous » leur Autel en l’église de Saint-Malo en Dinan. Jacques Sabot, tanneur en 1736 à Dinan, était très probablement l’un des ancêtres de Pierre Sabot lequel sera tanneur à Lanvallay en 1834 ; cela est peut-être vrai aussi pour les deux tanneurs s’appelant en 1736 et en 1793 « Deschamps » .

La dite sentence rendue par la Cour du Parlement de Rennes le dit jour du 27/06/1642 :

L’arrest de la Cour de Parlement de Rennes
obtenu par les humble prieur et religieux

de l’abbaye de Saint-Florent, Ordre de Saint-Benoist
et frère Jan Bellefille, prebstre religieux du
mesme ordre en adicte abbaye dicte…datté le
dix septiesme juing présant mois mil six
cents quarente et deulx, signé Monneraye
a esté par moyGuillaumePicot, sergent
royal général et d’armes en Bretaigne, estably
et résidant à Dinan, instant les dicts prieur et religieux
et ledict Bellefille…intymé et sygniffié
et apparu par original, à Missire Jan Vaugrenatz,
recteur de la paroisse de Lanvallay, Damoiselle
Laurence De La Haye, fermière du prieuré de la
Magdellayne du pont à Dinan, et à honorable
homme Pierre Marot, soeir du Motay, et
Gilles Ermel, tresoriers de ladicte église de

la Magdellayne en Lenvallay, à ce qu’ils n’en
ignorent, et qu’ils ayent à y obeir, et
garder estat, et ce faisant j’ay suivant ledict
arrest faict commandement à ladicte De La Haye
et oudict nom, de bailler audict Bellefille les clefs
des logementz, meubles et jardins affectés
auxdicts religieux servants audict prieuré, et audicts
Marot et Ermel, trésoriers, de fournir et
dellivrer ornementz propres pour cellebrer
le saint service en ladicte église de la Magdellayne.
En l’endroit ladicte Laurence De La Haye et oudict
non a déclaré nostre saysine des dictes clefs,
et outre pour à la susdicte requeste, adjourné,
donné terme et assignation audict Vaugrenatz
recteur predict, et auxdicts Marot et

Ermel, trésoriers, comparoir en la Cour
de Parlement de ce pays à quinzayne
prochaine venante, tel que pour proceder
suivant ledict arrest entre partyes et autrement
ainsy qu’appartiendra. Faict audict cy
devant nommez, parlant en ce qui est
deladicte De La Haye à sa personne en
sa demeurance sittuée leix ledict prieuré
de la Magdellayne et audict sieur recteur
parlant aussy à sa personne estant
à la maison de la Croix-Verte, aussy
sittuée jouxte ledict prieuré, et audicts Marot
et Ermel, parlant audict Marot estant
en sa demeurance leix le pont à Dinan,
auxquels et chaincuns je baille coppie
tant dudict arrest que du presant, mon
exploit aux presances de Guillaume
Nogues, Jacques Ollivier mes thesmoins
de Dinan qui scavent signer et autres
le vingt et septiesme jour de juing mil
six centz quarente et deulx.
Pour vacation de moy et themoins, coppies de
l’arrest et signification, receu
quarente cinq solz.
La Cour au 123 juillet 1642
pour les prieur et religieux de
St-Florent, ordre de St Benoist en
France et
frère Jan Bellefille, prebtre religieux
du mesme ordre en ladicte abbaye dessus dicte.
Contre
Missire Vaugrenatz, recteur de la parroisse
de Lanvallay et
Pierre Marot sieur du Mottay et
Gilles Ermel, tresoriers dessusdicts.
Gouallier, présentement le 14 Folio CLVIII.

Archives Départementales du Maine et loire. H3363 pièce n°29 acte1/1 pages 114 à 116. Claude Bognet.

1639.
Le premier bail des dits De Serville – De la Haye

21 novembre 1638. Bail fait par le sieur Bouvart, prieur de la Magdelaine, à Guillaume Deserville estant pour six ans de revenu dudict prieuré, avec réserve qu’il fait des bastiments et jardins aux religieux desservant ledict prieuré.

Pour le temps de seix années et six
parfaite jouissance qui commenceront le
vingt huitiesme jour de may prochain
mil six centz trante neuff, et finissant à
pareil jour le dict temps révolluz, noble
et discret Michel Bouvart, prieur
commandataire
du prieuré de la Magdelayne du pont à
Dinan, demeurant à Paris rue et paroisse
Sainct – Severin, estant de présant audict
Dinan, logé au faulx bourcg de la Madelaine
au logis ou pand pour enseigne la
Croix-Verte, a affermé et promis garantir
à Guillaume De Serville sieur des Vieilles
Navières, et à Lauranse Delahaye, sa femme,
elle le réquerant vallablement authorisée
de sondict mary, demeurantz audict faux
bourcg de la Madelaine du pont
à Dinan, à ce présantz et acceptantz,

seavoir est les fruictz et revenuz tant
certain que incertain apartenant et
despandant dudict prieuré de la Madelaine
dudict pont à Dinan, consistantz au
four à ban dudict prieuré et logemant
et grange en despandant, jardins d’icelluy
prieuré, fors le jardin dont jouira et a
acoustumé de jouir, le religieux qui
dessert en l’églisse dudict prieuré, ensamble
jouiront du coulombier estant en l’un
desdicts jardins, moulin à eau, le pré
appellé de la Prieuré, les
droictz et debvoirs de dixmes en la
paroisse de Crehen et autres droictz et
debvoirs de dixmes en la paroisse
de Miniac, et autre debvoir de dixmes
appellé le Champ Morel ayant cours en
la paroisse de Pleudihen, les rantes et
revenus certains et incertains apartenantz
et despandantz dudict prieuré pour cause
des fiefs et balliaiges audict pont à
Dinan et la Jossay (en Taden pour celui-ci) en général, ledict sieur
bailleur afferme le tout dudict revenu certain
et incertain apartenant et despendent dudcit
prieuré ey ainssy qu’il a droit d’en jouir
comme lesdictz preneurs ont eccoustume
faire sans aulcune réservation, fors (sauf)
le logement du religieux au autre
qui deservira en l’églisse dudict prieuré
avecq le jardin ainssy que le religieux
desservant a de coustume d’en jouir,
le tout comme en ont joy les preneurs
fermiers et soubz fermiers soubz eux
avec les debvoirs de loddes et vantes
et autres proffilz du fief pour en
jouir par les preneurs en bon père de famille, payerontpar
chacun an, par raison de laquelle
jouissance, pour toutes charges audict
sieur bailleur, la somme de dix neuff
centz livres tournois par demye
années comme elles escheront dont le

premier paymant qui est neuff centz
cinquante livres se fera au jour
Noël et le segond à la Sainct Jan Batiste
segondement venant, et ainssy continuer
durant ladictte jouissance et outre et
sans diminution de laditte somme,
bailleront par chacun an audict jour
bail audict sieur bailleur douze pottées
de beure de chacun quattre livres
de bon beure, lesdicts deniers et beure randus
en la ville de Paris, maison dudict
sieur bailleur aux frais et risques desdictz
preneurs, à ce faire s’oblige lesdictz
Deservilles et Delahaie sa femme
sollidairement avecq renonciation au
bénéfice de biens et de fide jusseur (celui qui se porte garant)
sy laditte femme aux droitz de …
si que mulier (si cette femme) a elle donnez à
entandre ay esté contraintz par
exécution et prompte vante de biens
meubles comme gaiges, tous jugez
à vandre saizis….et vante des
immeubles arrestz et hostaiges de la
personne dudict Desreville en prison ferme
la part qu’il plaira audict sieur
bailleur comme pour deniers royaux,
l’une voie n’empeschant l’autre, convent (convient)
que lesdictz preneurs faire pouront
servir des logemantz dudict prieuré
en l’estat qu’ils sont réservés, ceux du
religieux comme est dit cy devant
par ce que s’il estoit quelques
menues réparations de couverture, d’iceux
preneurs la feront faire sans répétition
ne (ni) rabais aussy s’il estoit requis,
faire quelques paymantz de pantion (pension)
à un religieux ou autres qui deservira
en l’églisse dudict prieuré, et droictz
et debvoir de decimes aussy à
payer lesdictz preneurs, neanlmoins

les conditions et termes de payer ci devant
seront tenuz de payer et avancer et les
acquitz qu’ilz retireront desdictz paymantz
leur vauldront aultant de
rabais sur le rpix du présant acte
de la ferme, rendront les preneurs
les tournans et moullant dudict moulin
à eau, en fin de ferme, en l’estat qu’il
trouve à l’entrée dont en sera
fait estat et procès verbal, ne
pouront lesdicvtz preneurs pour queque
cause que se soit prétandre aulcun
rabais sur le prix de leur ferme
en laquelle ne pouront subroger et
subplanter aulcune personne sans le
consantement dudict sieur bailleur
auquel iceux preneurs ont payé et
advancé la somme de six centz
livres tournois qui leur sera par
ledict sieur bailleur desduite sur chacune
desdicttes années, et pour icelle centz
livres par chacun an, et en cas de
décès dudit sieur bailleur avant ledict
bail finy et acomply lesdictz preneurs
ne pouront ^rétandre contre ses
hérittiers aulcune diminution de la dictte
somme de dix neuff livres par an
pour les années qui resteront à
expirer lors dudict décès, ce que les
partyes ayant ce que dessus ainssy
voullu consenty, promis et juré tenir
à ce faire, et enthérinner de point en
autre, nous dictz nottaires les y
avons par le jugement de nostre dictte
Cour de Dinan condampnez et condampnons
avec submission y jurée et prorogation
de juridiction, neanlmoins induces
par le faire seavoir par tous
sergens et pour l’exécution du présant
bail à la mantion et domicille de sa
presante nommée par le dict sieur
bailleur cheix (chez) et en sa demeuranse
de Maistre Gilles Leforestier, procureur
en la Cour de Dinan pour y valloir
tous exploitz comme à personne, ou
propre domicille. Fait et le gré
prins au pont à Dinan à la maison
où pant pour enseigne la Croix
Verte, le vingt et uniesme jour de
novembre mil six centz trante huict
et De Serville signe chacun pour leur
regard, et à requeste de ladictte Dalahaie
qui a vériffyé ne seavoir signer ; qui a signé à sa requeste Macé Mesnage sieur de la Salle dudict pont cy présant.
En bon père de
famille pour raison de laquelle jouissance
trouve à l’entrée dont en sera approuvé.
Santance et céde du présant est demeurée
vers moy Jullien Pinault l’un desdictz notaires soubz signé.
Maistre Jacques Massu. Pinault notaire royal.
Autre notaire. 26 sols.

Archives ADML H3363 page 121. Claude Bognet.

Pierre tombale de Macé Marot et de Gullemette Rolland Sieur et Dame du Cheminneuf tous deux père et mère du dit Pierre Marot sieur du Mottay trésorier de l’église de la Magdeleine.
Macé Marot de son vivant sera le « procureur fiscal du dit prieuré.
La reconstitution ci-contre est un travail personnel.
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