Histoire de la terre noble de la Landeboulou.

Le manoir de la Landeboulou à nord.
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le très imposant pigeonnier hier seigneurial regardé depuis la route communale

XII-XV-XVII-XVIII et XIX siècles.

La Landeboulou et son histoire.

La terre noble de la Landeboulou, terre nommée en 1811 « la Chouannerie », dans sa totalité est l’une des plus vieilles terres de notre ancienne paroisse puisqu’elle sera citée en un acte rédigé à la charnière des XI et XII siècles lorsque sera fondé le prieuré du pont à Dinan. Ce prieuré sera voulu par Geoffroy de Dinan entre 1070 et 1118 ; et les remparts de Dinan édifiés au 13ème siècle alors n’existaient pas encore. Cette citation première se fera par l’intermédiaire de la noble personne de Picot de Landa Boilot, très probable seigneur sur ses terres, celui-ci étant en effet l’un des nombreux témoins cités en cet acte de fondation ; la paroisse de Lanvallay ne semble alors ne pas devoir encore exciter non plus celle-ci n’apparaissant il est vrai qu’à la fin du XII siècle.

Il nous faut voir aujourd’hui dans le patronyme de Picot de Landa Boilot l’origine première du nom de cette terre; l’existence ici même de ce seigneur au moyen-âge peut-elle nous laisser penser qu’en cette extrémité du plateau, qu’en l’extrémité de ces landes en ce lieu toujours encore présentes, qu’il y est pu y avoir au 11ème siècle une petite place-forte, une tour de gué, une tour de garde surveillant en cet endroit de la rivière toute la région devant nous toujours étendue aujourd’hui ?

Ce petit village suspendu depuis plusieurs siècles au dessus de la rivière devrait-il ainsi pouvoir trouver d’hier sa propre origine, sa propre appellation ?

En des temps beaucoup plus anciens l’extrémité des terres de la Landeboulou, côté mer, se terminait au plus près de l’ancienne voie gallo-romaine menant alors au vicus de Taden ; empruntant un passage à gué cette voie reliait tout notre arrière pays à celui de Condate, reliait tout notre arrière pays au pays avranchin lui même via le pays actuel de Dol. Cet ancien passage à gué s’appelle aujourd’hui le port Josselin.

Le pigeonnier du manoir de la Landeboulou; derrière le château.

Aujourd’hui encore les héritiers de feux madame et monsieur Woodhouse possèdent toujours ici même, au plus prêt de cet ancien passage à gué, des terres hier de pâtures devenues de nos jours de simples terres boisées ; au dessus de ces dernières s’étirent encore et toujours les terres de Champguerard. Probablement très ancien l’apparition du village de la Landeboulou, proche de son manoir seigneurial et de son pigeonnier, n’est cependant toujours pas déterminée bien que toutes ses actuelles maisons soient déjà présentes à la fin du 18ème siècle puisque toutes représentées sur un plan cadastral réalisé 1811; une maison cependant semble beaucoup plus ancienne, probablement du 17ème siècle, quand deux autres pour toujours ont elles depuis disparu. Notons qu’une d’entre ‘elles en réemploi possède une pierre datée de 1646 en linteau de porte; cette maison est située proche de l’ancien puits du village.

En 1811 ce village, la métairie du Rehanet comprise, semble devoir comporter un ensemble de 19-20 familles. En 1836, lors du premier recensement de la population enregistré, tel sera encore le cas ces mêmes familles étant alors très apparentées les unes aux autres ; ainsi il en allait, il est vrai, dans tous les petits villages de France et de Navarre. En 1836 seront référencées à la Landeboulou 19 maisons, ou 19 foyers pour 19 familles ayant chacune 2 ou trois enfants certains en bas âges et d’autres déjà en activités pour les enfants plus adultes.

Les métiers répertoriés ici même en 1836 ont été ceux de : laboureur, charpentier, menuisier, tailleur d’habit, tisserand, domestiques, ménagère, journalier, cuisinière et jardinier pour le château ; certains actes BMS de Lanvallay de la seconde moitié du 18ème siècle, vers 1770, citent le «Village de la Landeboulou ». La plupart de ces maisons et terres appartiendront toutes aux possesseurs successifs du manoir et des châteaux de la Landeboulou-Grillemont, pour certaines d’entre elles maisons de métayers, et il en va aujourd’hui toujours ainsi pour certaines maisons relevant encore de ces deux châteaux.

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Le manoir de la Landeboulou en vue aérienne
Implantation du village, du manoir, des pavillons et château de la Landeboulou.
Dans les temps les plus anciens, et cela jusqu’au début du XIX siècle, toute remontée sur Dinan par la mer montante passait forcément au pied de ce village…et les chouans eux mêmes prendront ce chemin au lendemain de la Revolution.
La Chouanniere est le nom qui sera donné en 1811 à la grande terre de la Landeboulou se terminant au port Josselin…
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Implantation cadastrale en 1811 des « manoir et château ».

Assis au plus près du port Baudouin, sur son dessus proche, le village de la Landeboulou dès les premières heures du XIX siècle sera en son embat un lieu de débarquement pour toute une navigation marchante qui ici même déchargeait régulièrement des bois de construction et autres matériaux ; le village de la Landeboulou était alors très régulièrement emprunté. Le Réhanet est une ancienne métairie relevant du château de Grillemont …en 1836 trois foyers y seront répertoriés.

Initialement cette grande terre, à la sortie du moyen-âge, vers la mer, semble devoir s’étirer depuis le méandre de la rivière jusqu’à port Josselin, jusqu’à son ruisseau celui-ci de ces 2 petits cours d’eau délimitant de part et d’autre la grande terre des Champguerard, terre assise à la limite de Saint-Piat bourg anciennement positionné en Pleudihen. La terre de Champguerard, en 1590, appartient de droit à noble homme Macé Marot sieur des Champguerard et du Cheminneuf à la Magdelaine du pont à Dinan ; de sa charge celui-ci sera procureur fiscal du prieuré de la Magdelaine au pont à Dinan. Sa sœur, Françoise Marot née vers 1580, tous deux enfants de Jean Marot sieur du Chemineuf, semble devoir apporter à son mari Guillaume Legault, sieur de Vildé en Quévert, procureur et greffier au présidial de Dinan et avocat du roi à Dinan, aussi économe de l’hôpital en 1614, la dite terre de la Landeboulou bien vers 1530 de Jehan Guyton frère supposé du sieur Thomas Guyton en son vivant seigneur de Lechapt en Lehon.

Ces seigneurs de l’Echapt en Léhon, déjà ancienne noble famille au 16ème siècle, en 1530 descendent de Josselin Guyton qui lui sera cité dès l’année 1446 il est vrai ; bien que seigneur sur ses terres de l’Echapt cette seigneurie ne possédait aucun droit de justice; elle relevait en fait directement des prieurs de l’Abbaye de Saint-Magloire de Lehon. Par rapport à la citation de Picot de Landa Boilot ci-dessus cité la deuxième citation de cette terre sera beaucoup plus tardive puisque il faudra en effet attendre la première partie du XVI siècle pour voir réapparaitre le nom de cette terre déjà anciennement noble. Jehan Guyton, né vers 1500, sera en effet cité sieur de la Landeboulou en un acte de baptême des BMS de Lehon ; ce baptême concernera le baptême de Jehanne Guyton baptisée le 03/12/1533, sa nièce supposée, fille de Thomas Guyton et de Françoise Lecoqc tous deux sieur et Dame de Léchapt en Léhon. Jéhan Guitton ci-dessus nommé, sieur de la Landeboulou, en tant que sieur de cette terre sera une seconde fois cité le 22/03/1540 lors du baptême de Perrine Duval : sera alors présente à ses côtés, comme marraine de l’enfant baptisée, Françoise Lecocq ci-dessus déjà présentée. Jehan semble devoir avoir un fils, lui aussi prénommé Jéhan, puisque celui-ci sera cité à son tour sieur de la Landeboulou le 08/01/1590 lors du baptême de Jan Leforestier fils d’écuyer Briand Leforestier et de Catherine Guyton sieur et Dame de la Rosais et des Alleux ; Catherine Guyton ci-dessus semble devoir être la sœur supposée de Jehan deuxième du nom. Sera alors aussi présent au côté de Jehan Guyton, lors du baptême de cet enfant, Guillaume Legault de sa charge procureur et greffier au présidial de Dinan et avocat de roi de Dinan ; aussi Econome de l’hôpital en 1614 celui-ci prendra pour épouse Françoise Marot et par cette union deviendra au lendemain de son mariage le nouveau sieur de la Landeboulou. Au lendemain de cette union cette terre quittera alors à jamais la dite famille Guyton… Y aurait-il pu y avoir par acquêt « passation » de la dite terre de la Landeboulou des « Guyton » aux dits « Marot » ?

Ainsi Macé Marot et sa sœur Françoise semble devoir tous deux se partager cette grande terre Macé recevant dans sa propre escarcelle le dit Cheminneuf assis à la Magdelaine du pont à Dinan; leur père à tous deux, Jean Marot premier sieur du Cheminneuf cité, aurait-il pu être en effet possesseur de toutes ces mêmes terres étendues alors hier en son seul bien toutes deux réunies ? Si oui comment lui-même en est-il devenu possesseur celles-ci étant en effet vers 1530 le bien unique du dit sieur Jehan Guyton de la Landeboulou ? Au tout début du XVI siècle, en ses toutes premières heures, sur cette lande surplombant le méandre de la rivière possédant pigeonnier seigneurial le manoir de la Landeboulou était la seule seigneurie du lieu ; le château de Grillemont n’était pas encore né et ni l’actuel château de la Landeboulou d’ailleurs; celui-ci en effet dans sa phase terminale est d’une manufacture récente, fin XIX siècle, et dans sa partie la plus ancienne, dans son premier pavillon, l’ensemble semble devoir remonter au XVIII siècle.

La cage d’escalier « rapportée » du manoir de la Landeboulou. Début XVII siècle

Le manoir de la Landeboulou comportant noble logis, cour et bâtiments annexes, quant à lui remontre très certainement au plus tard en la toute première moitié du XVI siècle puisque son premier possesseur par l’histoire attesté nait en effet vers 1500 apparenté qu’il est aux dits seigneurs de Lechapt en Lehon. Terre dès son origine seigneuriale puisque possédant un pigeonnier, celui-ci en ses murs circulaires contient une épaisseur de 1.20 mètre, un diamètre intérieur d’environ 6 mètres pour un diamètre extérieur de 8 mètres un peu près; le nombre de ses boulins s’élève approximativement à 360 boulins sachant que chaque boulin recevait un couple de pigeons soit ici même, en pigeons pour ce colombier, la présence de 720 pigeons en tout. Il est en général reconnu que pour chaque demi-hectare, ou un arpent carré de terre, ou une acre de terre, c’est-à-dire 50 ares ou 5 000 m2, correspondait 1 boulin pour 1 seul pigeon ; la surface en terre noble du manoir de la Landeboulou correspondait donc à peu près à 360 hectares. Aujourd’hui dans sa partie haute la lanterne, hier porte d’entrée des pigeons ou colombes, verticalement est entièrement fermée ; dans une tranche prochaine de travaux est prévue sa réouverture… Ce manoir hier possédait encore son propre puits ; celui-ci lors de la dernière vente à malheureusement été récupéré par les propriétaires du château de la Landeboulou lesquels, vendeurs du manoir, en ont récupéré les pierres pour le remettre en simple décoration en leur propre cour ; ce puits ne semble pas avoir comporté Armoiries. La tour d’escalier du manoir cependant, au dos de celui-ci, non soudée à l’appareillage premier mais sur celui-ci simplement rapportée, semble pouvoir être datée de la fin du XVI siècle, ou bien au tout début du siècle suivant ; à ce titre elle fut peut-être édifiée au lendemain même de l’acquisition de ce bien, acquisition faite en cette même charnière par le sieur Nicolas Lerenec ci-dessous cité. Au derrière, à gauche de la tour, se trouve être l’une des partie les plus anciennes du manoir attestant toute l’antériorité de ce très ancien logis; l’appui mouluré de la fenêtre ainsi que sa grille de défense en fer forgé sont tous deux vraiment témoins de tout ce passé si ancien. Certains éléments situés à l’intérieur de ce noble logis attestent eux aussi cette même antériorité. La façade principale sur la cour quant à elle semble avoir été fortement remaniée au travers de ses propres ouvertures, ou fenêtres…elle est la partie la plus retouchée de ce logis à l’image de la façade sur cour du château de Grillemont.

L’honorable homme Nicolas Lerenec, né vers 1585, époux de Bertranne Roumain, notaire royal, fils de Nicolas Lerenec sieur de la Moinerie et de la Noë en Evran, entre à son tour en la possession de la Landeboulou, probablement lui aussi par acquêt. A la même époque Alain Serizay né vers 1560, sieur de Grandschamps à Dinan, avocat au Parlement de Bretagne, avocat au présidial de Dinan aussi, semble devoir faire construire le pavillon à tourelles de Grillemont ; trois de leurs enfants seront dits en effet « de Grillemont ». Il en sera ainsi pour Hardouine, pour Jacques mais aussi pour leur aisné à tous deux, Pierre, qui lui transmet ce nouveau pavillon au sein même de sa propre dynastie ; Alain Serizay avait prit pour épouse Hélène Nicolas, Dame du Gisleau en Saint-Piat. Nicolas Lerenec décède le 25/11/1627 et laisse encore jeune homme deux enfants mineurs, Françoise et Julien Lerenec ; Françoise Lerenec sus-nommée prendra en 1632 pour époux l’héritier d’Alain Serizay ci-dessus cité, Pierre. Pierre Serizay, sieur de la Gastinaye en Lehon, sera donc le nouveau possesseur par droit d’hérédité du dit pavillon à tourelles de Grillemont ; Julien Lerenec, son frère, ne semble devoir laisser de lui-même aucune trace. Pierre Serizay ci-dessus cité, né le 04/03/1591, semble devoir hériter de son bisaïeul Jéhan Hamon sieur de la Gastinaye de la maison et terre noble de la Gastinaye en Lehon ; alloué et lieutenant général de la Cour de Dinan il hérite seul de feux ses parents du pavillon à tourelles de Grillemont ; Hardouine sa soeur devenu femme prendra pour époux noble homme écuyer Pierre Prevost. Possesseur de la Gastinaye, possesseur de Grillemont, héritier par sa femme du manoir de la Landeboulou AUSSI Pierre Serizay semble devoir garder tout cet ensemble jusqu’à la fin de sa vie puisque lorsqu’il mourra, en 1650, Pierre Ménard, le futur acquéreur de ce même manoir, sera tout juste âgé de 16 ans (les Armoiries de Pierre Menard rappellent étrangement celles des Marots ; elles étaient : D’azur à la main d’or en pal, issant d’un brasier de gueules).

Fenestre et défense du manoir de la Landeboulou. Fin XVI siècle.

La vente de ce manoir au dit Pierre Ménard semble donc devoir se faire quelques années après la mort de Pierre Serizay et cela probablement par l’héritier de ce dernier celui-ci par droit d’hérédité étant déjà possesseur du nouveau pavillon de Grillement ; il s’agit ici de Pierre Serizay de Grillemont troisième du nom né le 27/11/1636 et époux de Renée Prioul. Pierre Ménard, le nouvel acquéreur du manoir de la Landeboulou, nait le 05/12/1634 ; son père Pierre Ménard, époux de Carize Gicquel, tous deux sieur et Dame de la Roberdie en Quévert, fut de son état notaire et procureur royal à Dinan. Pierre Menard de la Landeboulou prendra successivement pour épouse Jeanne Vallée demoiselle du Rocher, puis Jeanne Jugan ; Jeanne Vallée sera épousée le 30/09/1667 et Jeanne Jugan, elle, le sera le 19/08/1673 soit six années après seulement. Pierre multipropriétaire et Jeanne son épouse seront tous deux possesseurs de la grande hostellerie du Plat d’Etain au port de Dinan ; cette hostellerie était située rue du Petit-Fort à Dinan, au fond de la cour de l’actuelle maison sise au 49 et 51 de cette même rue. Aujourd’hui disparue, cette ancienne maison comprenait caves, deux chambres hautes sur étage….Sur cour elle deviendra une tannerie dans la plus grande partie du 18ème ; il s’agit d’une grande tannerie située dans un léger renfoncement du terrain de la vallée, ce qui permet à l’établissement de bénéficier en plus du ruisseau du Petit-Fort, d’une petite arrivée d’eau qui coule des champs de la  » falaise des Combounaises « , coteau nord de la vallée du Petit-Fort. Le bâtiment est long de vingt mètres sur six de profondeur ; il se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage avec trois travées d’ouverture sur la façade. Une grande cour se trouvant à l’avant du bâtiment, descend jusqu’à la rue du Petit-Fort. La tannerie contient tous les éléments attachées à la perpétuelle demeure et indispensable à la production, il s’agit des pleins et des réservoirs qui se trouvent au rez-de-chaussée du bâtiment équipé d’un travail de rivière. L’étage sert à faire sécher les peaux. Texte d’Eric Duval pris dans son mémoire intitulé Les marchands-tanneurs du Petit-Fort.

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Le château de la Landeboulou
Peut être une image de plein air et château

De son mariage avec Jeanne Vallée Pierre Ménard aura entre autre, pour enfant, Pierre Menard fils. Pierre Ménard fils prendra lui pour épouse, le 12/11/1699, Guillemette-Marie Rolland enfant de Pierre Rolland et de Françoise Lebreton tous deux sieur et Dame de Beranger en Evran ; par son père Guillemette-Marie Rolland sera l’arrière petite-nièce de Catherine Roland la propre femme de Macé Marot sieur des Champguerard ci-dessus cité. De l’union entre Pierre et Guillemette-Marie Rolland naitra le 30/10/1702 Toussaint qui suit. Toussaint Ménard prendra lui pour épouse, le 18/11/1732, Pétronille Lemeignan ; trésorier de St-Malo de Dinan en 1734 à l’image des Baudes de Saint-Malo il œuvrera au sein de la traite négrière française. Nommé « Lalande-Boulou-Menard » il sera cité en le journal de bord lors de la Campagne du Courrier de Bourbon (1723-1724), journal tenu par René Nurat Dugras, 1er pilote. Route : Lorient, Sénégal, Gorée, Gambie, Grenade, Louisiane (La Balise), Lorient ; en 1732 il sera commandant en second du « Courrier de Bourbon de la Royale compagnie » lors de la campagne de France au Sénégal, frégate de la compagnie des Indes jaugeant 130 tonneaux avec 10 canons. De son union avec Pétronille Lemeignan naitra Anne-Pétronille Menard. Celle-ci en 1762 sera à l’origine d’un procès pour affaire de mœurs ; Anne-Pétronille Menard de la Lande-Boulou accusera en effet Gilles Guillard du Manoir, 30 ans, commerçant en gros, rue de la Lainerie, de l’avoir “efforcée” et engrossée. Ce procès fera l’objet d’un recueil judiciaire comportant 25 pièces…

C’est probablement Toussaint Menard qui fera édifier au 18ème siècle, vers le milieu de celui-ci, juste en face du manoir de la Landeboulou, de l’autre côté du chemin vicinal, parallèle à celui-ci, un corps de logis prolongé d’un corps de dépendances ; semble avoir aussi accompagné en la cour intérieure de ce même ensemble de « logis-dépendances» un autre corps de dépendances construit celui-ci en L et en face du dit logis. Cet ensemble en ces heures premières était plus une « maison noble » qu’un manoir, était plus une maison noble qu’un petit château ; il n’était qu’un « simple pavillon »… Les premiers plans cadastraux de 1811 montre parfaitement cette construction première, dépendances comprises. Ce logis entre 1811 et 1844 va connaître une première modification lorsque lui sera adjoint, ou adossé, côté rue, un second petit pavillon ; cette transformation est très clairement montrée quant à elle sur les seconds plans cadastraux réalisés en 1844. En la seconde moitie du 19ème siècle, au lendemain du mois de juin 1863, au lendemain du mariage ayant uni le 23/06/1863 l’héritière de la Landeboulou à Amédée Marie BLANCHARD DE LA BUHARAYE, une seconde campagne de travaux va très fortement modifier en profondeur tout l’aspect originel de ce logis puisque lui sera accolé un haut pavillon à une travée comprenant un escalier monumental ; celui-ci sera prolongé d’un autre corps de logis, plus bas et à deux travées, auquel à l’un de ses angles sera adossée une échauguette.

Au dessus de la fenêtre du deuxième étage du dit haut pavillon se trouvent être en mi-partie les Armes BLANCHARD DE LA BUHARAYE / HARDY DU BIGNON celles des premiers étant d’azur à trois croissants montants d’or posés deux en chef et un en pointe qui sont en effet BLANCHARD DE LA BUHARAYE ; ce mariage par lui-même assoit dans le temps cette même réalisation. Les armoiries des Ménard comprendront une main posée en Pal ; elles semblent avoir été hier encore présentes sur l’unes des cheminées du logis premier. Elles étaient d’Azur à la main d’argent posée en pal, issant de flamme de gueules… dixit vers 1900 Henri Frotier de la Messelière. En 1762 le manoir de la Landeboulou, accompagné de ce nouveau bien, sera toujours en la possession des dits Ménard puisque lors de son procès Anne-Pétronille Menard, fille de Toussaint Ménard, sera toujours nommée « Anne-Pétronille Menard de la Lande-Boulou ». Toussaint Ménard ne laissera pour tous héritiers que 4 filles dont Anne-Pétronille ci-dessus citée.

Généalogie et reconstitution du tissu urbain de la Landeboulou ; travail personnel.

Au lendemain de Toussaint Ménard cet ensemble Manoir/logis-dépendances, plus tard manoir/château, restera toujours sous la dépendance d’un seul et même propriétaire du moment, et il faudra attendre la seconde moitié du 20ème siècle pour assister à leur séparation définitive le manoir seigneurial ayant été alors séparément vendu. Le manoir est aujourd’hui le bien propre de madame et monsieur Lecoq, le château quand à lui étant toujours en la possession des descendants BLANCHARD DE LA BUHARAYE / HARDY DU BIGNON, aujourd’hui Woodhouse ; le hasard voudra qu’au lendemain de Toussaint Menard les « manoir et logis/dépendances » soient dans leur totalité ramassés par Marie-Louise Rolland Dame de la Tellière parente au 12ème degré de Toussaint Ménard lui-même. En effet tous deux avaient pour ancestre commun le couple Rolland Rolland et Janne Ferron tous deux sieur et Dame de la Croix Verte et des Salles au port de Lanvallay. Au titre de ce couple Marie-Louise Rolland de la Tellière sera descendante directe à la 7ème génération de Macé Marot sieur des Champguérard et nièce à la 7ème génération aussi de Françoise Marot Dame de la Landeboulou en 1600.

Au lendemain de Toussaint Ménard tous les possesseurs de cette ancienne seigneurie occuperont le nouveau logis/dépendance, puis après château de la Landeboulou ; le manoir de la Landeboulou quand à lui sera très certainement systématique soit loué soit…affermé en métairie. En les premières heures du XIX siècle presque toutes les terres lesquelles hier relevaient du manoir de la Landeboulou, se retrouvent pour ainsi dire du jour au lendemain toutes déposées entre les seules mains du sieur de Grillemont. Pourquoi cela ? Cela est très clairement établi par le registre des Augmentations et Divisions de 1836 lequel assoit ici même les différentes propriétés parcellaires du moment ; et il en ira de même pour les propres terres ceinturant le manoir de part et d’autre. À la lecture de certains « comptes rendus municipaux » de très fortes tensions existaient alors entre le sieur de Serville et le sieur Serizay l’un tantôt succédant à l’autre, et vis versa, à la tête de la jeune mairie le premier dénonçant la spoliation, ou le vol par le second, de tout un ensemble de surfaces de terre étendues.

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En verts sont toutes les parcelles relevant en la fin du XIX siècle du seul château de Grillemont ; nous voyons très bien ici même le foncier relevant quant à lui des seuls manoir et château de la landeboulou.

Généalogie aux XVIII, XIX et XX siècle du château de la Landeboulou.

– Marie Louise Hyacinthe Rosalie ROLLAND ci-dessus citée. Celle-ci prend pour époux le 09/07/1782 à Dinan Jacques Joachim de Serville sieur de Landeboulou, maire à LANVALLAY dès le 05/11/1802 après la mandature du sieur Pierre Leroux des Aulnais ; Sieur des Marets en la rue du Four à la Magdelaine au port de Dinan-Lanvallay Jacques-Joachim de Serville sera capitaine Garde Côtes. De cette union naitra Joséphine Marie Françoise de Serville qui suit. – Constant Victor Pierre HARDY du BIGNON juge de paix * Joséphine Marie Françoise SERVILLE de LANDEBOULOU née à la Landeboulou le 01/03/1798 et décédée même lieu le 20/12/188. De cette union va naitre Marie Élisabeth Joséphine HARDY DU BIGNON qui suit. – Amédée Marie BLANCHARD DE LA BUHARAYE vicomte * 23/06/1863 à Lanvallay Marie Élisabeth Joséphine HARDY DU BIGNON née le 27 novembre 1829 à Matignon. De cette union va naitre Berthe-Françoise-Marie-Josèphe Blanchard de la Buharaye qui suit. – Théophile Marie-Gabriel-Camille de Cacqueray-Valmenier (1866-1919) * (à Nantes) Berthe-Françoise-Marie-Josèphe Blanchard de la Buharaye née le 06/09/1864 à la Landeboulou et décédée le 13/06/1939 aussi en le château de la Landeboulou en 1939. De cette union va naitre Yseul de Cacqueray de Val Menier qui suit. – Emmanuel de Blay de Gaïx * 06/01/1925 à Lanvallay Yseul de Cacqueray de Val Menier née à la Landeboulou en Lanvallay le 24/08/1896 et décédée aussi à Lanvallay en 1988. De cette union vont naitre de BLAY DE GAÏX Edmond Marie Amédée Guy et Marie-louise de Blay de Gaïx qui suivent. – DE BLAY DE GAÏX Edmond Marie Amédée Guy né à Lanvallay le 02/07/1926. Il sera fusillé par les allemands le 15/06/1944 à l’âge de 17 ans. Inhumé à Lanvallay. Au titre des martyrs de la guerre, étant la seule héritière de son nom son jeune frère ayant été fusille par les allemands, madame de Blay lors de son mariage avec monsieur Woodhouse, officier anglais, s’est vu proposer par la loi de garder son nom de naissance, son nom de jeune fille…par le plus grand des égards portés pour son mari madame de Blay renonça à ce privilège. Une place de notre ville aujourd’hui porte le nom de son frère, de cet enfant si injustement assassine. Combien de nous aujourd’hui savent que… – Marie-Louise de Blay de Gaïx née en 1928 et décédée à Lanvallay le 19/06/2017 * Hilary Leighton Woodhouse décédé à Lanvallay le 11/06/2015. – Le château de la Landeboulou appartient aujourd’hui aux enfants héritiers nés Woodhouse.

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https://www.geneanet.org/archives/ouvrages?action=detail&book_type=livre&livre_id=14915417&page=132&name=BLANCHARD+de+LA+BUHARAYE&with_variantes=0&tk=8ad9343bfff79673

Remerciements

Je remercie ici très sincèrement madame et monsieur Lecoq qui ont bien voulu me recevoir en leur demeure avec une extrême gentillesse et cela malgré leur temps chargé et ma venue faite vraiment à l’improviste. Merci mille fois. N.B. Certaines photographies sont de madame Véronique Orain.

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Manoir de la Landeboulou La Cheminée monumentale XVII siècle. Photo de madame Véronique Orain (Patrimoine région Bretagne.
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Ce qui reste des anciennes dépendances du manoir de la Landeboulou tout un autre pan ayant lui entièrement disparu

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