Le ruisseau de Sainte-Suzanne.

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Peut être une image de arbre, nature et étendue d’eau
Le ruisseau de Sainte-Suzanne

Le ruisseau de Sainte-Suzanne. Il naît s’appelant le Gué Parfond et il disparait s’offrant à la Vouivre à Chantoiseau en se nommant Sainte-Suzanne; il naît petit garçon pour mourir transmuté en petite fille…dans les eaux désormais toujours lisses de la plaine de Taden.

Quelle étrange destinée pour un petit ruisseau ancestral, quelle étrange transformation en passant simplement sous la grande route menant à Dol ! Jeu de druides ou bien simplement le jeu de dés du hasard ?

L’ancienne petite chapelle de Saint-Piat, chapelle disparue entre 1811 et 1837 puisque en 1844 sur le plan cadastral apparaît en son emplacement alors deux nouveaux bâtis datés respectivement de 1837 et 1838, aurait-t-elle pu lui donner son propre nom ?

En effet celle-ci assise proche de Bois Collin était aussi pas très éloignée du pont Saint-Suzanne (1). Ruisseau en désordre dès sa naissance son cours sinueux lui aussi n’est que désordre…mais sa chute finale est vraiment grandiose ! En 1780, sur le lieu même de sa transformation, était un pont et celui-ci, en cette même année 1780, s’appelant déjà «le pont de Sainte-Suzanne », sera réparé puis après déjà désordres multiples entièrement terminé par les seuls corvoyeurs de Lanvallay eux mêmes. Cet acte sera l’objet d’un enregistrement officiel et d’une demande de paiement ordonnée.

Sainte-Suzanne en son parcours est aussi sinueux que le Gué Parfond puisqu’il en est que la continuité, que le simple prolongement; il est cependant un peu plus sauvage en les sous-bois et terres privés de la Becassiere il est vrai; ici sur le territoire de Saint-Helen il a même sa propre petite cascade à la fois sauvage et domptée. Se dressent sous ces arbres, assis sur les terres du château de la Becassiere, travaillant avec les eaux de Saint-Suzanne, ou celles du Gué -Parfond puisque tel est aussi le nom de ce ruisseau, les murs encore entiers et toujours couverts d’un très vieux moulin à eau, moulin à farine, moulin remanié au XVIII siècle probablement, qui fonctionnait encore au siècle dernier, dans les années 1950. À sa droite était à son extrémité nord/ouest le logement du menier; le moulin était alimenté par un étang désormais aujourd’hui atterri.

Perpendiculaire à cet ensemble, côté logement, était encore présent au début du XX siècle un autre bâti ou grand logement; aujourd’hui celui-ci n’existe plus.

Nous faut-il voir dans ce moulin, dit moulin de la Becassiere, le moulin dit du Gué Parfond ? La terre noble de la Becassiere est citée dès 1223 au travers de Thomas de la Becace et cela en une donation qu’envers l’Abbaye de Vieuville sous Dol fera Olivier premier seigneur de Coetquen, seigneur en Lanvallay aussi; Thomas sera l’un des témoins principaux de cette même donation. Olivier, premier seigneur de Coetquen par son mariage, sur les hauteurs faisant face à Dinan sera possesseur de terres très étendues dont beaucoup surplomberont la rivière ; elles étaient toutes assises en la très jeune paroisse de Lanvallay. Ces terres n’étaient alors que vignes, des vignes étendues; et Olivier lorsqu’il venait en cette paroisse possédait divers droits seigneuriaux dont celui de la Table, celui de la gratuité du repas et celui de l’hébergement tous dû à tous gens de guerre. Quand Olivier viendra voir son père Guillaume mourant en le prieuré de la Magdelaine au pont à Dinan il sera nommé : Olivier fils de Guillaume fils de Raoul; pour recevoir ses dernières fautes l’Abbe de l’Abbaye de Vieuville sous Dol viendra en personne le confesser en notre tout petit prieuré.

L’oncle d’Olivier, Jean de Lanvallei frère pour nous d’Alain de Lanvallay, après diverses donations faites à celle-ci se fera moine en cette même Abbaye pour la rémission de toutes ses propres fautes…il y mourra et s’y fera inhumé. Décédé Guillaume à son tours sera transporté en la dite abbaye pour y être inhumé…mais cela est une autre histoire.

La terre de la Begassiere, terre noble, sera citée en 1513 lors de la Réformation de la noblesse pour l’évêché de Dol; en 1513 le château ne sera pas encore construit pourtant sur cette terre sera déjà existante une métairie dite noble. Cet acte de Réformation la présente comme étant alors le bien de Marguerite Bertrand, épouse Blanchard, et celui aussi de son fils Julien Blanchard. Il faudra attendre l’année 1643 pour voir édifier l’actuel château de la Becassiere; celui-ci possédera dès sa sortie de terre le Droit de basse justice. Au décès de sa mère ce bien sera reçu par Julien Blanchard alors seul enfant héritier de cette terre née noble. Il faudra attendre 1643 pour voir édifier, sur l’emplacement probable d’un premier château alors disparu, l’actuel château de la Begaciere écrit parfois aussi Begassiere; celui-ci sera en le milieu du XIX siècle le bien du sieur Michel de la Morvonnais très riche notable de Pleudihen.

En 1894 ce château, ses terres et son moulin, seront le bien de Pierre Monreau lieutenant de vaisseau en la Marine marchande; aujourd’hui en 2021 en sont les propriétaires des membres la famille Blanchard de la Buharaye. Laissant derrière lui le vieux moulin le Sainte-Suzanne file vers la vouivre de Chantoiseau en un petit canal fait hier de pierres très bien appareillées et magnifiquement assemblées.

Quittant la grande plaine toujours verte et toujours humide faisant face au vieux moulin de la Falaise il s’offre aussitôt parvenu à Chantoiseau. Sa minute ultime ici même sous un soleil se couchant parmi les roseaux est vraiment magique. On ne peut en ressortir qu’ébloui.

(1) En les BMS de Lanvallay il y a cependant un acte relatif à un mariage contracté en cette petite chapelle. Celui-ci cependant ne donne pas le nom de celle-ci…

Peut être une image de plein air et arbre
Le vieux moulin de la Bégacière
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