Histoire d’un quai au port de Dinan.

Peut être une image de plein air
Les actuels n° 1-3-5-7 rue du Quai. Au tout début du XX siècle, en 1908, les numéros 5 et 7 en leur embats respectifs ne formaient « associés qu’ils étaient qu’un seul et même établissement. Là était le « Café-restaurant d’Ille et Rance bien professionnel alors de monsieur François Robert. A la fin de ce même siècle, dissociés l’un de l’autre depuis longtemps, le n° 7 était le Relais des Corsaires…aujourd’hui c’est le « Restaurant des voyageurs. Il est daté de 1754.

Il y a longtemps déjà les marées ici même venaient….

Le port de Dinan de tout temps fut un port de fond d’estuaire et avant l’apparition du canal d’Ille et Rance la bonne profondeur de l’eau était toujours dépendante des fortes marées. Il faudra attendre la réalisation de ce même canal commencé le 11/02/1804 et définitivement terminé en 1836, et l’installation de la grande plaine d’eau de Chantoiseau pour voir ici, au port de Dinan, la présence d’une eau devenue permanente (Sera établie entre mai et juin 1833 une « première navigation dite d’ESSAIE notre « propre partie fluviale  » ayant elle été déjà menée à terme; à ce titre la toute première liaison en bateau à vapeur faite entre Dinan et Saint-Malo aura lieu le 16/03/1833 l’écluse du Châtelier au Lyvet étant elle terminée depuis 1832).

Beaucoup plus même, au lendemain de l’ouverture de ce canal il faudra vouloir la réalisation en 1843 du « haussement » du déversoir de l’écluse du Châtelier au Lyvet pour voir augmenter de la plaine fluviale de Taden sa propre profondeur d’eau, pour voir au port de Dinan la hauteur d’eau passée de 1.76 mètre à 3.94 mètres, pour voir enfin remonter régulièrement jusqu’au port de Dinan des bateaux pouvant dépasser les 100 tonneaux. Avec la réalisation du canal d’Ille et Rance du jour au lendemain de port de « fond d’estuaire » le port de Dinan était devenu en quelque sorte « port fluvial » ; aujourd’hui d’ailleurs, depuis quelques années seulement il est vrai, la partie « maritime » du canal d’Ille et Rance ne contient plus la plaine d’eau de Chantoiseau mais s’arrête dorénavant à l’écluse du Châtelier assise au port du Lyvet.

 De fait le port de Dinan avant l’ouverture du canal d’Ille et Rance était un port de mer dépendant très fortement des marées d’équinoxes lesquelles, seules, permettaient à des bateaux de remonter tout l’estuaire ; cette profondeur d’eau au port de Dinan, très irrégulière et toujours dépendante des marées, pénalisait tous les bateaux dépassant un certain tonnage puisque seuls les bateaux ne dépassant pas les 40 tonneaux pouvaient naviguer jusqu’au port en dehors de toute forte marée. Avant la réalisation du canal seules les marées d’équinoxes permettaient en effet d’avoir une hauteur d’eau suffisante dans le port, eau profonde de 4.80 m, alors que les marées de Solstices permettaient quant à elles d’avoir seulement un étiage maximal de 2.90m (étiage : le niveau le plus bas d’une eau entre le niveau haut et le niveau bas).

Pour le seul cabotage la réalisation de la dite écluse de Châtelier permettra par TOUT temps ordinaire aux bateaux de 60 à 80 tonneaux de remonter dorénavant la rivière jusqu’au pont lorsque hier en effet seules le permettaient les fortes marées. Avec l’aménagement du déversoir de l’écluse du Châtelier au port de Dinan tout va EXPLOSER. Ainsi en 1854 le port accueillera un cabotage de plusieurs milliers de tonneaux par des bateaux jaugeant eux plus de 90 tonneaux ; à ce titre cette dite année 1854 entreront et sortiront ici même régulièrement des bateaux dépassant allégrement les dits 90 tonneaux en effet. Pour illustrer ce propos la situation de la marine marchande à Dinan en 1854 aura vu sortir du port 54 bateaux pour 1548 tonneaux, 16 navires pour 413 tonneaux, 36 navires à voiles pour 3160 tonneaux quand entreront chargés au port par exemple 83 navires jaugeant les 2933 tonneaux ainsi que 67 navires jaugeant eux les 1200 tonneaux .

De visite à Dinan voici ce que dira en 1636 le sieur François-Nicolas Baudot seigneur Dubuisson-Aubenay (1590-1652) celui-ci ayant dans un ouvrage raconté sa venue au port de Dinan : …Enfin la marée arrive au ponà Dinan, bon bourg, au pied oriental du mont sur lequel Dinan est situé. La rivière y est peu large et au plus de 40 ou 50 pieds, le pont est de pierres, à 5 arches petites. Les grands bateaux qui sont de 30 à 40 pipes, c’est à dire 15 ou 20 tonneaux, ne passent point; mais les batelets et barquettes passent jusques à Léhon, voire 1/4 de lieue outre… Les bateaux en ce temps là ne possédaient en moyenne et en notre propre estuaire qu’une semaine par mois en totalité pour œuvrer « normalement » jusqu’au pont.

Malgré cette profondeur d’eau très changeante puisque dépendante en effet des différentes marées, dépendante des saisons, le port de Dinan connu toujours une activité portuaire certaine et cela même au moyen-âge ; au tout début du XIII siècle est-ce que les draperies de Dinan ne quittaient pas notre région de Bretagne pour Cadix en sortant du port ? Il nous faut comprendre que le port de Dinan apparait très probablement en même temps que son pont et que celui-ci est déjà existant entre 1070 et 1110, période en laquelle le prieuré du PONT A DINAN sera fondé; le lieu était déjà alors un port de fond d’estuaire et le premier quai, qu’il soit talard ou autre, n’allait probablement pas tarder à apparaitre dans l’Histoire. Et ainsi aussi la ville de Dinan de tout temps fut principalement « alimentée » ; séculairement relié à la Manche de cette façon par le port arriveront par voie d’eau la pierre, le sel, le plâtre, l’ardoise, le cuir, les planches de bois, le cidre, le beurre, les graines de lin, le bois de chauffage, les bestiaux etc.

Situé au plus profond de son estuaire le port de Dinan a toujours présenté un long corps rectiligne, un étirement certain ; en 1876, au XIX siècle, le quai du port à Dinan à ce titre s’étirera sur une longueur de 512 mètres de quais verticaux et sur une longueur de 164 mètres pour le perré (1) le tout possédant une longueur totale de 676 mètres là où prend fin aujourd’hui le ponton moderne à bateaux.

La partie la plus ancienne du quai propre à Dinan s’étire toujours sur une longueur de 326 mètres prenant naissance au débouché, sur le quai, de la grande descente du Jerzual ; en ce même endroit cette partie du quai « d’expression littéraire » au XVIII siècle sera présentée comme étant « ANTIQUE ». Ce quai originel, à l’extrémité de ses 326 mètres de long, devait s’arrêtait approximativement à l’actuel n°41 de la rue du Quai, à l’emplacement de l’ancienne briqueterie le bâti ici sur ce quai, cela jusqu’au début du XVIII siècle, s’arrêtant lui aussi un peu près au même endroit.

Dans le « Grand papier-terrier de Dinan », livre de « dénombrement » rédigé en 1678, sont ainsi répertoriées donnant sur le quai même, assis en la paroisse de Saint-Malo, treize logis et maisons tous proches de la rivière, treize logis ou maisons avec cour tous probablement à pans de bois et réalisés pour certains soit au XV ou soit au XVI siècle puisque deux d’entre eux seront dits « fait de neuf » en la dite année 1678 ; certains de ces logis seront même accompagnés de leur jardin respectif donnant eux directement sur le quai. La totalité de ce bâti aujourd’hui à presque entièrement DISPARU hormis le vieux moulin du prieuré ainsi que, assise sur le quai, la « Vieille maison » datant du XV siècle aujourd’hui nommée « la Capitainerie » ; reste toutefois aussi une grande maison à pans de bois, XVI siècle il me semble, qui est l’actuel restaurant « Chez Bongrain ». Pour ce quai toute une grande partie du bâti actuel est du XVIII siècle s’échelonnant effectivement entre 1736 et 1786 pour les derniers logis construits presque à l’extrémité du quai. L’autre partie de ces bâtis privatifs est plus ressente, première moitié du XIX pour les uns puisque déjà présents en 1844 et seconde moitié du XIX siècle pour les autres ceux-ci ayant remplacés un bâti privatif plus ancien mais encore présent en 1844.

Il y a encore à cette heure présente deux grands bâtis qui furent tous deux hier professionnels lesquels apparaissent au lendemain de 1844 dont l’un remplacera un bâti premier beaucoup plus ancien lui aussi encore existant en 1844; celui-ci fut une ancienne manufacture de toile laquelle accompagnera le port dans son développement économique en cette seconde moitié du XIX siècle. Grande entreprise de bâtiment vers 1980 elle sera vers 2000 un grand magasin d’antiquité en son RDC avec logements privatifs en ses étages. Pour l’autre il s’agit d’une ancienne grande entreprise de menuiserie assise en retrait de la route qui fut hier construite en la parcelle d’un grand jardin ; il y a peu « cabinet d’architecture d’intérieur » et logements ce grand bâti est devenu aujourd’hui un ensemble d’appartements privatifs. Ce bâtiment sera édifié en 1858 par le sieur Adolphe-Eugène Lenouvel lequel, fils de Theodolinde-Jeanne Ledoux épouse d’Eugène-André-Marie Lenouvel-Maisonneuve y établira une brasserie à bière ; vendue en 1864 à M.Dibart par Adolphe-Eugène Lenouvel et sa sœur Marie-Joseph Lenouvel, épouse de Noël-Emile Rosse capitaine au long cours, elle sera définitivement fermée par le dit Dibart pour cause de faillite en 1874. Revendue en 1884 la brasserie va être acquise une nouvelle fois par messieurs Léopold Scardia et François Pesnelle ; changeant cependant entièrement d’activité l’ancienne brasserie va se transformer en une grande teinturerie et filature de Laine à façon dont le siège social sera lui établi aux numéros 3 et 5 de la Grande Rue de Dinan. ; celle-ci sera encore en activité au lendemain de 1920. Au devant de celui-ci, au n°50 de la rue du Quai, assise au bord de la route, est une maison crépie d’orange ; cette maison fut réalisée vers 1920-30 en remplacement d’une maison beaucoup plus ancienne encore représentée sur des cartes postales éditées vers 1910. La maison en pierre qui lui fait suite au delà d’une cour laquelle lui appartient, à l’actuel numéro 52, elle aussi comme la précédente dans son origine connait exactement la même histoire. Les actuels numéros 55 – 57 – 59 et 61 édifiés aujourd’hui en deux corps de logis distincts possédant eux aussi cour « au derrière » lors de leur construction remplaceront ici même une ancienne grande fabrique de tuile possédant plusieurs ateliers de fabrication et bureaux. Le grand four de cuisson avec sa grande cheminée était dans la dite cour celui-ci apparaissant qu’au lendemain de 1844 ; une cartographie éditée vers 1910 montre tout cet ensemble… Cette briqueterie cependant sera déjà à l’œuvre à la fin du XVIII siècle bien professionnel qu’elle sera de Jan Teto époux de Janne Arot de son métier marchande de cuir ; pour lui il sera dit qu’il était « marchand à Dinan fabriquant de briques » . Jan Teto qui décèdera le 11/10/1804 sera propriétaire et rue de la Magdeleine et rue de l’Abbaye en notre paroisse de Lanvallay ; à ce titre il sera possesseur notamment de la maison assise à l’actuel n° 29 de la rue de la Madeleine (En 1858 la grande cour sera le bien de Theodolinde-Jeanne Ledoux épouse d’Eugène-André-Marie Lenouvel-Maisonneuve de son état marchand de bois celle-ci de nouveau ici même ouvrant une Briqueterie; au sein de cette cour elle fera édifier un four à chaux. Les maisons actuelles assises aux dits n° 55-57-59 et 61, maisons reconstruites au lendemain de 1930-40, seront peu avant 1840 les entrepôts et magasins des sieurs Charles et François Moncoq son fils ; Charles Moncoq ancien marchand de bois fut en effet hier possesseur de 12 grands entrepôts jouxtant l’emplacement du dit futur four à chaux, jouxtant aussi l’emplacement de la dite future brasserie. François Moncoq de son état marchand de grains entreposera au côté de son père tous ses grains divers et variés en ces mêmes entrepôts).

Ainsi en 1678 nous retrouvons ici même assis sur le quai de Dinan certains des grands notables de cette ville à savoir les Mesnage, les Vallée, les Durand, les Aoustin, les Serizay, les Savé, les Douillet, les Gigot, et même les Menard et les Serizay possesseurs en la paroisse de Lanvallay du manoir de la Landeboulou pour les uns et du château de Grillemont pour les autres. Ici sera possesseur aussi le prieuré du pont lui même et cela pour un logis nommé à la fin du XVIII siècle « le vieux Connant »; ce logis en 17786 sera l’objet d’une action judiciaire menée à l’encontre de la ville de Dinan par le prieuré lui même celui-ci se dressant de droit contre son expulsion des lieux les travaux du port obligeant la démolition de tout son bien. La démolition de ce logis en effet de force entrainait une perte financière certaine pour le prieuré au regard d’un impôt féodal lequel dorénavant ne serait plus jamais perçu…Pot de terre contre pot de fer le prieuré de la Magdeleine perdit la partie.

Le quai de Dinan en sa partie première, la partie la plus ancienne, sa partie « antique », va connaitre dès le début du XVIII siècle une première réhabilitation en profondeur et cela il est vrai au travers de son propre bâti aussi ; cette réhabilitation obligera ainsi la « déconstruction » de presque tout le bâti originel attesté « présent » ici même en la dite année 1678 puis sa reconstruction laquelle sera en effet échelonnée.

Les plans nous manquent pour comprendre l’étirement de ces travaux ; ceux du quai par eux même vont effectivement s’étirer tout au long du XVIII siècle, jusqu’en 1777, et cela dès l’année 1733 le premier plan lui apparaissant qu’en 1778 lorsque seront décidés les grands travaux d’Alignement au lendemain de la réalisation du nouveau grand chemin, ou l’actuelle rue du Général de Gaulle. Les plans les plus anciens que tous nous possédons sont les plans de 1701 réalisé par monsieur Carangeau ; ceux-ci nous montrent un quai de Dinan assez difforme à occident, côté habitations, celui-ci possédant à orient, sur la rivière, six cales dont trois beaucoup plus petites que les trois autres. Le bâti représenté sur ces plans semble devoir dans sa propre longueur s’arrêter en effet à l’extrémité du quai premier ; à l’image de l’ancien moulin toujours partiellement présent aujourd’hui à fleur d’eau, le logement du meunier disparaissant lui au lendemain de 1786, certains bâtis originels étaient eux aussi probablement assis au plus près de l’eau. Hormis le moulin toujours en activité le réaménagement du quai premier entrainera leur disparition comme le confirme d’ailleurs aussi une ligne écrite par Mathurin Monier lui même dans l’un de ses livres consacré à Dinan : …Il n’y avait dans ce port que des cales en très mauvais état et en outre incommodes à cause de la présence de maisons avançant jusque sur la rivière…

Les travaux propre au quai, accompagnés de ceux de déconstruction et de reconstruction du bâti premier, commencèrent peu avant 1736 puisque le petit immeuble assurant l’angle de la rue du Petit-Fort avec le faubourg du port lui est daté il est vrai de 1736 ; cette date est notre date de démarrage en dehors de toute autre information (3). Ce réaménagement du dit habitat « premier » semble avoir perdurer pendant plusieurs longues années puisque le troisième immeuble, immeuble suivant le précédent, lui est daté de 1754 soit près de 20 années après; en vérité ces travaux « premiers » s’étireront jusqu’en 1786 comme l’atteste la dite procédure judiciaire susnommée. L’année 1756 assistera à la reconstruction du très ancien mur du quai, la dite partie antique, celle-ci étant financée entièrement qu’avec les deniers de la ville; l’année 1765 quant à elle voit la ville de Dinan être dans l’obligation de « déjà » reprendre certains travaux hier réalisés en 1756. Finançant depuis le début elle même ses propres travaux pour faire face à cette dite « obligation Dinan en 1765 fera un emprunt pour une somme de 12.000,00 livres ; dans leur globalité ces travaux perdureront effectivement jusqu’en 1777 pour le quai puisque pour pouvoir définitivement les terminer seront réutilisées les pierres issues de la démolition de la Porte de Saint-Sébastien de Dinan laquelle, située en avant de la porte du Jerzual, avait été déposée en 1771; le bâti lui s’étirera jusqu’en 1786 comme l’attestent les deux dernières maisons jumelées construites toutes deux presque à l’entrée du port, proche de l’Argentel.

En la paroisse de Saint-Sauveur l’année 1778 assistera à la sortie de la rue du Petit-Fort, vers midi, dans le prolongement du quai de Dinan et à son amont, au delà de la « barrière », à la construction d’un chemin neuf au travers de la vallée des Vaux; celle-ci possédant ses terre et sa métairie est alors desservie au moyen d’une galerie couverte traversant tout un ensemble de logis ici même présents le nouveau et futur chemin devant dans sa fonction première relier directement le port de Dinan aux murs de la ville haute. L’adjudication de la somme de 86.500,00 livres pour ce faire fut faite entre les États de Bretagne et le Secrétaire d’État à la guerre, monsieur le prince de Montbarrey. La réalisation de l’actuelle rue du Général de Gaulle obligera ainsi de procéder à la démolition de ce même ensemble de bâtis, ou maisons, dont la grande auberge dite « des Trois Rois »; avec celle-ci deux autres maisons assises au plus prêt de la rivière, et possédant droit d’encrage pour l’une d’entre elles, seront en effet aussi détruites (2). Un bâti neuf allait aussitôt apparaitre ici même en la partie basse de ce nouveau grand chemin dès l’année 1785…

Le siècle suivant, en 1835-36-37 exactement, les travaux du quai au travers de son propre prolongement reprendront allongeant celui-ci sur une longueur de 350 mètres dont 185 de quais verticaux le restant étant du simple perré ; le tout, depuis le fond de la rivière, possédera une hauteur totale de 4.50 suivant une décision ministérielle éditée le 21/03/1835. Et ainsi la seconde moitié du XIX siècle verra l’agrandissement, ou la « terminaison » de ce quai, et ainsi les deux maisons ici même édifiées en 1786 assisteront, elles aussi, à cette même «  »terminaison »; les travaux du quai auront en tout et pour tout duré un peu plus d’un siècle entier.

Ce même prolongement du quai représentera un montant global de 48.100,00 livres ; La nature du sol en le fond de la rivière est en effet une vase sans consistance et très mobile, possédant une épaisseur propre de 2 mètres le sol dur et solide, rocheux, étant lui à 4 mètres de profondeur. Pour la reconstruction de ce mur antique, et pour le prolongement du quai originel, la technique consistera en la pose de pierres sèches, possédant toute parement, lesquelles seront assemblées les unes aux autres au mortier de chaux ; pour faire face à la nature du sol vaseux et mouvant sera réalisée une armature interne à ces pierres. Celle-ci consistera à l’enfouissement dans le mur du quai, en son épaisseur et espacés tous les mètres, de longs pieux de 2.50 mètres tous maintenus les uns aux autres par un grillage ; le tout de l’ouvrage possède ainsi une épaisseur totale de 0.85 mètre.

(1) Un perré est un revêtement en pierre sèche ou en pierre liée que l’on aménage au pied ou sur le flanc d’un talus sujet à des glissements ou d’une tranchée susceptible d’être dégradée par les eaux.

(2) Ces maisons dont la dite auberge des 3 rois, avec leurs implantations et le dit droit d’encrage, seront décrits dans le grand Terrier de Dinan du XVII siècle.

(3) Ce nouveau logis sur cave totale qui sera édifié en 1732 remplaça il est vrai un logis originel beaucoup plus ancien encore présent que celui-ci sera en la dite 1678 ; celui-ci, dans le prolongement de l’actuel moulin, était alors assis avec sa proche voisine au plus près de la rivière. Leur existence à tous deux en effet est attestée dans le dit grand « terrier ». Ce nouveau logis fut un AGRANDISSEMENT sur le quai de l’actuelle « avant dernière maison » à pans de bois de la rue du Petit-Fort ces deux maisons n’en formant en réalité qu’une seule même si l’embats dès cette réalisation de tout temps fut à usage professionnel. Voici ce passage …Declaration et denombrement d’une maison que noble homme Pierre Mesnage sieur de la Villegrommil demeurant sur le quay à Dinan paroisse de Sainct-Malo tien et possede… Une maison situéé sur le quay du pont a Dinan exposéé au midy qui fait le coing dudit quay a aller au fort bourg de la Magdeleine du pont a Dinan paroisse de Sainct-Sauveur, consistant en une cave cauveau, cuisine et deux boutiques d’un costé et bout de la dite maison, deux chambres hautes et un grenier au dessus couvert d’ardoisses contenant du coste du quay de profondeur compris la devanture trente pieds sept poulces et de laise compris la devanture du coste du pont vingt pieds cinq poulces joignant de deux parts au pave et carouer du pont a Dinan, d’un coste a maison de Jan Lechapellier sieur de Cucillé et de derrière à la rivière du pont a Dinan avec le droit d’attache sur un pilier de pierre qui supporte la maison dudit Lechappelier et lautre coste du bras de la dite rivière qui fait moudre le grand moulin…

XV siècle. L’ancienne Vieille maison aujourd’hui la Capitainerie. C’est la plus vieille maison aujourd’hui présente sur ce quai. Vers 1900-10 ici même sera la dite « Vieille maison alors maison d’antiquités et de meubles neufs. A sa gauche immédiate, ici non vu, était le magasin d’Objet d’Art d’Eugène Lissilour artisan poète de Dinan ; celui-ci tiendra aussi au n°11 « le Café des vedettes » aujourd’hui nommé « le bar des Vedettes. La maison ancienne adossée à sa droite immédiate, sise à l’actuel n°19, est un « trompe œil » ; en effet celle-ci au début du siècle n’existait pas puisque était ici une petite maison entièrement faite de pierres. Voir photographies ci-dessous…

La dite maison « trompe oeil » du n°19 adossée à l’actuelle capitainerie.

La dite maison trompe œil n’existe pas encore. Ici est présente à son emplacement une petite maison faite entièrement en pierres.
A gauche vers 1960 la façade décrépite du dit n°9 avant sa réfection totale au travers de la réalisation de nouvelles grandes baies vitrées centrales, une par niveau haut.

Gravure de la rue du Jerzual à Dinan
Vers 1840 le port de Dinan. Dessin gravé Albert Robida, lithographie Belfond, Paris, dans la Vieille France, vers 1900. Gravure de la rue du Jerzual à Dinan. Archives de la bibliothèque municipale de Dinan. A gauche la « quatrième » maison à pans de bois est celle de ci-dessus avec ses baies centrales…

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