La première « apparition écrite » du pont à Dinan…

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Vers orient, à droite du petit fleuve côtier de la Rance, est ici assis au vieux pont à Dinan l’ancien bourg aux moines voulu par Geoffroy 1er de Dinan.

Le Pont de Dinan et la fondation de son prieuré.
Qui l’un de l’autre posséda de tous temps l’Antériorité sur l’Autre ?

Le vieux pont de Dinan.
Celui-ci ne possède de roman qu’une seule et unique voute la seconde voute étant elle d’architecture gothique « brisée » qu’elle est en ogive. Le pont aujourd’hui est très déformé dans son prolongement rectiligne celui possédant un ensemble de 3 brisures, de trois fractures, modifié qu’il fut de nombreuse fois.

Dans son tracé originel il débouchait sur le carouël de la Madeleine beaucoup plus à droite, cela vers Lehon , et ainsi il devait venir s’accrocher en le milieu de l’actuelle maison sise au…mais cela est une autre histoire.

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L’arche romane semi enterrée
Ou la première orientation du pont lorsque celui-ci en sa totalité était d’architecture romane

Photographie montrant les brisures et les 3 différentes orientations du pont dans l’alignement de son mur.

Certains propos maintiennent toujours aujourd’hui que le pont de Dinan doit son apparition à la seule volonté qu’eu un jour Geoffroy de Dinan de faire construire ici même un prieuré…
Qu’en est t’il alors exactement ?

Le port de Dinan depuis sa fondation de tout temps fut un port de fond d’estuaire, port desservant alors Dinan mais aussi toute sa région, tout son pays et arrière pays tous deux aujourd’hui toujours réunis.
En était t-il déjà ainsi avant l’apparition même de la ville seigneuriale de Dinan, avant que Goscelin de Dinan né vers 1000 en devienne par droits d’hérédité le tout premier seigneur de cette ville cité que sera celui-ci par l’Histoire vers 1032 lors d’une donation faite en faveur de Saint-Nicolas d’Angers ?
Le port de Dinan en tant que « port de fond d’estuaire » est donc probablement, et cela au titre même de son statut de port de fond d’estuaire, antérieur à son tout premier pont ici même édifié, antérieur même à son tout premier seigneur né « de Dinan » vers l’année 1000 (Goscelinus de Dinan, ou Josselin, eut pour père Aimmon le « Gouverneur » en titre des enfants de Geoffroy 1er duc de Bretagne, fils de Conan 1er, et pour mère Roianteline dite fille de Riuutal très probable « bouteiller » de Dol; Roianteline lors de la fondation que fit son fils en faveur de Saint-Nicolas d’Angers sera dite « Viscomitasse dolensis » ou « vicomtesse de Dol.
Roianteline semble avoir eut pour premier époux Eudes vicomte de Porhoët ; celui-ci décédé sans enfant choisira pour seul et unique héritier le duc Geoffroy en personne. Roianteline de ses biens propres hérités de feu son père possédait des biens personnels et en Combourg et en la paroisse de Chavagne près de Rennes
Au lendemain du décès d’Eudes de Porhoët Roianteline, sa jeune veuve supposée, prendra pour époux le dit Aimmon, ou Hamon; celui-ci fut probablement pour le duc Geoffroy le nouveau « vicomte d’Aleth ».
Geoffroy 1er de Dinan, petit-fils du susnommé Goscelinus, sera aussi seigneur de terres assises en le Plou-Alet par son père Olivier 1er de Dinan.
Seigneur en le Plou-Alet, aujourd’hui le Clos-Poulet, le dit Olivier 1er de Dinan sera aussi seigneur en indivis avec son cousin germain Jean de Dol fils de Riwallon de Combourg, seigneur de Combourg, de la paroisse de Saint-Suliac ; à ce titre Olivier 1er de Dinan avec son cousin Jean était possesseur des sècheries de Saint-Suliac dont il offrira ses propres droits relatifs aux encres des sèches à l’Abbé du Mt-St-Michel pour les propres scripts de celui-ci. Geoffroy 1er de Dinan sera le fondateur du prieuré du pont à Dinan.
Lors de la fondation du prieuré du Pont à Dinan Geoffroy de Dinan déposera ce tout nouveau bien religieux entre les mains de son parent l’Abbé Willelme de Dol, ou Guillaume de Dol, alors le nouvel Maistre Abbé de Saint-Florent le Vieil lequel était le propre frère aisné de Jean 1er seigneur de Dol et archevêque en titre de cette ville.
Celui-ci était par son propre père Riwallon de Combourg, avec le dit Abbé Willelme son frère, l’un des neveux germains de Goscelinus de Dinan lui même puisque celui-ci était le frère germain du dit Riwallon de Combourg.
Geoffroy 1er de Dinan susnommé, né vers 1070, verra le jour en même temps que Henry père d’Alain.
Le dit Henry, père d’Alain, sera dans une charte relative à une procédure judiciaire concernant la spoliation de l’église de la Petite Abington, paroisse d’Angleterre, présenté comme étant l’aïeul de William 1er de Lanvallei celui-ci dans la même charte étant présenté comme étant l’oncle de Jean de Lanvallay ; Jean dans le même procédure judiciaire sera présenté quant à lui comme étant le frère puisné d’Alain de Lanvallay lui même père d’Hamon.
Jean de Lanvallay fut possesseur de mines d’étain qu’il offrira à l’abbaye de Vieuville sous Dol pour des fautes commises à l’encontre de la même abbaye. Jean sera aussi seigneur en le Pays de Dol de la terre de Harel qu’il détenait de son neveu Hamon fils de son frère aisné, le dit Alain; Jean pour les mêmes fautes offrira aussi aux moines de Vieuville la terre d’Harel avec le consentement de son neveu Hamon bien sur et, au nom de ces mêmes fautes, en effet s’y fera moine.
En cette Abbaye Jean de Lanvallay, époux de Catherine de Meleton, s’y fera inhumé proche de « Guillaume fils de Raoul » son parent présumé; il sera dits des filles de Jean lorsque celui-ci se fera moine à Vieuville qu’elles étaient alors résidantes à Rennes. Radulfus de Flacheio, ou Raoul du Flachet, seigneur en le pays de Dol, était le gendre de Jean.
Père d’Olivier de Coëtquen « seigneur en Lanvallay » le dit susnommé « Guillaume fils de Raoul » rendra l’âme en le prieuré du Pont à Dinan avant d’être transporté en la dite abbaye de Vieuville pour y être inhumé il est vrai au côté de Jean de lanvallay. Mais tout cela est une autre histoire…).

La cité d’Alet, l’actuelle Saint-Servant, fut probablement fondée par le déplacement géographique de la cité des Coriosolites celle-ci s’établissant ainsi au plus près de la mer ; sous le nom de Civitas Coriosolitum la ville de Corseul est désignée sur une borne milliaire qui fut il est vrai retrouvée, borne milliare par ses propres écrits érigée vers 269-270.
Avant ce même déplacement tout peut nous laisser penser aujourd’hui que la cité des Coriosolites et sa propre région, au III siècle, étaient tous deux aussi desservies, cela via le petit fleuve côtier de la Rance, par la mer elle même cette cité rattrapant celle-ci au vicus de Taden; depuis le vicus de Taden certes mais aussi probablement depuis ce même fond d’estuaire lorsque les hautes marées le permettaient bien sur.
Tout au moins nous pouvons le supposer.
L’Histoire PAREIL à l’image du vicus de Taden ne nous a malheureusement rien laissé de similaire en le fond de notre tout petit estuaire (il fut toutefois trouver au port en la fin du XIX siècle, gardée intacte dans la vase, une épée Gauloise. En l’honneur de cette trouvaille seront réalisées pour les Dragons de Dinan des épées d’apparat identique à celle-ci une par soldat) ; ce fond d’estuaire a t’il pu lui aussi servir à alimenter la dite cité des Coriosolites en aval même de notre dit vicus de Taden ?
On peut tout supposer, il est vrai, même la présence d’un tout premier petit pont en notre fond d’estuaire et cela bien avant que soit édifié pour la toute première fois notre vieux pont roman à Dinan.

La seule présence de tous les enclos de l’âge du fer, tous répertoriés sur notre plateau côtissois en l’année 1982, ne peut t’elle pas nous autoriser à penser cela !

En ce lieu de déchargement que formait alors ce fond d’estuaire, si petit qu’il ait été, entouré qu’était celui-ci de terres riches et donc arables (tout le plateau côtissois assis au dessus de la rivière, au tout début du XIII, n’était il y vrai que « vignes plantées et entourées de murs », vignes appartenant à différentes tenants tous relevant d’Olivier de Coëtquen seigneur en Lanvallay), un tout premier pont, quel qu’il ait été, construit ici même en ce fond d’estuaire, n’a t’il pas pu en effet exister cela bien avant que naisse l’an mille, cela bien avant que n’apparaisse notre premier seigneur de Dinan, cela bien avant que n’apparaisse notre premier pont roman ?

Le pont actuel de Dinan au travers de son unique arche romane originelle restante semble au plus tôt devoir remonter au XII-XIII siècle ; celui-ci, ET QUE CELUI-CI, à ce titre est donc postérieur à l’édification du prieuré du pont à Dinan mais là n’est pas la question. La vrai question ici posée est celle concernant la présence ou non D’UN pont, quel qu’il soit, avant la fondation même de notre dit petit prieuré


La fondation du prieuré du pont à Dinan, fondation voulue par Geoffroy 1er de Dinan et dont l’acte de fondation par lui même ne porte aucunement la date il est vrai, est cependant approximativement connue ; en effet sera cité comme étant l’un des témoins principaux de cette fondation Wilhelme de Dol celui-ci par sa propre charge ecclésiastique étant alors le maître Abbé de Saint-Florent le Vieil (ou Saint-Florent de Saumur), celui-ci recevant entre ses propres mains le dit dit prieuré (Wilhelme ou Guillaume de Dol, frère aisné de Jean 1er de Dol, était par son père Riwallon dit Chèvre Chenu le cousin germain du dit Geoffroy de Dinan et le petit-fils de Goscelin ou Josselin de Dinan. Décédé en 1118 Guillaume de Dol entre en sa charge de maistre Abbé de Saint-Florent au lendemain de 1070, au lendemain de la mort du maître Abbé Sigo son prédécesseur à cette même charge ecclésiastique ; les deux dates butoirs de sa propre charge ecclésiastique assoient donc ensemble la fondation du dit prieuré du pont à Dinan, fondation donc faite par la seule force des choses entre 1070 et 1118 Geoffroy 1er de Dinan lui disparaissant de toutes les chartes écrites au lendemain de 1123).

Reprenons notre toute première question. Originellement très probable ancien passage à gué, cela à l’image du passage à gué à Léhon, où se dresse aujourd’hui le Vieux pont de Lehon, le PONT de la Rance à Dinan existait t-il déjà lorsque sera fondé le prieuré du pont à Dinan OU BIEN ce même pont fut t-il réalisé qu’à la seule fin de pouvoir relier la paroisse de Saint-Malo de Dinan, paroisse alors déjà existante, au tout jeune prieuré du pont à Dinan voulu par Geoffroy lui même comme certaines pensées en effet encore le supposent aujourd’hui ?

L’acte de fondation du prieuré du pont à Dinan répond PAR LUI MEME à cette même question.
Et la réponse à celle-ci est que pont de la Rance à Dinan bel et bien par les seuls ECRITS DEJA EXISTAIT…
Voici en effet ce que nous apprend l’acte de fondation du prieuré de la Magdeleine au pont à Dinan lui même la Place forte de Dinan existant alors déjà :

Extrait partielle de cette charte de fondation : Noscant presentes et posteri, quoniam Goffredus de Dinam, pro relaxatione peccatorum suorum, et uxoris suȩ, et filiorum suorum, et omnium parentum suorum, dedit sancto FLORENTIO, et monachis inibi Deo servientibus in eodem castro quod vocatur Dinam, vel in castellaria ejusdem castri, ad pontem de Rentia loca ad molendina facienda, vel in alio loco, ad tot quot facere voluerint. Et ad caput pontis, unum pratum quod suum erat proprium, ubi bella fieri solebant. Et duodecim denarios, de unaquaque navi, ex quacumque parte venerit mercibus honerata, sive applicuerit in burgo monachorum, sive ex alia parte castri. Et terram quandam modo arabilem, quȩ olim pro pratis habebatur, sub eodem castro. Et meiteriam unam, cum rustico, et messe, et bobus. Et si homines illius aliquid dimiserint predicto sancto in aliquo loc, sine aliquo precio quod inde habeat concessit et quicumque voluerit habitare in burgo monachorum similiter. Rivallonus autem Rufus frater Goffredi de Dinam, dedit predictis monachis in valle juxta castrum, terram ad faciendam ȩcclesiam, et ad domos monachorum, et ad burgum faciendum solidam et quietam sine omni consuetudine quȩ alicui persolvatur, exceptis monachis…

Traduction partielle de cette charte de fondation, traduction personnelle : Que le présent et le futur apprennent comment Geoffroy de Dinan pour se libérer de ses péchés, et de ceux de son épouse, et ceux de ses fils, et ceux de tous ses parents, a donné à Saint-Florent et aux moines de ce même lieu qui servent Dieu en le château que l’on appelle Dinan, où en les places-fortes du même château, AU PONT de la Rance un lieu pour faire des moulins, ou dans tout autre lieu s’ils souhaitent le faire.
Et en haut du pont une prairie qui est la sienne où se déroulent les guerres
(Prairie sur laquelle se déroulaient alors les exercices de guerres ; cette prairie est l’actuelle grande prairie inondable assise au delà du viaduc) et douze deniers sur chaque navire chargé de marchandises de quelques côtés qu’ils viennent qui seront appliqués au bourg des moines ou de l’autre côté du château . Et une terre d’une certaine manière arable qui sous le même château était autrefois considérée comme une prairie . Et une métairie avec le fermier, et la moisson, et les bœufs . Et si des hommes donnent quelque chose au précité sanctuaire en quelques lieux aucun prix ne sera demandé sur ce qu’ils auront concédés et de même à quiconque viendra habiter au bourg des moines. Quant à Rivallon le Roux frère de Geoffroy il donne aux moines précités une vallée proche du château, (Ou l’actuel quartier de la Madeleine en Lanvallay assise au Pont à Dinan) terre pour faire une église et les maisons aux moines, et pour construire un solide bourg et tranquille sans aucune coutume puisse y être payée à qui que ce soit hormis aux moines…

Ci-dessus le placis ayant enterré presque entièrement la seule arche originelle du premier pont roman.

Photographie du tout début du 20ème siècle ; vers 1910.
Ici en premier plan la passerelle en bois qui sera réalisée en 1793 à l’emplacement de la 4ème arche.
En le fond, devant l’octroi, est le jardin hier privatif aujourd’hui placis en lequel, semi-enterrée, se trouve être l’arche romane du moyen-âge. Sur cette photographie nous voyant très bien l’arche n°2 brisée du 16ème siècle et l’arche n°3  en plein cintre beaucoup plus contemporaine.
La 5ème arche, aujourd’hui toujours existante mais invisible,  se trouve être sous le bitume, à l’entrée du pont, en face de la maison assurant l’angle avec le halage.
A gauche l’arche en ogive attestant de la première « REdirection » de l’orientation donné au pont (la seconde arche, beaucoup moderne, donne la deuxième REdirection).

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Ci-dessus sous les anciens murs de Dinan est l’ancien prée du prieur, ou l’ancien champs de guerre offert aussi à l’Abbaye de Saint-Florent de Saumur par Geoffroy de Dinan lorsque celui-ci fera rédiger la charte de la fondation du prieuré du pont à Dinan. (En haut de cette grande prairie à l’extrême gauche de cette photographie, ici toujours représentée, sera plus tard la vallée des vaux sur laquelle sera assise une grande métairie nommée comme il se doit la Métairie des Vaux ; celle-ci sera citée en acte écrit en la seconde moitié du XVII siècle. Le bâti industriel qui ici lui fait suite, à sa droite immédiate, bâti passant quant à lui sous l’une des arches du viaduc, est un bâti beaucoup plus récent celui-ci n’apparaissant qu’au début du XX siècle ; aujourd’hui entièrement disparu il était en effet l’usine à gaz de la ville de Dinan).

Vers 1960-70. Ci-dessus la grande prairie, ou ancien champ de guerre, délimitée à occident par une grande rangée d’arbres de la dite vallée des Vaux (l’ancienne vallée des Vaux, aujourd’hui parking et jardins ouvriers, de fait était délimitée avant l’ouverture de l’actuelle rue du Général de Gaule à occident par les hauts murs de Dinan et à orient par la dite grande prairie elle même).

Et voici comment la charte de fondation du prieuré nous apprend elle même l’antériorité de la présence du pont à Dinan sur le dit prieuré ; celui-ci au lendemain de sa fondation sera dénommé le prieuré du pont à Dinan (placée dès le XIII siècle sous le vocable de Marie-Magdeleine, placé dès le XIII siècle AUSSI sous le vocable de Saint-Gilles, notre petit prieuré prendra presque aussitôt pour seul et unique nom : le prieuré de Sainte-Marie Magdeleine au pont à Dinan. Le jour de la Saint-Gilles, avec celui-ci du premier jour de l’année, sera l’un des deux jours en lesquels semestriellement seront demandés et dû les taxes seigneuriales le premier versement ayant lieu en effet le premier jour de l’année)

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