Vers 1110. Saint-Sauveur de Dinan et Alain.

L’histoire d’une église…

La très belle basilique de Saint-Sauveur de Dinan classée en 1862.

Ancien grenier à foin les premières heures de la Révolution passées, classée aux Monuments historiques en 1862, devenue « basilique » en 1954, lorsque vers 1110 commenceront les travaux de son édification, travaux rendus nécessaires par l’agrandissement probable de la ville seigneuriale de Dinan, était alors déjà né « Henri père d’Alain », à savoir le propre aïeul de William 1er de Lanvallei le dit Henri voyant lui le jour vers 1070. William de Lanvallei fils du dit Alain nait vers 1130 puisqu’en 1168 il sera sénéchal de Rennes pour le roi Henri II ; Henri son aïeul, au regard de cette information, doit lui venir à la lumière du jour peu de temps après la naissance de Geoffroy 1er de Dinan lui même, à la même époque en laquelle Riwallon de Dinan dit le Roux verra lui aussi le jour alors que Geoffroy Boterel, prince héritier du Penthièvre, toujours encore était de son monde tué qu’il sera à Dol de Bretagne en 1093.

Avec ses trois arcades majeures, symbolisant le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ce sanctuaire dédié à la Ste-Trinité fut édifié nous pensons aux toutes premières heures du XII siècle, après l’an 1100-10, cela peut-être dès le « lendemain même » de la première Croisade laquelle se déroula entre 1096 et 1099 (Guillaume de Tyr et d´Orderic Vital font partir Riwallon le Roux pour la première croisade en Palestine en 1112 hors celle-ci commença en 1095 et se termina en 1099).

L’année 1099 sera l’année en laquelle Jérusalem sera prise par les croisés pour la première fois ; ils faudra après cette « victoire’ un « peu de temps », sinon quelques années, pour permettre à tous ceux qui encore étaient en vie de retourner en leurs foyers respectifs ; Riwalon frère de Geoffroy participa à cette première prise de Jérusalem. Geoffroy 1er de Dinan nait vers 1060, ou peu avant, et Riwallon de Dinan dit le Roux, son frère puisné, l’initiateur « présumé » de la construction de cette église, doit naître quant à lui vers 1060-1070 mais forcément après son aisné. Une liste donne notamment comme seigneurs ayant participés aux différentes croisade Geoffroy de Dinan et Riwallon de Dinan ; étaient-ce les deux frères ? Je ne le pense pas. Partit guerroyer âgé approximativement de 30 ou 40 ans, Riwallon fit partie de ce qui rentrèrent au Pays.

Geoffroy ne semble pas devoir participer à cette première croisade. Pourquoi cela ! En 1108, son frère Riwallon encore absent puisque non présent à son côté, il donne au Grand monastère de Saint-Martin son église seigneuriale de Saint-Malo de Dinan alors en très grande incurie ainsi que tous ses biens féodaux attachés à l’église de Saint-Malo de l’ile. Marié avec Radegonde Orieldis vers 1080 lors de cette donation faite en 1108 leurs enfants à leurs côtés seront présents hormis Alain ; leurs propres enfants sont alors déjà adultes. Geoffroy fera édifier le prieuré du pont à Dinan le retour de son frère réalisé puisque Riwallon le Roux assistera comme témoin à sa fondation ; l’histoire de nous donne pas l’année en laquelle la fondation du prieuré du pont à Dinan fut faite nous savons tout simplement qu’entre 1070 et 1117, toutes deux « dates butoirs », elle le fut. (Ces enfants seront Guillaume qui lui prendra les chemins menant à Dieu, Olivier II le fils aisné et Josselin qui lui fera définitivement souche en Angleterre en fondant sa propre dynastie sous le nom de Josce de Dinham ; Alain il est vrai n’est lui pas cité en cet acte. Pourquoi ?). Néanmoins au regard de l’absence de Riwallon en la dite année 1108 il me parait logique de penser que cette fondation fut « postérieure » à cette même année.

Riwallon lui pour l’histoire fit commencer les travaux d’édification de l’église de Saint-Sauveur de Dinan à SON RETOUR au Pays, dès son retour à Dinan, donc probablement après 1108 également (certains pensent en reprenant le propos de monsieur Marc Déceneux que le véritable commanditaire de l’église ne serait pas Riwallon lui même mais plutôt son neveu Alain celui-ci par son propre père étant de fait « beaucoup » plus riche que son oncle ; Riwallon en effet n’était pas assez riche pour ce permettre une telle construction. Déjà presque terminée peu avant le décès de Geoffroy 1er, père d’Alain, celui-ci né vers 1085-90 n’aurait-il pas été aidé en cela par son propre père alors encore possesseur de toute la seigneurie de Dinan dans toute sa totalité ? Chronologiquement cela ne change pas grand chose puisque dans ce cas lors des débuts des travaux le dit Alain avait déjà 20-25 ans environ). L’histoire aucunement nous dit si Riwallon fut un jour devant Dieu uni, nous dit aucunement si Riwallon le Roux laissa derrière lui un ou une enfant héritier(re) ; seigneur en les terres formant toujours en Lanvallay l’ancien prieuré de la Magdelaine, au pont à Dinan, aurait-il pu à l’insu de tous laisser une enfant héritière unie par exemple à Alain fils du dit Henri lui même souche attestée aujourd’hui des tous premiers seigneurs de Lanvallei ? Les premiers seigneurs de Lanvallay, souche demain des seigneurs de Coëtquen, pourraient-ils ainsi descendre par UNE enfant des seigneurs de Dinan eux-mêmes ? Et avons-nous aussi à faire un rapprochement de généalogie entre l’origine même du dit « Henri père d’Alain » avec le fait qu’au lendemain de la création du prieuré du pont à Dinan celui-ci était assis en une enclave de l’évêché de Saint-Brieuc mais ne relevait aucunement ni de l’évêché de Dol et ni de l’évêché de Saint-Malo ? (une demande de financement par rémission des pêchers, cela pour permettre ENFIN la terminaison de l’église du prieuré alors non encore terminée par faute d’écus sonnants et trébuchants, sera en effet proposée à tous seigneurs vers 1140 par Jean évêque de Saint-Brieuc).

L’année du décès de Riwallon par l’histoire n’a pas été transmise ; y a t-il aussi une probabilité pour qu’il ait pu assister à l’achèvement de ces travaux religieux puisque cette église sera en effet citée pour la première fois, avec son cimetière, en une charte rédigée en 1123 année donnée pour être celle du décès de Geoffroy 1er ? Geoffroy 1er de Dinan né vers 1060 ou peu avant, et décédé très probablement en 1123, aura toutefois connu une vie pleine et longue des deux côtés de la Manche ; en effet lors de son décès il était tout de même âgé d’environ 65 ans (Alain son fils, frère puisné d’Olivier II, participera lui aussi et beaucoup au lendemain de Hasting. En ces terres lointaines nommé aussi « Alan of Becherel » Alain sera un seigneur pro anglais à l’image des possessions acquises hier par son père en Angleterre, à savoir les possessions des manoirs de Helfort et de Notuella ; Geoffroy en effet recevra personnellement au lendemain du couronnement Henry 1er d’Angleterre ces deux manoirs ce monarque ayant été couronné roi en 1100. Geoffroy rentrera de toute façon tôt en ses terres natales, et cela avant 1108, puisqu’en cette même année il offrira au Grand Monastère de Tours il est vrai son église de Saint-Malo de Dinan. Alain nait très probablement vers 1090; en effet Alain, dit également Alan de Richemont sera présent en France, en 1113, aux côtés de ce même roi Henry lorsque ce dernier conclura à Gisors un traité avec le roi de France, Louis VI dit le Gros, celui-ci reconnaissant en ce même traité toute la région du Maine comme ne relevant que de la seule autorité du roi Henry 1er. Au lendemain de la mort de ce roi survenue en 1135 à Lyons la Forêt Alan of Becherel, alors âgé d’environ 45-50 ans, sera de nouveau fort actif outre-manche lorsque éclatera aussitôt la guerre de succession entre Mathilde fille du roi Henry et son propre parent Etienne de Blois ; en cette guerre de succession la famille de Dinan outre-manche éclatera à tous vents Josce frère d’Alain lui prenant faits et causes pour Mathilde quant Alain lui prendra faits et causes pour Etienne lui même). 

Cette charte relatera au lendemain de la mort de Geoffroy 1er, frère aisné du dit Riwallon (ou Rolland), la division de la seigneurie de Dinan établie entre les deux enfants héritiers de celui-ci, Olivier II et Alain de Dinan, tous deux neveux de Riwallon que les moines de Saint-Malo tiennent avec le cimetière la partie du castelli ( la partie du castelli: la partie de la ville…) qui a été attribué à Olivier et que les moines de Saint-Jacut posséderont en paix l’église de Saint-Sauveur avec le cimetière et la paroisse de la partie du castelli accordée à Alain…). Olivier II recevra au titre de cette division toute la partie nord de la seigneurie et la paroisse de Saint-Malo, le château compris; Alain lui recevra toute la partie sud de la seigneurie avec Lehon sa propre seigneurie comprenant aussi Bécherel.

Lorsque l’église de Saint-Sauveur sera commencée, cela peut-être vers 1108-10, vivait donc encore Geoffroy 1er de Dinan puisque celui-ci, la main posée sur l’Autel de l’église de Saint-Malo de Dinan, offrira en effet en 1122, au Grand monastère de Saint-Martin de Tours, ses deux manoirs anglais nommés respectivement Nutwell et Hartford ; à ce titre Geoffroy né vers 1060 dû en effet rejoindre feus les siens entre 1122 et 1123 ayant peut-être pu connaitre la « presque fin » des travaux à défaut d’en avoir connu la fin lui aussi (lors de cette donation faite en la dite année 1122 Riwallon son frère ne sera pas cité ; il avait peut-être déjà rejoints ses feus parents). La division religieuse de la ville seigneuriale de Dinan en deux entités distinctes, en deux paroisses distinctes, à savoir Saint-Malo de Dinan et Saint-Sauveur de Dinan, fut t-elle voulue et organisée par Geoffroy lui même ?

Cette donation de l’église de Saint-Sauveur de Dinan faite en faveur des moines de Saint-Jacut sera voulue par Alain lui même ; Riwallon son oncle forcément déjà alors n’était plus. Cette donation sera confirmée quelques années plus tard, en 1131 exactement, lorsque sera rédigée une charte devant mettre un terme à un conflit opposant déjà des deux dites Abbayes. Ce conflit sera définitivement fermé par une sentence rendue personnellement par Donald alors évêque de Saint-Malo. Cette charte en effet sera rédigée au lendemain d’un litige ayant opposé le Grand Monastère de Saint-Martin aux moines de l’Abbaye de Saint-Jacut ce litige portant sur des droits de pêcheries accordés hier par Geoffroy de Dinan à l’église de Saint-Malo de Dinan. Ces mêmes droits en effet seront quelques années après avoir été offerts spoliés par les moines de l’Abbaye de Saint-Jacut eux-mêmes.

L’emplacement géographique de ces pêcheries sur cette sentence rendue n’est malheureusement pas précisé. Pour la fondation de l’Abbaye de Saint-Florent sous Dol lorsque Guillaume de Dol fils de « Riwallon de Dol-Combourg » se fera moine, cela afin de pouvoir entrer dans les Ordres de l’Abbaye de Saint-Florent de Saumur, renonçant ainsi à tous ses droits d’ainesses également, Olivier 1er de Dinan lui même, père du dit Geoffroy 1er, ira lui aussi de ses propres donations de « pêcheries » . Il offrira en effet à la même Abbaye de Saint-Florent de Saumur, le même jour du « sacre religieux » de son dit neveu Guillaume, la totalité de sa propre moitié des seiches relevant de Saint-Suliac ; Jean et Geldouin de Dol, frères du dit Guillaume de Dol, donc aussi neveux d’Olivier 1er de Dinan, offriront eux leur propre moitié (en amont de ces deux donations les seiches de Saint-Suliac en indivis relevait du dit « Olivier 1er » et de son frère, le dit « Riwallon Chèvre-chenue » et, en amont de ces deux derniers, de Goscelin de Dinan lui même.  Ces seiches représentaient un revenu important pour les seigneurs les possédant puisque la seiche était alors utilisée pour les encres des scripts ; ici le don est donc important pour les moines de Saint-Florent ces derniers ayant ainsi la gratuite de la production même de leurs encres). L’emplacement des pêcheries données hier par Geofffroy 1er au Grand monastère de Saint-Martin de Touirs, ou à ses moines de Saint-Malo de Dinan, étaient-elles, elles aussi, assises en Saint-Suliac ?

Cet accord successoral, ou la division en deux parts égales de la seigneurie de Dinan, fut établi entre Olivier II de Dinan fils aisné et l’évêque de Saint-Malo lui même. Lors de cette division en deux parts égales de la seigneurie de Dinan le plateau oriental, sur lequel s’étire aujourd’hui la commune de Lanvallay, semble avoir été indépendant de la seigneurie de Dinan puisque les terres implantées sur ce plateau, positionnées de l’autre côté de la Rivière de Rance, était une « enclave » de l’évêché de Saint-Brieuc (le prieuré du pont à Dinan comme entité religieuse lui relevait alors de Saint-Florent de Saumur ; nous retrouvons la paroisse de Lanvallay au XIII siècle non plus ETRE une enclave de l’évêché de Saint Brieuc mais relever de l’évêché de Dol).

Il est possible toutefois que l’église de Saint-Sauveur de Dinan dans sa totalité ne fut pas encore entièrement terminée en 1123 ses travaux ayant été dans ce cas entièrement achevés sous le règne seigneurial du neveu de Riwallon le Roux, Alain de Dinan-Becherel, le propre frère du dit Olivier II de Dinan. Pour rappeler la dite charte de 1131 Il est vrai que le dit Alain offrira personnellement cette église aux moines de Saint-Jacut, église accompagnée de son cimetière ainsi que les droits paroissiaux en relevant. Alain dès 1123 sera donc en effet aussi le « nouveau seigneur » de la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan celle-ci étant née quelques années plus tôt suite à la division faite de la seigneurie de Geoffroy de Dinan, division peut-être réalisée par ce dernier lui même.

Puis des siècles passèrent.

L’église de Saint-Sauveur de Dinan fut très fortement modifiée au 15ème dans sa structure même puisque sa reconstruction, en architecture gothique, fut décidée par la Fabrique de la Paroisse dès l’année 1480, presque 4 siècles après son édification. En cette même année 1480 en effet la côtale nord romane et originelle sera entièrement déposée et remplacée par la côtale gothique, côtale que nous pouvons toujours apprécier de l’intérieur aujourd’hui ; la modification du Narthex, dans sa partie supérieure, partie comprenant la magnifique et immense verrière date-elle, elle aussi, de cette même fin du 15ème siècle ?  

Faite en granit de Querinan (proche de Languédias) les murs les plans anciens sont eux aussi d’une grande beauté ; et regardant au dessus en la partie romane du Portail peut-on imaginer de nos jours la présence ici même hier des deux éléments célestes absents en son dessous, à savoir l’Aigle pour Saint-Jean et l’Homme pour Saint-Mathieu ? La Reconstruction de l’église ayant probablement été faite suivant les disponibilités financières du moment sa transformation s’étira sur plusieurs siècles puisque même son clocher et sa tour ne furent tous deux réalisés qu’entre 1605 et 1617, soit au tout début du 17ème siècle. Le 16ème verra quant à lui la réalisation du Chœur puisque  l’assise de ses 4 gros piliers, piliers supportant toujours aujourd’hui la tour du clocher,  fut faite en 1557 et 1558 l’un des piliers comportant sculpté dans sa pierre ces deux dates ; ces dates depuis des temps séculaires commémorent à elles seules le début de la réalisation du chœur de la nouvelle église.           Toujours en travaux d’édification en 1597 le Chœur ne fut couvert qu’au milieu du 17ème puisque sa charpente ne sera entièrement terminée qu’en l’année 1646, l’année 1654 voyant quant à elle la célébration de la première messe (étaient alors trésoriers de la Fabrique de Saint-Sauveur Julien Chertier, Guillaume Ruellan et François Blondeau, trois patronymes présents et très souvent cités dans les registres des baptèmes du prieuré de la Magelaine du pont à Dinan. Julien Chertier, sieur du Mezeray en Lanvallay, né en 1588, tint très longtemps un journal en lequel il écrivit très régulièrement des informations concernant la ville de Dinan tel le tremblement de terre lequel arriva le 06/07/1640, épisode également enregistré dans les actes de baptêmes de la paroisse).

Les finances dans les années qui suivirent durent manquées terriblement puisque la reconstruction de cette église ne fut jamais terminée, problème financier nous ayant permis de garder dans son édification originelle romane toute la côtale sud de cette même église. Depuis cette église est devenue de ce fait, et cela à elle seule, un unique et très beau livre ouvert entre deux mondes d’architectures différentes ; mais il est vrai aussi que ce livre est également ouvert entre deux mondes ayant chacun sa propre définition de la Spiritualité la côtale sud présentant seule ici, dans son architecture très épurée,  une très grande sobriété propre à l’architecture romane cela bien sur si nous faisons tous abstraction du rajout tardif de la petite chapelle rayonnante qui en cet endroit presque la dissèque.

12ème siècle    

Carte de l’implantation géographique des seigneuries de Dinan Nord et de Dinan Sud en la ville seigneuriale originelle de Dinan.  En bleue l’église Saint-Malo de Dinan actuelle ; en vert l’église de Saint-Sauveur de Dinan. En jaune est l’emplacement éventuel du premier castel les points rouges étant les différentes tours et remparts de Dinan ici représentés. Le trait jaune est la ligne séparative englobant l’ancienne faille naturelle du Jerzual et l’actuelle Grande Rue.
L’actuelle Eglise de Saint-Malo de Dinan .
Lithographie même référence. Le mur méridional roman de la Nef à gauche.  A droite la partie inférieure du Portail aux fines colonnettes. La première chapelle, à gauche sur la photo de droite, aujourd’hui n’existe plus.
Lithographies même référence.  Le mur Septentrional en 1847 à la maison accolée

Sous la grande verrière les deux animaux romans symbolisant les deux évangelistes Luc et Marc, le taureau et le lion ici tous deux ailés. Il manque toutefois l’aigle de Saint-Jean et l’Homme pour Saint-Mathieu. Que sont-ils devenus ? Ces deux animaux encadrent tous deux la représentation d’un vieux visage avec bonnet, aux joues tombantes et à la bouche moustachue. Quel personnage cette scupture était-elle sensée représenter ? Est-ce Riwallon de Dinan,  Alain ou bien le grand architecte de l’édifice ou bien un simple notable bourgeois? Cette représentation est-elle originelle au porche roman ? A noter aussi deux têtes animalières situées au dessus des deux arcades latérales.

Riwallon de Dinan ou bien Alain son neveu, ou bien encore le Grand architecte ?
Depuis l’intérieur la seule partie «  »romane restante de l’église avec la partie basse du portail.

Ici, à la place de ce qui aurait dû être deux petites portes latérales se trouvent positionnés debout et romans, sous des dais et ayant chacun sa propre petite arcature, peut-être les quatre évangélistes surmontant des animaux. Connaissant le Taureau et le Lion quels peuvent bien êtres les deux autres animaux terrestres ? Ces animaux ne seraient-ils pas à ce titre tous les quatre que des Lions ? Les personnages aux visages mutilés sont-ils aussi à ce titre les quatre même évangélistes ? Les deux dais situés à droite sont beaucoup plus ouvragés l’un représentant l’Agneau Pascal sous la Croix du Christ accompagné de la Tour de Babel; Son personnage en dessous ne serait-il pas celui de l’apôtre Saint-Jean Baptiste ? Deux colonnes là aussi sont torsadées pouvant rappeler étrangement, dans leur propre enroulement, une certaine architecture mauresque. L’ensemble des colonnes, de part et d’autre de ces quatre personnages, sont toutes surmontées d’un chapiteau représentant chacun soit une scène de la Génèse soit une scène en rapport avec les châtiments corporels de l’Homme. Les châtiments de la femme sont représentés par les chapiteaux situés à l’arcade sud; ceux de l’hommes sont représentés quant à eux en les chapiteaux de l’arcade Nord. Au dessus et sur le pourtour de l’Agneau Pascal nous pouvons ainsi apercevoir, sous le regard d’un visage peut-être déifique, l’arbre de la Génèse, le pécher de l’avarie, le Serpent enlacé tenant la Pomme, deux lions adossés etc. Les grandes sculptures propres aux personnages et aux animaux au 16ème siècle ont été mutilés probablement pendant les troubles religieux lesquels ont connu en la ville de Dinan aussi des heures emplies de violence et de vandalisme.

En la partie basse du Portail est la façade romane de l’édifice.

Les murs intérieurs aux Midi et au Nord. En 1847 les arcades pleines ont reçu des peintures dites en « Grisaille ». Réalisées pour quatre d’entre elles par monsieur Jamet elles représentaient toutes respectivement la Samaritaine; la Femme Adultère; la Sainte-Famille; les Marchants du Temple et Daniel dans la fosse jeté aux Lions.

Le dromadaire de Palestine. Cette sculpture avec les colonnes torsadées du portail est l’une des très rares traces en cette église de la présence de Riwallon de Dinan à la première croisade ; elle est en quelque le témoin ici même de cet épisode.

L’intérieur de l’église Saint-Sauveur de Dinan. De part et d’autre de l’unique porte principale, au derrière du narthex roman, se dresse aujourd’hui sans utilité apparente deux colonnes romanes dont celle de droite, accolée à la grande porte, contient taillée dans sa pierre la représentation de deux dromadaires, probable vaste souvenir de la présence chevaleresque de Riwallon [Rolland] lors de sa présence personnelle à la première croisade. Supportant un départ de pierre, à la droite des dromadaires, un visage sculpté semble vouloir sans fin pousser un long cri silencieux dans un O parfaitement dessiné. A noter toutefois, sous le regard des deux dromadaires en vis à vis, la présence sculptée d’une fleur de Lys, emblème entre autre de la royauté française; que peut-elle bien vouloir signifier ici en la pierre de ce chapiteau roman ?

Le mur roman et la Chaire.
La partie gothique.

L’art Roman et l’art Gothique. Le mur roman, ici aux arcatures multiples, est surmonté de fenêtres en plein cintre dont les cintres sont en appui sur de fines colonnettes ouvragées. La porte de la Chair aujourd’hui est aveugle; hier, donnant sur l’extérieur, elle assista à la condamnation de son débouché. Ce mur roman fut au 15ème siècle lui aussi partiellement profané par la réalisation d’une chapelle l’ayant éventrée. A gauche sur le terrain, adossée au Narthex, face au Chœur, se trouve être la côtale gothique réalisée au 15ème siècle en remplacement du mur nord roman originel.

La Choeur en 1847 avant la réalisation de son Autel. A droite l’extérieur du Chevet regardé en son Nord. Lithographies mêmes références.

MIL 557 et 58 ensemble Phi.Deduit P.Dubouays Re.Labert T.Artur G.Ravenel : fabriqueurs thesauriers ont faict asseeir cels quatre pilliers.

Edifié au transept de l’édifice le Choeur de l’église fut commencé le 21/08/1507 et cela 50 ans avant que les quatre pilliers devant supporter le clocher soient posés, cela en 1557. Le Choeur fut donc réalisé avant le dit transept… Mil 557 et 58 Phi.Deduit, P.Dubouays, Re.Labert, T.Artur, Guy Ravenel Fabriqueurs thésauriers ont fait asseoir cestz quatre pilliers – Le XX et un jour du mois d’aougst sans faire sejour ce beau cueur  firent comacer les trésoriers qlx ece  pilier sont nomez coe vous pourez lire Guill. Picot , Guy de Saint Cire , Xgn Tourondel , Geoffroy Roquet  et fut en lan mil Vcc sept par le meste de cestuy art con apelloit Roll.Bougnart. [lire Guillaume Picot et Christophe Tourondel]

Le vitrail des évangélistes

Saint-Sauveur et ses vitraux. Les ateliers de Louis Barillet, Lechevallier et TH.Hanssen, tous trois associés réalisèrent vers 1949 certaines des vitres de l’église. A gauche, dans la chapelle des Confréries, leur travail est un émouvant travail de mémoire pour l’ensemble des différentes confréries lesquelles, ici même et hier à Dinan aussi, possédaient toutes leur propre chapelle. Cette vitre montre en effet certaines de ces confréries ayant possédées en ce Lieu Saint leur propre siège. Ainsi sont représentées en leur travail commun les confréries des Cordonniers ayant pour patron St-Crespin, la confrérie des Apothicaires et Saint-Roch, la confrérie des jardiniers représentés par Saint-Fiacre. La parti supérieure de la verrière est originelle et possède en sa partie la plus haute les vitraux les plus anciens de l’église, vitraux que certaines sages personnes font remonter au 15ème siècle. Le deuxième vitrail des évangélistes représentant Saint-Maturin, Saint Armel, Saint-Yves et Saint-Brieuc, chacun de ces Saints étant accompagné d’un épisode relatant la vie du même Saint-Mathurin. Ce vitrail entier est aujourd’hui le plus ancien de l’église de Saint-Sauveur malgré le fait qu’il ne porte aucune date et inscription patronymique; ce vitrail serait peut-être le dernier des vitraux restaurés vers 1850 par le maitre-verrier René Echappé lorsque celui-ci entrepris, dans la seconde moitié du 19ème, une restauration importante de certains des vitraux du 15ème siècle.

Saint-Sauveur et ses vitraux. Les ateliers de Louis Barillet, Lechevallier et TH.Hanssen, tous trois associés réalisèrent vers 1949 certaines des vitres de l’église. A gauche, dans la chapelle des Confréries, leur travail est un émouvant travail de mémoire pour l’ensemble des différentes confréries lesquelles, ici même et hier à Dinan aussi, possédaient toutes leur propre chapelle. Cette vitre montre en effet certaines de ces confréries ayant possédées en ce Lieu Saint leur propre siège. Ainsi sont représentées en leur travail commun les confréries des Cordonniers ayant pour patron St-Crespin, la confrérie des Apothicaires et Saint-Roch, la confrérie des jardiniers représentés par Saint-Fiacre. La parti supérerieure de la verrière est originelle et possède en sa partie la plus haute les vitraux les plus anciens de l’église, vitraux que certaines sages personnes font remonter au 15ème siècle. A droite le vitrail des évangélistes représentant Saint-Maturin, Saint Armel, Saint-Yves et Saint-Brieuc, chacun de ces Saints étant accompagné d’un épisode relatant la vie du même Saint-Mathurin. Ce vitrail entier est aujourd’hui le plus ancien de l’église de Saint-Sauveur malgrès le fait qu’il ne porte aucune date et inscription patronymique; ce vitrail serait peut-être le dernier des vitraux restaurés vers 1850 par le maitre-verrier René Echappé lorsque celui-ci entrepris, dans la seconde moitiè du 19ème, une restauration importante de certains des vitraux du 15ème siècle.

Alain de Dinan et les droits de pêcheries donnés au Grand Monastère

Au transept Nord l’ancienne chapelle de Saint-Crespin en laquelle, jusqu’à la Révolution,  les ouvriers du cuir possédaient le siège de leur confrérie. Ici repose les Cœurs de Bertrand du Guesclin et celui de son épouse, Tiphaine Raguenel. Le cœur de Messire Bertrand, retrouvé en 1804 au sein même de l’église des Jacobins de Dinan, fut transféré en ce lieu le 24/08/1804 sur la demande de monsieur Néel de la Vigne alors maire de Dinan. Si le mausolée du 19ème siècle à Dinan ne possède aucune qualité spécifique, cela pour l’historien M.E. Monier, les lames noires comportant dans leurs textes respectifs les épitaphes de sa vie, la lame funéraire du Puy et celle de Saint-Sauveur de Dinan, sont originelles et belles . Voici pour celle du Puy : [Cy gist tres noble he a vaillat messire Bertrad Claikin conte de Logue ville jadis connestable de france. L tres passale XIII jour de uillet  l’an mil CCCLXXX .] Et maintenant pour la lame de Dinan : [Cy gist le Cueur de missire Bertrand du Gucaqin en son viuat conestable de Frace qui trespassa le XIII jour de uillet lan mil III IIIIxx dont son corps repose avecques ceulx des Roys a Sainct Denis en France]. Le vitrail de cette verrière relatant la Crucifixion et la Vierge Marie comporte quant à lui la date de 1810; cette verrière est l’œuvre aussi du maitre-verrier Barillet même si en sa partie basse, à gauche, en le prédelle, il fit inscrire en effet la date de 1810 cela probablement en témoignage de la translation du dit cœur de Bertrand. Voici une fondation rédigée avant Juillet 1380 que Bertrand du Guesclin fit en faveur de l’église de Saint-Sauveur de Dinan : [Messire Bertram de Glesquin conestable de France fonda en l’église de ST-Saulueur de Dinam pour le salut de son axme et ses predecesseurs troys messes a être dictes par troys jours de la sepmaine c’est assauoyr le lundi, le mardi, le vendredi à l’aultier Saint-Saulueur par ung chappelein, y donet et fere les prières au bout de l’aultier pour ledit fondeur comme il appartient, et en cas de deffault de chaiscune messe desdits troys jours ledit chappelain est tenu poyerà la main des tessoriers le numbre de doze deniers pour réparation comme dict est, et recouprer la messe lendemain. Et celle chappelainie est en la donaison du seigneur de Bron qui fut doné en l’an de grace mil troys cents cinquante ouict].

Chapelles absidiales de Saint-Sauveur, chapelles aux fines nervures entrelacées ornant et supportant leurs voutes de granit. Ces chapelles au 17ème siècle aussi, très souvent, devinrent des enfeus familiaux privatifs en lesquels les grandes familles bourgeoises de Dinan se firent inhumer et cela tout au long de plusieurs générations. Il en ira ainsi des Apuril, des Ferron du Chesne, des Lambert-Ernault ou même des nobles gens Gigot-Mouton lesquels, unis à Lanvallay le 30/06/1614, furent tous deux propriétaires de l’actuel ancien noble logis sis au 18 de la rue de L’abbaye en Lanvallay. Fondé en 1652 au décès d’Olivier mort le 13/09/1652 leur enfeu à tous deux, ouvert ici même en 1845, ne comportait pas moins de 14 cercueils tous en une totale décrépitude [Olivier était par sa mère le petit fils Artur Jan lequel, en 1553, est cité propriétaire au Port de Dinan devant pour cela impôt seigneuriaux au prieur du Prieuré de la Magdelaine du Pont. Ce dernier, né vers 1530 était-il déjà propriétaire de l’actuelle maison sise au 18 de la rue de l’Abbaye ?]. Ce caveau sitôt ouvert  fut aussitôt refermé. Si le sol de l’église de Saint-Sauveur fut depuis entièrement refait, les pierres tombales originelles déplacées et alors souvent réajustées, il n’en a pas été de même pour les chapelles latérales les actes d’inhumations faisant foi pour ces dernières. Elles sont ici toutes en leur emplacement premier et privatif [Les inhumations successives au sein même des églises apportaient des nuisances certaines dues notamment aux odeurs permanentes des corps en décomposition ainsi que des problèmes lies aussi au déplacement permanent des dalles de Sol. Un arrêt de la Chambre du Parlement, émis en 1754,  interdira du jour au lendemain la continuité de cette pratique séculaire hormis pour cette même loi des enfeus et des chapelles prohibitives]. Certains auteurs ont pensé que ces mêmes chapelles, et cela dès leur réalisation, au 15ème siècle, avaient toutes été, aussitôt terminées, l’objet d’achat de droit d’inhumation pour des enfeus privatifs. Les actes du décès des nobles bourgeois Ollivier Gigot et Carize Mouton son épouse, possesseurs tous deux de leur propre chapelle, sont tous deux très clairs sur ce sujet et sans équivoque possible :

GY EST LA SEPVLTVRE DE NOBLES GENS OLLIVIER GIGOT ET ZACHARIE MOVTON SA COMPAGNE SR ET DAME LA LANDE. FAI. PA.LEVRS HOIRS

 – Du vendredi 13 septembre 1652 deceda noble bourgeois ollivier Gigot sr de la Lande du jour de la Magdelaine et fut ensepulturé le jour suivant en ceste église en sa chappelle au Choeur et esté le premier corps ensepulturé de la dite chappelle;

– Mourut et fut inhumée dans nostre eglise Dame Carize Mouton Dame de la Lande Gigot et mis dans la tombe de leur chappelle le samedi 18. [la date précise est le 18/02/1668]

Toujours au derrière du Chœur ci-dessus est la sépulture de Nicolas Lambert né le 05/01/1600 et de Simone Ernault son épouse. Leur neveu et écuyer, Nicolas Lambert, fils de Julien, sera apparenté à Macé Marot procureur fiscal du prieuré du Pont. A ce titre Nicolas, écuyer, né vers 1620, entrera par son mariage contracté avec Jeanne Guérin en possession des Champsguerards terre sise en la paroisse de Lanvallay et venant mourir sur la seigneurie de Saint-Piat, terre toujours existante aujourd’hui et ayant appartenue, vers 1600 au dit sieur Macé Marot. Jean Lambert, frère du dit Nicolas, sera lui aussi propriétaire d’une grande propriété assise en la rue du Four, au port de Dinan, terre relevant financièrement  de la seigneurie religieuse du Prieuré du Pont. Riche propriétaire auprès du prieuré du pont il sera de son vivant sieur du Pré, syndic de Dinan et doyen des procureurs au Siege de Dinan. Son épouse Laurence Lechapellier naitra au port de Dinan dans l’actuelle maison sise au 39 de la rue de la Madeleine en Lanvallay. Nous voyons très bien ici l’importance sociale de tout un nombre de familles ayant vécues en la paroisse de Lanvallay et au plus près du prieuré du Pont cela tout au long des 16 et 17ème siècles. Cette chapelle appartenait de droit à ce couple l’année 1665 correspondant au décès d’une tiers personne puisque Nicolas Lambert décédera plus tard, le 11/08/1677, à l’âge avancé de 77 ans [ces deux chapelles toutes deux « enfeu familial » ne posséderont longtemps aucun autel. En effet en l’année 1857 ces deux mêmes chapelles ne sont aucunement encore consacrées et elles sont toutes deux citées pour ne posséder encore aucun autel religieux].

Les Chapelle absidales des enfeux de la famille Lambert -Ernaut et Gigot-Mouton.  Crédences en pierre du pays.

Le Trésor de l’église de Saint-Sauveur.
Cette Sainte-image fut envoyée d’Assise en Italie par Saint Bonaventure [Docteur de l’église, évesque, il mourut à Lyon en 1274] à Henry d’Avaugour, seigneur de Dinan et fondateur du couvent des Cordeliers à Dinan lequel couvent fut fondé vers 1260. Faite au 13ème siècle et nommée Notre Dame des Vertus cette Sainte Image sculptée est aujourd’hui en cette église.
D’azur, semé de billettes d’argent, à une bande d’hermine brochante qui est Ferron du Chesne. Devise : Sans tache.
Armoiries en mi-partie Ferron du Chesne et (?) La partie Ferron du Chesne est symbolisée par les Billettes sans nombre brisées de quatre hermines. Les et 3 roses représentent l’autre noble famille dont je n’ai pas personnellement l’identité aujourd’hui.  

Au midi, accolée au transept, à droite du Chœur, la chapelle Saint-François des enfeus de la famille seigneuriale de Ferron contient plusieurs armoiries quadrilobées de cette très vieille famille seigneuriale remontant quant à elle qu’au 13ème siècle, à la 6ème croisade, et cela au travers de Payen Ferron lorsque celui-ci sera présent en 1249 au côté de Guillaume de Lanvallay lors de la réalisation du traite dit de Nymocium lequel eu lieu à Chypre lors de cette croisade qui fut voulue par Louis IX ou Saint-Louis roi de France [la famille seigneuriale de Ferron n’apparait que dans le courant de ce 13ème siècle alors que l’origine de la famille seigneuriale de Lanualei apparait quant à elle avec certitude dès la fin du 11ème siècle. Lire le déroulement du procès d’Abington Lanvallei-Le Bret]. Le prieuré du Pont de Dinan, au 16ème siècle, sera déposé entre les mains religieuses ou autres de certains de ses enfants, à savoir entre les mains de Pierre Ferron prieur de ce prieuré en 1556, oncle de Hamon et, quelques années plus tard, entre les mains aussi de Hamon neveu du dit Pierre, lui aussi prieur de ce même prieuré mais vers 1580. Bertrand Ferron frère du dit prieur Hamon, seigneur du Chesne et de la Mittrie, fermier général en 1568 du prieuré du Pont baillera ou donnera en sous-fermage certains des revenus du prieuré du Pont à Jean Ledean et Laurence Agan, son épouse, tous deux parents de Gilles lequel viendra au monde le 22/06/1571; Gilles Ledean pour parrain aura Gilles Agan alors prieur de l’église paroissiale de Tressaint, hier fief de seigneurs de Lanvallay-Tressaint.

%d blogueurs aiment cette page :