

Les Armoiries nettoyées d’Hippolyte Le Fer de la Gervinais et de Clémentine Urvoit de Saint-Mirel.

Clémentine décédant en 1905…photo prise avant 1905.
Photo familiale offerte par monsieur Patrick Le Fer de la Gervinais lors des Journées du Patrimoine, le 20/09/2026.

Il fut le père de Clémentine.
Elles sont : d’Azur à sept molettes d’Argent, portées en quatre eu un. L’écu timbré d’un casque tiré de profil, orné de ses lambrequins.
Grillemont : mémoire d’une tour oubliée ?
Le nom de Grillemont, posé sur les hauteurs de la Rance, intrigue.
Et les chartes médiévales sont muettes : aucun acte ne nous décrit directement l’origine de ce toponyme. Mais l’étymologie, et la logique du terrain, nous offrent une piste.
Mont dit assez qu’il s’agit d’une hauteur, d’un promontoire dominant.
Grille évoque moins un ornement qu’un dispositif de défense : une clôture, une palissade, une barrière de bois ou de fer dressée pour interdire, épier ou encore surveiller le passage.
On peut donc supposer qu’au Moyen Âge, Grillemont désignait une tour de guet palissadée ; un poste ou une tourelle avancée armée, peut-être, d’une enceinte sommaire. De telles structures n’avaient rien des forteresses de pierre : elles étaient de bois, parfois simplement de terre et de pieux, mais leur rôle était vital.
Car la vallée de la Rance n’était pas laissée sans surveillance. Tout un réseau de ces vigies, placées sur les hauteurs, fonctionnait en paires triangulées : un poste sur la rive orientale, son répondant sur la rive occidentale, de façon à couvrir les axes de circulation et à se répondre visuellement.
Ainsi, d’un signal de feu ou de corne, l’alerte pouvait franchir les collines et atteindre rapidement Dinan ou Léhon.
Et tel fut le rôle dans le passé très ancien des tours de vigie véritables phares de surveillance.
Dans ce système, Grillemont aurait été l’un de ces points de guet, œil ouvert sur la vallée. Et son nom seul a survécu : les palissades ont disparu depuis des siècles, mais la mémoire est restée, figée dans la toponymie.
Ce qui frappe, c’est cette fidélité des mots : Grillemont n’est pas qu’un lieu, c’est le témoin discret d’un âge où les seigneurs assuraient la défense par des tours de bois, autant de sentinelles silencieuses d’une Bretagne encore instable.
Lorsque seront énumérées vers 1778 les parcelles de terres s’étirant autour de Grillemont, parcelles relevant toute du bailliage de Brassu, sera nommé « le Vaux du Far de Mélie. Cette parcelle étire toujours aujourd’hui son étendue au pied du logis premier de Grillemont regardant le méandre de la Courbure en le surplombant. Doit-on lire dans cette appellation « le Val du phare du milieu » ?
En vérité le sens de Melie était une forme ancienne du mot milieu.
Aujourd’hui, à Grillemont, il ne reste plus rien de ces structures fragiles en dehors, peut-être de ce souvenir très ancien. Mais chaque fois que l’on prononce le nom de Grillemont, c’est comme si l’on faisait revivre l’ombre d’une tour oubliée, dressée contre le ciel, surveillant la Rance et ses vallées.

sieur de Vildé et de Landeboulou, procureur, greffier en chef au présidial de Dinan, avocat du roi à Dinan. Denise est alors la soeur de Macé Marot du Cheminneuf, procureur fiscal du prieuré du Pont à Dinan, en Lanvallay.
Derrière eux le vieux pigeonnier qui veille encore, aujourd’hui, sur la mémoire des terres partagées.
Une vente… de famille à famille
Landeboulou et l’apparition de Grillemont
→ Avant 1478. La métairie noble de Landeboulou appartient à l’écuyer François de Yvette (le François de Yvette qui fut le secrétaire du roi ?).
→ Avant 1478. Jehan Burgalle est qualifié d’« homme de bas état », c’est-à-dire de roturier soumis au fouage. Cette condition n’implique cependant nullement la pauvreté : il dispose des moyens nécessaires pour acquérir de l’écuyer François de Ivette la métairie noble de Landeboulou et sa maison, auxquelles il ajoutera encore plusieurs journaux de terre. À son tour, Jehan Burgalle devient ainsi l’un des acteurs de l’histoire de Landeboulou et un nouveau maillon dans la transmission de son ancien manoir.
→ En 1478. Les héritiers de Jehan Burgalle possèdent la métairie et maison nobles de Landeboulou, bien hier de l’écuyer de Yvette.
→1533. 50 années après nous avons Jehan 1er Guitton, de la maison noble de l’Echapt en Léhon ; il est dit « sieur de Landeboulou ». Né vers 1500 nous pouvons logiquement penser qu’il acquit Landeboulou par acquêt depuis ces mêmes héritiers.
→1590. Jehan II Guitton, fils ou petit-fils probable du précédent. Il est dit aussi « sieur de Landeboulou ». Né vers 1530 ou 1560 (selon qu’il soit le fils ou le petit-fils).
→19/12/1596. Guillaume Legaut, époux de Denise Marot, est dit sieur de Landeboulou pour la première fois lors du baptême d’Amaury, son quatrième enfant. Le 05/07/1598 il le sera pour la deuxième fois. Le 30/03/1600, lors du baptême de Raoul, leur septième enfant, il n’est plus dit « sieur de Vildé et de Landeboulou » mais simplement de Vildé. Nés vers 1570 aucun de leurs enfants ne transmettra la Landeboulou (ils semble devoir vendre la Landeboulou à Nicolas 1er Lerenec, entre 1598 et 1600).
→30/11/1614. Nicolas 1er Lerenec, notaire royal à Dinan et époux de Bertranne Roumain, est dit sieur de Landeboulou lors du baptême de Françoise, leur fille. Nés vers 1580 (oncle de Nicolas II Lerenec dit sieur de Landeboulou en 1629 lorsqu’il est cité comme étant l’Econome de l’hôpital de Dinan).
– Nicolas 1er semble devoir vendre la moitié de Landeboulou à Alain Serizay époux d’Hélène Nicolas vers 1595-1610 ; apparition alors de la terre de Grillemont. La Landeboulou sera reçue par son neveu, Nicolas II Lerenec.
→ Alain Serizay époux d’Hélène Nicolas susdits.
– Hardouine leur fille, née en 1595, sera dite le 07/02/1616 dlle de Grillemont lors d’un baptême. Elle a 21 ans.
– Jacques leur deuxième fils, frère d’Hardouine donc, né le 12/10/1601, sera dit en 1617 sieur de Grillemont aussi lors d’un baptême. Il n’a que 16 ans.
– Pierre, le premier enfant né, frère d’Hardouine et de Jacques, héritier de Grillemont, prendra pour épouse en 1632 Françoise Lerenec susdite, fille de Nicolas 1er Lerenec. Elle a alors 37 ans.
Avant les Burgalle : les Ivette de Landeboulou
Bien avant que la métairie noble de Landeboulou (celle-ci alors déjà accompagnée de sa maison) n’entre dans l’histoire des familles que nous avons déjà rencontrées, un nom apparaît : celui de François de Ivette, écuyer, qui en était possesseur avant 1473.
Cette mention, longtemps demeurée presque isolée, prend aujourd’hui une tout autre dimension. Car les Ivette — que les sources écrivent également Yvette — appartiennent à une ancienne famille noble bretonne attestée dès le XVe siècle et particulièrement liée au Bois-Hamon, en Domloup (très proche de Châteaugiron). On y rencontre notamment Pierre Ivette, secrétaire du duc de Bretagne et sieur de la Garenne, puis un autre Pierre Ivette, sieur du Bois-Hamon, anobli en 1460. À la génération suivante apparaît surtout un François Ivette, écuyer, seigneur du Bois-Hamon, de la Garenne, de Maugazon et de Benazé.
La rencontre avec notre Landeboulou est évidemment troublante.
Même prénom, même nom, même qualité d’écuyer, même Bretagne du XVe siècle : il est donc tentant de reconnaître dans ce François Ivette le propriétaire de la métairie noble de Landeboulou avant son passage aux Burgalle. Nous nous garderons pourtant de franchir le dernier pas : en l’absence, pour l’instant, d’un acte donnant au François de Landeboulou sa titulature complète, l’identification demeure une hypothèse.
Mais elle est une hypothèse suffisamment forte pour ouvrir une piste nouvelle.
Car les Ivette du Bois-Hamon n’appartiennent nullement à une noblesse obscure et confinée à une seule paroisse. Ils apparaissent dans l’entourage du pouvoir ducal et leurs alliances les mettent en relation avec d’autres lignages de la noblesse bretonne. Leur présence éventuelle à Landeboulou replacerait donc cette métairie dans un réseau foncier beaucoup plus vaste que celui de la seule histoire locale.
Et c’est peut-être là le plus intéressant.
Avant les Burgalle, avant les propriétaires qui conduiront progressivement notre récit jusqu’à Grillemont, Landeboulou appartenait déjà à un monde dans lequel la terre circulait entre familles, accompagnée de droits, d’alliances et de positions sociales. Derrière la simple formule « métairie noble » se devine ainsi une histoire beaucoup plus ancienne.
François de Ivette en constitue aujourd’hui le premier visage connu.
Reste désormais à retrouver le document qui permettra peut-être de faire tomber le conditionnel et de savoir si l’écuyer de Landeboulou et le François Ivette du Bois-Hamon ne furent, en vérité, qu’un seul et même homme.

1601. Landeboulou – Grillemont
Donc Grillemont semble devoir être un détachement de Landeboulou.
À la fin du XVIᵉ siècle, la terre noble de Landeboulou se partage en effet.
Guillaume Legault, procureur et greffier au Présidial de Dinan, et son épouse Denise Marot — sœur du procureur fiscal Macé Marot, propriétaire à la Magdelaine au pont à Dinan— en possèdent la seigneurie.
Mais un lien discret va orienter le destin de ces terres : Denise Marot est l’une des petites cousines d’Alain Serizay, concepteur du tout premier pavillon de Grillemont.
Serait-ce ce cousinage qui aurait facilité la vente d’une moitié de Landeboulou au sieur Serizay, avant 1601 ?
Ainsi, par une transaction « intra-familiale », Landeboulou originelle aurait été scindée en eux ?
Ainsi d’un côté, à nord, fut assis le manoir Legault/Marot/Lerenec ; et de l’autre, à midi, fut assis la partie Serizay où s’élèvera aussitôt le pavillon premier de Grillemont.
Et pourtant !
Il y eu en effet les sieurs Nicolas Lerenec de Landeboulou alliés aux Serizay, aux Legault, aux Marot etc. Il est donc possible, en effet, que Landeboulou fut vendue dans l’une de ses deux moitiés par Nicolas 1er Lerenec à Alain Serizay époux d’Hélène Nicolas tous deux susdits.
Les voies du Destin souvent sont impénétrables.
Et Landeboulou est un exemple frappant de ces transmissions où les liens de sang, qu’ils aient été directs ou indirects, ouvrèrent la voie aux nouvelles demeures, nobles quelques fois.

Ecartelé : aux 1 et 4, d’azur, à une fleur de lis d’argent. accompagnés. de 3 roses d’or ; aux 2 et 3, d’argent. à 3 guidons de gueules
Dans la seconde moitié du XVI siècle les Serizay seront implantés dans le Pays de Dinan, sur la terre des Isleaux notamment, lorsque Rolland de Serizay viendra s’établir en Bretagne sur ordre de Charles VIII.
Originaire d’Anjou une branche Serizay s’établira à la fin du XVI siècle en la paroisse du Lion d’Angers, proche d’Angers donc. Ils y posséderont aussi des droits seigneuriaux.
Mais la « souche Cerizay/Serizay, au XIII siècle, se fera au travers de Jan de Cerizay dit « armiger » dans un acte de fondation faite par son fils Pierre, alors le seigneur héréditaire de la terre de son nom.
Jan, armiger, nait vers 1270. Cerizay est une ancienne terre paroissiale seigneuriale assise à 6 lieues de Cholet environ, proche aussi de Thouars.
Le Guidon.
En science héraldique le « guidon », à l’inverse de la bannière, est :
– plus mobile
– plus militaire et pratique
– plus étroit et flottant
De fait c’est une enseigne de combat légère et mobile flottant à la pointe de cavalier ou près d’un capitaine de compagnie.
Le « guidon » impose de fait, pour les « de Serizay », un passé militaire certain.
La fleur de Lys.
Outre le caractère religieux et moral, que pouvait revêtir la fleur de Lys, celle-ci représentait aussi, ou surtout, l’ambition personnelle et politique au sein d’une même ascendance. La Rose ne serait là que pour mettre en valeur la fleur de Lys tout comme le camaïeux, dans l’art du vitrail, est là pour mettre en valeur la scène représentée.

RDC
Plan appartenant à monsieur Loïc-René Vilbert, bibliothécaire honoraire de la ville de Dinan. Ce plan fut acquis dernièrement par celui-ci, chez un libraire angevin.
Plan dessiné AVANT 1795.
Ce plan d’agrandissement fut réalisé avant 1795/1800 puisque côté en pieds et en pouces.
Ces unités métriques seront en effet abandonnées en 1795 et remplacées dès 1800, par obligation, par notre actuel système métrique.
Ce plan démontre à lui seul que Grillemont fut modifié très grandement par plusieurs campagnes de travaux modificatifs et d’agrandissements (hormis sa réalisation première Grillemont compte au minima 3 campagnes de grands travaux).
Ce plan montre très clairement la présence de deux logis presque distincts (pavillon et premier agrandissement), tous deux représentés donc existant avant 1795.
A savoir :
– Le pavillon ou logis premier, celui-ci apparaissant dès le lendemain de 1590. Celui-ci montre, aspectées vers occident, deux tourelles non d’escaliers mais de pièces de rangement ou autre ; leur diamètre intérieur est en effet d’environ 190/200 cm. Elles sont d’architectures différentes tant dans leurs fûts respectifs que dans leurs ouvertures/fenêtres (petites fenêtres d’ouvertures pour l’une et minuscules fenêtres fixes, du type défensive/meurtrière, pour l’autre). L’épaisseur des murs est de 80 cm le mur sud ayant une épaisseur de 90 cm.
Celle de nord, ici à droite, semble en effet être beaucoup plus ancienne que sa sœur jumelle lui faisant face, à midi. Il nous faut peut-être voire, en celle-ci, une ancienne tour de gué sa sœur ayant été édifiée très certainement avec le pavillon/logis.
Au premier étage, dans la tourelle de droite, la plus ancienne, était les toilettes du premier étage de ce pavillon la sortie se faisant dans la ravine descendant dans la courbure de la rivière.
Cet ensemble fut probablement construit à la demande d’Alain Serizay, époux d’Hélène Nicolas, tous eux père et mère notamment d’Hardouine nommée le 15/12/1595. Hardouine, alors âgée de 19 ans en 1616, sera en effet DITE Dlle de Grillemont lorsque qu’elle sera choisie pour marraine au baptême d’Hardouine Allot.
Pierre son frère ainé, héritier de Grillemont, sera baptisé le 04/03/1591.
– Un deuxième logis beaucoup plus moderne, de style classique naissant, construit probablement en la seconde moitié du XVIII siècle. Il est en fait le tout premier agrandissement apporté au pavillon/logis premier. Et sur ce plan il est nommé « la Salle de Compagnie« . Et par la logique de la chronologie il semble avoir été fait à la demande de Pierre-Jean Serizay époux de Marie Jonché, vers 1740 ; Pierre-Jean voit en effet le jour au lendemain de 1701 son père, François-Hyacinthe, décédant le 16/02/1728.
– Plus tard à nord, mais avant 1811 puisque représenté sur le plan cadastral napoléonien, associé à midi au même premier grand agrandissement, sera réalisé un second grand agrandissement afin de recevoir :
➡un grand escalier,
➡ une grande salle à manger,
➡ une cuisine,
➡ et une laiterie (y compris effectivement une arrière-cuisine/laiterie. La présence de cette dernière tant t’elle à assoir ici même, à Grillemont, la présence d’une petite exploitation laitière ou bien simplement la réalisation de produits laitiers à consommation personnelle ?).
Les parties grisées sont les parties alors déjà existantes les parties orangées étant le second agrandissement prévu. Nous voyons très bien sur ce plan que le premier agrandissement était entièrement désolidarisé du dit pavillon/logis premier. De fait les réunissait, l’un à l’autre, une tour d’escalier édifiée à l’extérieure. Cette tour d’escalier perdra en vérité toute utilité avec l’apparition, à nord du pavillon/logis, à l’emplacement d’un ancien grand corps de dépendance alors déjà disparu, d’un petit agrandissement celui-ci recevant, dans son propre embat, la susdite arrière-cuisine/Laiterie. Et au lendemain de la destruction de la tour d’escalier la chambre de Pierre-Clément Serizay et de Marie-Magdeleine Gardin de la Chenaye son épouse, pièce assise juste au dessus du RDC du pavillon/logis premier, sera désormais desservie par le nouvel grand escalier.

Même plan.
Dessinée en pointillés, au centre et à gauche, voici l’ancienne grande tour d’escalier extérieure à noyau, tour aussi cylindrique, assise entre le pavillon/logis et le premier agrandissement. Elle servait toujours à desservir, avant 1798/1800, l’étage et le comble du pavillon/logis.
Servait t’elle alors également à desservir l’étage du tout premier agrandissement réalisé au xvii siècle ?
Non semble t’il.
Cet escalier au midi, légèrement plus grand que chacune des deux tourelles, semble devoir être postérieur au pavillon/logis puisqu’il ne semble pas y avoir eu une quatrième tourelle lui ayant fait face, à nord. Cependant il semble devoir être antérieur au même premier agrandissement puisqu’il est excentré par rapport à celui-ci et que l‘encrage ouest du pignon nord de cet agrandissement se fait dans l’épaisseur même de cet escalier à noyau.
Cette tour d’escalier, aujourd’hui disparue, était desservie depuis le RDC du pavillon/logis, celui-ci nouvel « office » au lendemain de 1795/1800 ; son accès intérieur le desservant sera probablement transformé au lendemain de sa disparition en une grande porte-fenêtre laquelle fut depuis comblée. A la base de cet escalier à noyau, probablement lors ou au lendemain de sa destruction, sera réalisée à l’extérieur une porte d’ouverture pour desservir la nouvelle cave située sous le nouvel agrandissement assis à nord. Cette seconde cave ne s’étendra que sous le nouveau grand escalier/entrée-vestibule et sous la nouvelle salle à manger la cuisine n’ayant jamais eu de dessous. Dans la continuité de ces mêmes travaux cette porte donnera de fait aussi accès à la grande cave assise sous le premier agrandissement.
Dans le susdit nouvel office, soit dans le RDC du pavillon/logis, et dans le retour d’angle gauche de l’ancienne porte ayant desservie le dit escalier à noyau, sera réalisée une porte pour desservir, depuis l’intérieur donc, la nouvelle cave.
Au dessus de cette même porte, à l’étage supérieur, donnant dans le nouveau grand escalier, sera réalisée une porte pour desservir l’unique pièce du premier étage du pavillon/logis ; celle-ci était alors la chambre à coucher personnelle de monsieur et de madame de Serizay.
Dans le même office, dans l’angle HAUT orient/nord, seront réalisées au dessus d’un nouvel escalier deux portes d’accès. A savoir une porte à orient pour ouvrir l’accès à la nouvelle salle à manger, et une porte à nord pour desservir la cuisine ET l’arrière cuisine/laiterie.
A la gauche de la cheminée Armoriée aux Armes des Serizay sera ouverte une porte pour desservir la cave assise sous la susdite l’arrière/cuisine/laiterie. Pourquoi ne fut t’-il point réalisée de cave sous la nouvelle cuisine ?
La cuisine, desservant aussi la salle à manger, était desservie, à midi/orient par une porte d’entrée ouverte sur la grande cour par un escalier de quatre marche (la grande cour sera plus tard surélevée, de quelques 60/70 cm, entrainant de ce fait dans l’oubli ce même escalier ainsi que le grand escalier ouvrant l’intérieur de l’entrée/vestibule).
Ce que signifie laiterie à cette époque.
Dans une demeure comme le château de Grillemont, une laiterie n’est pas simplement un endroit où l’on entrepose le lait.
Mais c’est une pièce spécialisée, destinée à tout le travail des produits laitiers.
– faire reposer et rafraichir le lait
– écrémer
– fabriquer le beurre et parfois les fromages frais
– conserver ces produits dans de bonnes conditions.
Pourquoi une pièce spécifique ?
Le lait est un produit extrêmement fragile. Il exige
– de la fraicheur constante
– une bonne aération
– une propreté irréprochable
– peu de lumière directe souvent orienté à nord et semi enterré.
Un détail qui en dit peut-être long.
Le fait d’avoir une laiterie intégrée au bâti principal, et non pas dans une indépendance, peut suggérer :
– une certain niveau de confort et de raffinement
– une volonté de maitriser la qualité des produits servis
– Peut-être même une dimension esthétique certaines laiterie, au XVIII siècle, devenant ainsi presque des pièces « agréables, voire même décorées.
Finalement, pour Grillemont, on pourrait presque penser que l’emplacement de la laiterie fut très intelligemment choisi.
Il est vrai qu’il y avait un escalier menant à un petit appartement haut. Cette laiterie est aujourd’hui un magnifique petit salon donnant toujours sur le susdit office.
Avant 1790.
Transformation du RDC du logis premier en un office.
A la fin du XVIII siècle , dans le vocabulaire domestique, surtout dans les maisons bourgeoises ou aristocratiques, le terme « office » ne designe pas la cuisine elle-même, mais une pièce annexe dédiée au service et à la préparation des repas.
Concrètement, l’office est un espace intermédiaire entre la cuisine et la salle à manger.
On y trouvait généralement :
– La vaisselle
– l’argenterie
– le linge de table
– et parfois des plats prêts à être dressés.
Son rôle précis est donc :
– de dresser les plats avant de les servir
– d’organiser le service (mettre en place les assiettes, couverts, etc.)
– de stoker et entretenir tout ce qui concerne le service de table.
La cuisine est le lieu de cuisson, chaleur, fumée, travail lourd.
L’office est le lieu propre, ordonné, réservé au service et à la finition. Mais dans les grandes maisons il pouvait même y avoir plusieurs offices certains dédiés à la bouche (l’alimentation) lorsque d’autres l’étaient à la vaisselle.
Dans le cas de Grillemont cela semble devoir correspondre à une réorganisation fonctionnelle du moment telle qu’on la pratique alors à l’époque néoclassique. Quand le logis primitive dans sa pièce de réception est transformé en office, cela veut dire qu’il change complétement de statut :
Il cesse d’être un espace d’habitation noble
Il devient un espace de service structuré, directement lié à la cuisine. Autrement dit : c’est le centre logistique du service, pas un simple débarras.
Finalement dans cette logique très XVIII siècle :
– on hiérarchise les espaces
– on cache le travail
– on fluidifie le service.
Ainsi ce plan démontre une transformation révélatrice. Et le fait qu’un ancien logis devienne un office montre bien : le passage d’une maison de campagne encore simple (XVII siècle) ➡ à une résidence organisée pour la représentation sociale (XVIII siècle).
En vérité on passe ainsi d’un lieu où l’on vit à un lieu où l’on reçoit avec mise en scène.

La façade du château était alors entièrement recouverte par un enduit (Monsieur Aimé et son épouse, Yvonne Le Fer de la Gervinais, feront déposer les enduits très abimés ; ainsi les pierres seront de nouveau mises à nue).
Cet agrandissement, néoclassique dans sa partie haute, sera réalisé en trois opérations distinctes : la première vers 1740 ; la seconde vers 1780-90, mais avant 1811 ; et la troisième (le surélèvement mansardé) vers 1850-60.
Seront ainsi commanditaires de ces travaux par ordre d’apparition : noble homme Pierre-Jean Serizay époux de Marie Jonché, puis Pierre-Clément Serizay qui épouse Marie-Magdeleine Gardin de la Chenaye en 1786, son fils, et enfin Pierre-Louis Serizay qui épouse en 1848 Caroline Guerin, petit-fils du précédent. Toutefois les travaux de cette dernière tranche seront très probablement terminés au lendemain de 1875 par Clémentine Urvoit de Saint-Mirel, cousine de Pierre-Louis, et son époux Hippolyte-Marie Le Fer de la Gervinais tous deux possesseurs des Armoiries hautes présentes dans le frontispice. Le patronyme Cerizay-Serizay remonte par les actes écrits à la fin du XIII siècle, en Anjou. ,

Les Armoiries Le Fer de la Gervinais/Urvoit de Saint-Mirel comme elles se présentent aujourd’hui.
Petit rappel : Commencée au lendemain de1840-50 eu lieu la quatrième et toute dernière tranche des travaux d’agrandissement de Grillemont ; ils concerneront la surélévation de l’ensemble et l’agencement des mansardes. Toutefois ces mêmes derniers travaux seront terminés qu’au lendemain de 1875 par Clémentine Urvoit de Saint-Mirel et son époux Hyppolite Le Fer de la Gervinais)
Armoiries en mi parti au fer de lance fleurdelisé et à la couronne noble sans titre portant : Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais et Clémentine Urvoit de Saint-Mirel (ces derniers, alliés à la Robe, étaient issus de Plénée-Jugon. Alliés au Lohier/Lemoine de Bourseul les Urvoy/Urvoit de Saint-Mirel apparaissent au XVII siècle. La terre de Saint-Mirel est une terre toujours existante aujourd’hui en Plénée-Jugon).
Clémentine était le fille de Clémentine Serizay et d’Adrien-Marie-Joseph Urvoit de Saint-Mirel, elle même fille de Pierre-Clément de Serizay et de Marie-Magdeleine Gardin de la Chesnaye. Clémentine et Adrien-Marie seront tous deux possesseurs de l’Hôtel de Grillemont, sis Place Saint-Sauveur de Dinan, Clémentine l’ayant reçu dans la dote de son mariage avec Adrien-Marie.
Les Armoiries de Grillemont : une lecture rectifiée
Sous la pierre usée du frontispice de Grillemont, une vérité familiale réapparaît…
En celui-ci figurent deux écus accolés.
Henri Frotier de la Messelière, en 1895, attribua l’écu de gauche aux de Saint-Pern — d’azur à dix billettes évidées d’argent, 4, 3, 2 et 1. Mais il commit ici une confusion : déjà très usées, les armoiries furent mal lues. La ressemblance entre des billettes effacées et un échiqueté en damier prêta à erreur.
En réalité, il s’agit des armes Le Fer de la Gervinais (échiqueté d’or et de gueules), associées en mi-partie à celles des Urvoy (Urvoit) de Saint-Mirel (sept molettes de sable en 3-3-1).
Certains Urvoit de Saint-Mirel furent anoblie sous la Restauration, et portaient pour nouvelles armoiries : d’azur à 3 molettes d’or.
Ces armoiries sont donc celles du couple Clémentine-Marie Urvoy de Saint-Mirel × Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais (Hyppolitr : né en1820 et décédé le 19/12/1908).
Ils vivaient à la Nourrais, en Lehon, avant de venir s’installer à Grillemont à la suite d’un échange familial réalisé avec son cousin germain, Pierre-Louis Serizay de Grillemont. Clémentine décèdera le 05/06/1905).
De fait Clémentine, fille de Clémentine Serizay de Grillemont, celle-ci unie en 1824 à Lanvallay à Adrien-Marie-Joseph Urvoy de Saint-Mirel, était la petite-fille de Pierre Clément Serizay et d’Hélène-Marie-Magdeleine Gardin de la Chesnaye seigneurs de Grillemont.
Bref. Pour faire court les susdits Clémentine-Marie Urvoy de Saint-Mirel, et Pierre Serizay, tous deux mutuels échangeurs de leur maison/château respectifs, avaient le même aïeul né Serizay de Grillemont
On distingue encore, malgré l’érosion, la trace les sept molettes du côté droit de l’écu portées en 4-3.
Le fronton armorié aurait été sculpté au lendemain de 1875 lors de la « terminaison » de la dernière campagne des travaux menés au château.
Cette confusion, née de l’erreur de Frotier de la Messelière, perdure encore : la Région Bretagne attribue toujours cet écu aux de Saint-Pern, qui pourtant n’ont jamais eu de lien ni avec Grillemont, ni avec les Serizay.

Adrien-Marie-Joseph Urvoit de Saint-Mirel : l’anoblissement du 30 mars 1816
Le 30 mars 1816, sous le règne de Louis XVIII, Adrien-Marie-Joseph Urvoit de Saint-Mirel reçoit des lettres de noblesse qui viennent modifier définitivement le statut de sa famille. Le document royal ne se contente pas de lui reconnaître personnellement une distinction puisqu’il fonde une noblesse héréditaire. Le roi Louis XVIII déclare expressément anoblir Adrien-Marie-Joseph et veut qu’il soit désormais « censé et réputé noble », avec ses enfants, sa postérité et ses descendants, « mâles et femelles, nés et à naître en légitime mariage ».
Ainsi, Adrien et ses descendants appartenant à cette noblesse peuvent dès lors prendre dans les actes la qualité d’écuyer, le texte leur accordant expressément cette qualité ainsi que « le rang et honneurs réservés à notre Noblesse ».
Il faut toutefois replacer ces mots dans leur époque. Nous sommes en 1816, et non sous l’Ancien Régime. La Restauration a rétabli la reconnaissance de la noblesse et permis au souverain de procéder à de nouveaux anoblissements, mais la Charte constitutionnelle précise que ces nobles ne retrouvent pas les anciens privilèges : le roi leur accorde des rangs et des honneurs, sans les soustraire aux charges et devoirs communs de la société. Et ces lettres accordent également à Adrien-Marie-Joseph et à sa descendance le droit de porter des armoiries timbrées. Et c’est ici que le document retrouvé devient particulièrement précieux pour l’histoire de Grillemont.
Le blason y est décrit sans ambiguïté : « D’azur à sept molettes d’argent, posées quatre et trois. » Et l’écu doit être « timbré d’un casque taré de profil, orné de ses lambrequins ».
Cette description originale permet de corriger une erreur transmise ultérieurement par Frotier de La Messelière, qui attribuait à Adrien-Marie-Joseph, à la suite de son anoblissement, des armes à trois molettes disposées 2 et 1. Les lettres royales elles-mêmes ne laissent ici aucune place au doute : elles en portent sept, disposées 4 et 3.
La modification héraldique apparaît donc beaucoup plus subtile. Les anciennes armes des Urvoit de Saint-Mirel présentaient déjà sept molettes, mais disposées 3-3-1. Les lettres de 1816 conservent les sept molettes tout en fixant une nouvelle ordonnance : 4-3.
Et cette précision nous ramène directement à Grillemont : Clémentine-Marie Urvoit de Saint-Mirel, fille d’Adrien-Marie-Joseph et future épouse d’Hippolyte-Marie Le Fer de la Gervinais, appartient bien à cette descendance expressément visée par les lettres. Lorsque ses armes sont représentées sur le frontispice de Grillemont, aux côtés de celles de son époux, nous retrouvons les sept molettes. Et malgré l’érosion de la sculpture, leur disposition paraît aujourd’hui compatible avec l’ordonnance 4-3 fixée par les lettres de 1816.
Ainsi, ce que je pensais être un retour de Clémentine aux anciennes armes familiales pourrait être exactement l’inverse : la représentation à Grillemont des armes issues de l’anoblissement de son propre père. Et il y a là quelque chose d’assez formidable : le frontispice que nous regardions depuis le commencement de notre étude pourrait avoir conservé dans sa pierre l’application presque littérale d’un document royal rédigé plusieurs décennies auparavant.
Et pour les enfants de Clémentine ?
C’est ici qu’il faut être extrêmement précis. Les mots « mâles et femelles » nous permettent d’affirmer que Clémentine elle-même est comprise dans la noblesse conférée à la descendance d’Adrien-Marie-Joseph. En revanche, je n’écrirais pas que cette seule clause permettait à Clémentine de transmettre ensuite automatiquement cette noblesse Urvoit à ses propres enfants par voie féminine. Pour établir une telle exception au principe patrilinéaire, il nous faudrait une disposition beaucoup plus explicite des lettres ou une règle juridique particulière que notre document, tel que nous le lisons, ne fournit pas. Les études sur la noblesse française du XIXᵉ siècle décrivent d’ailleurs la transmission comme essentiellement masculine.
Mais de toute façon pour Fernand-Marie, Yvonne-Marie et les autres enfants de Clémentine et Hippolyte, la question devient presque théorique.
Pourquoi cela ?
Parce qu’ils naissent d’Hippolyte-Marie Le Fer de la Gervinais, lui-même noble. Leur qualité nobiliaire leur vient donc aussi de la lignée paternelle Le Fer de la Gervinais.
Ainsi se rejoignent précisément sur le frontispice les deux histoires : à gauche, Le Fer de la Gervinais ; à droite, Urvoit de Saint-Mirel.
Et leurs enfants réunissent généalogiquement les deux lignées nobles que la pierre de Grillemont a placées côte à côte.
Mais pourquoi Adrien ?
Les lettres de noblesse du 30 mars 1816 nous apprennent, avec précision, pour quelle raison Louis XVIII entend honorer la famille Urvoit de Saint-Mirel. Le roi déclare vouloir récompenser le « dévouement à l’État et à notre personne » de Pierre-Anne-Marie Urvoit de Saint-Mirel, ancien député à l’Assemblée législative de 1791.
Mais une question demeure cependant : Pourquoi cette faveur royale fut-elle accordée à Adrien-Marie-Joseph, son « troisième et dernier fils, encore mineur » puisqu’Adrien n’était pas le seul fils survivant. Son frère Henry-Charles était encore vivant et épousera, le 6 juin 1825 à Lamballe, Élisa Le Vicomte de la Villegourio. Dès lors, le choix du cadet ne peut s’expliquer simplement par la disparition de ses frères.
Les lettres elles-mêmes, malheureusement, restent silencieuses sur ce point. Elles nous apprennent seulement que, par une ordonnance du 7 janvier 1815, Louis XVIII avait déjà accordé à Adrien la qualité de « noble homme ». Encore mineur, celui-ci sollicitera ensuite les lettres nécessaires afin de pouvoir jouir pleinement de cette faveur et d’en faire bénéficier ses descendants. Elles lui seront accordées le 30 mars 1816.
Alors pourquoi donc le troisième et dernier fils ?
Pourquoi le cadet encore mineur plutôt que son frère aîné ?
Bien sûr il serait tentant d’imaginer qu’Adrien ait été choisi précisément parce qu’il était le plus jeune, ou parce que la situation de ses frères était déjà assurée. Peut-être existait-il également une recommandation, une requête ou quelque circonstance familiale particulière aujourd’hui oubliée. Mais rien, dans les lettres que nous possédons, ne permet encore de l’affirmer.
Une chose seulement paraît certaine : le choix d’Adrien ne fut pas fortuit. Derrière la formule officielle du « dévouement » paternel se cache nécessairement l’histoire particulière d’une faveur royale dont nous ne connaissons encore qu’une partie.
Et peut-être la réponse existe-t-elle toujours.
Dans ma chambre parmi les archives de Grillemont ?
Car les papiers des Urvoit de Saint-Mirel ont suivi leurs descendants jusqu’à Grillemont. Parmi les archives familiales qui y furent conservées pourrait donc encore dormir une lettre, une requête, une recommandation ou quelque autre document capable de nous expliquer pourquoi, en janvier 1815, Louis XVIII porta son choix sur Adrien-Marie-Joseph, troisième et dernier fils de Pierre-Anne-Marie.
Une petite énigme de plus vient ainsi de rejoindre les archives de Grillemont.
Monsieur Aimé, actuel propriétaire de Grillemont et héritier de feue madame Aimé, née Le Fer de la Gervinais, descend en ligne directe de ce couple Clémentine-Marie Urvoy de Saint-Mirel × Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais.
Monsieur Aimé, à ce titre, descend également de François Le Fer, chevalier, seigneur de Beauvais, conseiller-secrétaire du Roi en la chancellerie établie près le parlement de Bretagne, puis en celle établie près la cour des aides de Clermont. Lui même descend de Bertrand Le Fer, sieur de La Saudre, né à Saint-Malo le 23/05/1594.

Echiqueté d’or et de Gueules



À Grillemont, les lionceaux portent un manifeste de la Robe.
Dans le premier logis de Grillemont subsiste une cheminée dont la sculpture pourrait sembler, au premier regard, n’être qu’un décor destiné à accompagner des armoiries.
Pourtant, lorsque l’on s’en approche et que l’on prend le temps de regarder la pierre, les détails apparaissent.
Au centre se trouvait l’écu, aujourd’hui presque entièrement effacé. De part et d’autre, deux lionceaux l’encadrent. Mais ces deux animaux ne sont pas identiques et le sculpteur leur a donné des attributs particuliers. L’un demeure relativement neutre tandis que l’autre, à droite, est ailé, la gueule ouverte et la langue sortie. Sous sa patte se développe ce qui ressemble à une écharpe terminée par des pompons ou des grelots.
Plus bas, sur les jambages supportant la cheminée, deux visages sculptés apparaissent également :
➡ l’un passif, sans expression aucune, en dessous du lionceau sans motif,
➡ l’autre, sous le lion portant moults symboles, porte une plume.
Pourquoi tous ces détails si précis confiées à cette cheminée ?
En fait c’est ici que l’observation s’arrête et que commence l’interprétation. Le maître sculpteur qui réalisa cette cheminée ne nous a laissé aucun texte expliquant son œuvre. Il ne nous reste donc que son langage de pierre.
Pour tenter de le comprendre, nous avons choisi de faire quelque chose d’à la fois très simple et profondément humain : nous placer un instant à sa place.
Non pour lui prêter arbitrairement nos propres pensées, mais pour nous demander ce que pouvaient signifier, dans la demeure d’une famille liée au monde de la justice et à la Robe, cette plume, cette parole jaillissant d’une gueule ouverte, cette étoffe accompagnée de ses pendants et ces deux animaux gardiens de l’écu.
Alors une lecture devient possible :
➡La plume pourrait être l’Écrit : celui des actes, des greffiers, des avocats et de tous ceux pour lesquels la loi commence par les mots couchés sur le papier.
➡Le lionceau ailé, langue sortie, pourrait être le Verbe : la parole qui expose, défend, requiert, juge ou proclame.
➡L’écharpe et ses pompons ou grelots pourraient renvoyer à la Robe, à cet univers judiciaire auquel appartinrent les Serizay qu’ils aient été soit « procureur », soit « avocat » ou encore soit « Président au Parlement de Bretagne » le rappel de seul passé militaire se faisant au sein même de leurs Armoiries.
➡Et l’autre lionceau, plus silencieux, placé de l’autre côté de l’écu, pourrait représenter cette permanence, cette retenue, cette neutralité de la Loi devant laquelle la parole vient se faire entendre.
Au milieu de tout cela se trouve enfin l’Homme, ou l’Ecrit, ce petit visage sculpté au-dessus duquel apparaît la plume. L’autre personnage, sans expression, serait-il la neutralité de la loi ou bien le justiciable lui-même ?
De cette lecture naît alors un véritable quadriptyque :
l’Être — l’Écrit — le Verbe — la Loi.
Est-ce exactement ce que voulut dire le maître sculpteur ?
Nous ne le saurons probablement jamais. Et c’est précisément ce qui rend cette cheminée si émouvante car interpréter une sculpture ancienne ne consiste pas seulement à reconnaître des formes :
➡ C’est tenter de retrouver l’intention humaine qui les assembla.
➡ C’est regarder la pierre d’aujourd’hui en essayant d’imaginer le regard de celui qui la travaillait hier ; suivre son ciseau, observer ses choix, puis se demander quelle pensée il désirait confier à ceux qui viendraient après lui.
Je ne prétends donc pas aujourd’hui avoir retrouvé les mots du sculpteur mais je propose d’écouter ce que ses signes semblent encore nous dire.
Et si ma lecture est juste, même partiellement, cette cheminée n’était alors pas seulement destinée à montrer les armes d’une famille. Elle constituait une véritable profession d’identité : celle d’hommes appartenant à la Robe et au monde de la justice, qui voulurent peut-être inscrire dans leur demeure les valeurs auxquelles ils associaient leur nom.
Quatre siècles ont passé. Les couleurs ont disparu, l’écu s’est effacé, les reliefs se sont usés.
➡ Mais la plume demeure.
➡ La langue demeure.
➡ Les lionceaux demeurent.
Et avec eux subsiste quelque chose de beaucoup plus fragile : la pensée d’un homme qui, un jour, lui confia à la pierre.

L’autre visage lui faisant face, assis du côté du lionceau « neutre », celui-ci représentant la neutralité de la loi. A moins qu’il représente le justiciable !


Planche dessinée probablement entre 1636 et 1730
Cette planche figure l’implantation d’une écluse et de son déversoir projetés dans le méandre de la Courbure, alors situé en Taden (ce plan fut peut-être réalisé pour le projet de monsieur Joseph Abeille lequel, en 1730, repris l’idée de réunir la Manche à l’Atlantique).
Elle présente également, avec une certaine précision, le pavillon de Grillemont accompagné de ses toutes premières dépendances.
Ce dessin est donc antérieur :
au premier agrandissement « classique » du château de Grillemont, côté cour, au XVIIIᵉ siècle ;
à la construction, à la fin du XVIIᵉ siècle, de l’agrandissement du petit pavillon sur rue ajouté à droite de l’entrée de la cour lorsque l’on y pénètre.
L’idée d’ouvrir la Bretagne intérieure à la navigation naît dès le XVIᵉ siècle, mais prend toute son importance à la fin du XVIIᵉ siècle, lorsque le règne de Louis XIV est affaibli par les blocus maritimes répétés. Au XVIIIᵉ siècle en effet, en 1730, 1746 et 1783, le projet de réunir la Manche à l’Atlantique resurgit à plusieurs reprises. Il ne sera toutefois réalisé qu’au temps du Premier Empire, afin de contrer le blocus anglais, et partiellement ouvert seulement en 1832, bien après la mort de Napoléon Ier.
L’importance de ce dessin est considérable : il atteste de la planification de l’écluse entre 1640 et 1715.
Au lendemain de 1642 — année où le port de Dinan et tout le quartier de la Magdeleine furent submergés plusieurs jours durant — l’écluse semble avoir été définitivement abandonné au lendemain de cet accident.
Enfin, on distingue, au plus près du futur déversoir, deux bâtiments : ils pourraient correspondre aux deux chapelles de la Courbure, l’ancienne déjà ruinée et la nouvelle construite en remplacement.

Le château de Grillemont possédant déjà, donnant sur la cour d’honneur, son actuelle façade classique (Le néoclassique de Grillemont n’apparaitra qu’avec le rehaussement du château, au lendemain de 1875).
La chapelle semble devoir être le tout petit RIEN unissant, ici même sur ce plan, le chemin de Landeboulou à l’entrée du château (en rouge FONCE. Elle semble avoir été remplacée au lendemain de 1811 par une nouvelle construction puisque celle-ci sera représentée sur le plan cadastral de 1844.

Aux deux fenêtres basses de la tourelle, RDC et 1er étage, on distingue toujours, à chacune de ces deux ouvertures, les puissants pitons coudés et anneaux scellés qui servaient autrefois à suspendre les grilles de défense extérieures. »
« Ce mode d’accrochage des grilles, hérité des techniques médiévales, demeure encore largement employé aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les architectures seigneuriales et défensives. »

Le petit pavillon originel à tourelles.
Ses tourelles regardent la Rance s’écoulant à occident. Là, face à vous, au derrière ‘un buisson, est l’ancienne entrée du logis aspectée vers midi. A la droite immédiate de la porte est donc l’ancienne grande fenêtre ayant hier éclairée la pièce d’apparat; aujourd’hui elle est en effet entièrement rebouchée(Celle-ci, avant de devenir une simple grande fenêtre, fut une porte servant à desservir l’escalier extérieur menant aux étages de ce pavillon/logis. Cet escalier circulaire sera démoli entre 1795/1811 lorsque de la deuxième campagne des travaux).
A droite du pavillon/logis est le tout premier agrandissement réalisé vers/autour 1750, il me semble. Il est possible toutefois que celui-ci eu lieu avant 1750, vers 1740.
Le pavillon possède trois niveaux, dont un en comble ; il est posé sur une assise de 6×5 mètres. Ses murs ont une épaisseur de 80 centimètres sauf le mur de refend de droite, à orient, qui contient une épaisseur de 90 centimètres (le mur s’ouvrant sur la salle à manger et sur la cuisine).
Assises au bord de la ravine le passage d’une tourelle à l’autre n’est pas possible. La tourelle assise à midi, celle-ci devant nous, long cylindre régulier sans base évasée aucune, possède un double jambage dont l’un est toute hauteur lorsque l’autre est à mi-hauteur seulement. Ce double appuis sera déjà représenté sur le plan cadastral de 1844.
Les tourelles furent de tout temps un ensemble de 2 petites pièces superposées indépendantes l’une de l’autre ; leur dernier niveau, dont les couronnes, furent reprises au lendemain de 1875, est assis sous la charpente. De fait il est un tout petit grenier sous toiture en chacune d’elles.
Chaque tourelle possède un diamètre intérieur de 2 mètres environ.
Le Pavillon.
Deux tours, une histoire : à Grillemont, le pavillon originel révèle ses fausses jumelles.
Adossé à occident au rebord de la ravine et tourné vers la Rance, le logis premier de Grillemont, construit au lendemain de 1600, constitue le noyau autour duquel se sont greffées toutes les évolutions postérieures.
De dimensions modestes — environ 6 × 5 mètres en œuvre, soit la surface moyenne d’un manoir de campagne résidentiel au XVIIᵉ siècle — il s’élève sur trois niveaux, dont un comble, et possède des murs massifs de 0,80 mètre d’épaisseur, atteignant jusqu’à 0,90 mètre pour le refend assis à orient et au midi, preuve de son rôle hier porteur.
Les deux tourelles du pavillon : faux jumelles, vraies sœurs d’histoire.
Deux tourelles cylindriques encadrent le pavillon. Indépendantes l’une de l’autre, elles ne sont reliées par aucun chemin de ronde ; elles composent ainsi deux postes distincts.
Si la silhouette actuelle laisse croire à deux tourelles jumelles, leur observation attentive révèle au contraire deux histoires différentes.
La première, située au midi, est un fût tubulaire régulier, sans aucune base conique. Ses percements, les crochets gonds de grilles toujours visibles et les corbelets d’appui d’embrasure renvoient clairement au vocabulaire du XVIIᵉ siècle. Elle possède également des fenêtres d’éclairement à un seul ouvrant. Elle fut presque certainement construite avec le pavillon lui-même, au lendemain de 1600, comme élément résidentiel avant même d’être défensif adapté à son temps. Il fallait bien avoir le « pendant » à celle déjà existante.
Elle sera étayée avant 1844 par deux renforts d’épaulement jumelés l’un s’arrêtant à mi-hauteur l’autre allant jusque sous la toiture ; ces épaulements viennent s’appuyer sur le haut mur clôturant à occident la propriété.
La seconde, au nord-ouest, trahit en effet une origine bien plus ancienne : sa base conique, évasée comme un entonnoir, porte l’épaisseur de ses murs à près d’un mètre soixante au sol. Soit le double de son fût.
Ses ouvertures étroites, réduites à de simples jours de guet, la rapprochent davantage des vigies ou petites tours médiévales que des aménagements du Grand Siècle.
Les Grandes lumières n’allaient pas tarder à naitre.
Il est donc vraisemblable que cette tour soit un vestige réemployé, intégré dans le programme du pavillon comme témoin d’un état antérieur.
Toutes deux furent cependant « unifiées » dans leur partie haute lors du grand chantier du XIXᵉ siècle. Vers 1872, avec l’élévation du dernier niveau de l’agrandissement, on reprit leurs couronnes supérieures pour leur donner une homogénéité de silhouette : mêmes corbelets architecturaux, mêmes gerbières hautes, mêmes lignes de toiture. Ce choix, dicté par l’esthétique paysagère, a masqué leur différence originelle, donnant l’illusion de deux sœurs jumelles.
En vérité, elles sont deux sœurs d’histoire : l’une née de la tradition médiévale, l’autre fille du pavillon classique, réunies au XIXᵉ dans une même parure.
La salle d’apparat et ses ornements
L’accès principal extérieur, s’ouvrant à midi, se faisait depuis le parc s’étirant à sud. Cette grande porte d’entrée, placée à la gauche d’une ancienne grande fenêtre dorénavant obstruée (celle-ci fut avant, je le rappelle, une porte donnant accès à une tour d’escalier desservant les étages de ce pavillon), ouvrait sur une vaste pièce d’apparat éclairée par une belle fenêtre tournée vers l’occident. Cette pièce, hier d’apparat ou principale, est devenue depuis les agrandissements successifs apportés au logis premier qu’une simple annexe de l’ensemble ; elle dessert notamment et les caves et la chaufferie moderne.
Elle est toujours aujourd’hui éclairée par cette fenêtre protégée aspectée à occident ; par son ouvrant elle regarde la Rance s’écoulant en contre-bas.
Cette salle hier, aux murs appareillés, constituait le cœur noble du logis premier. Elle contient toujours à nord une cheminée presque monumentale aux armoiries sculptées ; elle est soutenue par deux jambages ornementés de figures — dont les lionceaux porteurs d’un manifeste de la Robe.
Au sol, des briques pleines posées à chant et scellées au plomb rappellent une tradition d’appareil soigné et durable : ces joints de plomb avaient pour fonction d’empêcher les remontées d’humidité.
Les transformations du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle
Exécuté au lendemain de 1795/1800, et réalisé en contrebas par rapport au sol du pavillon, un encaissement de 30 centimètres environ permit d’exécuter, sous le deuxième agrandissement susdit, une nouvelle cave assise et sous la nouvelle grande entrée et sous la dite salle à manger. Présente à nord de la grande cave toutes deux sont reliées l’une à l’autre (la nouvelle cave toutefois ne fut pas prolongée sous la nouvelle cuisine. A l’inverse, sous la « décharge/arrière cuisine-laiterie », celle-ci assise à nord du pavillon/logis, et à occident de la nouvelle cuisine, fut réalisée une troisième petit cave).
Le pavillon de tout temps reposa sur un plain-pied ; aspecté à l’occident combien de bateaux passèrent hier sous son seul regard !
À l’arrière nord du pavillon, derrière la cheminée, une petite aile en effet fut ajoutée peu après 1795/1800, mais avant 1811 dans tous les cas. Édifiée sur la dite troisième cave, celle-ci donc de plain-pied par rapport au RDC du pavillon/logis, petite cave abritant aujourd’hui la chaufferie du château, elle offre de nos jours au premier étage (rez-de-chaussée par rapport à la cour) un petit salon et celui-ci possède un petit escalier menant à ses propres pièces hautes (cet actuel petit salon de fait est l’ancienne décharge-cuisine/laiterie).
Ce dispositif montre encore aujourd’hui la superposition fonctionnelle entre services (chaufferie et cave) et espaces résidentiels (salons et pièces privatives).
Au fil des siècles le pavillon/logis fut absorbé. Un second agrandissement, commencé peut-être aux alentours de 1750, fut donc adossé et à nord et à orient du pavillon ; celui ouvrit de nouvelles communications. Ainsi une porte dans le refend sud permet toujours aujourd’hui de rejoindre l’ancienne salle à manger, de nos jours bibliothèque ; une autre porte donne toujours accès et à la cuisine et à la dite ancienne arrière-cuisine/laiterie .
Enfin la quatrième tranche de travaux, la dernière phase de grande transformation du XIXᵉ siècle, terminée au lendemain de 1872, suréleva les combles, introduisit des lucarnes et le fronton armorié. Le pavillon aux XVII et XVIII siècle passera ainsi du statut d’un ancien petit manoir type « fortifié » à celui de château néoclassique accompli au gout du jour.
De fait ce grand volume de pierre, avec ses tourelles jumelles, son ancienne salle d’apparat et ses deux annexes néo-gothiques, concentre encore de nos jours toute l’histoire de Grillemont : à savoir celle d’un noble logis de campagne devenu château.
D’une architecture à la fois modeste mais ambitieuse dès ses premières heures, il fut sans cesse transformé, chaque ajout métamorphosant le pavillon premier sans jamais en effacer la trace originelle.
De fait ce pavillon est un véritable palimpseste de pierre. Ainsi deux tours qu’on croyait jumelles et qui, en vérité, racontent deux époques différentes…
C’est dans ces détails, souvent invisibles au premier regard, que l’Histoire se cache encore aujourd’hui.
L’Histoire toujours nous sourira.

A l’inverse de sa tour jumelle elle n’est pas un fût cylindrique mais un cylindre conique assis sur une base forte et élargie. 0.80 mètre pour le mur circulaire / 1.60 mètre pour la base évasée la plus basse.
L’ouverte haute, sous toiture, a été réalisée au milieu du XIX siècle, vers 1850, lorsque sera réalisée la toute dernière tranche des grands travaux menés à Grillemont.
A sa gauche immédiate ce dresse l’ancienne décharge de cuisine/laiterie de 14/11 pieds édifiée au lendemain de 1785/1800, mais avant 1811.
Aujourd’hui c’est un petit salon s’ouvrant depuis la cuisine et l’ancien office.
Pour la grille de défense le système de suspension par pitons coudés et anneaux scellés correspond à une technique traditionnelle demeurée en usage bien après l’Ancien Régime, notamment dans les dépendances rurales et seigneuriales. » Et ici en ce mur cette grille ancienne n’implique donc pas un réemploi.

Les fenêtres, XIX siècle, semblent devoir être le résultat de la toute dernière compagne des travaux menée au lendemain de 1875 par Clémentine Urvoit de Saint-Mirel et Hippolite Le fer de la Gervinais.
❖ Les ouvertures du mur occidental : témoins d’une reprise tardive du logis primitif ❖
Le mur occidental de Grillemont, tourné vers la vallée de la Rance et reliant les deux tourelles du logis premier, appartient très probablement à l’état originel du château édifié au lendemain de 1600. Pourtant, les ouvertures visibles aujourd’hui sur cette façade semblent difficilement pouvoir être attribuées intégralement à cette première campagne de construction.
En effet, plusieurs éléments architecturaux interpellent immédiatement. Les fenêtres actuelles présentent une lecture relativement moderne : grandes baies rectangulaires, percements réguliers, recherche de lumière et de confort, absence de véritables caractères défensifs ou encore disparition de l’esprit plus fermé que l’on attendrait d’un logis du tout début du XVIIe siècle encore étroitement associé à une ancienne tour de vigie tournée vers la Rance.
Cette impression contraste fortement avec le caractère archaïque des deux tourelles elles-mêmes, et plus particulièrement avec la tour nord dont la base conique et les simples meurtrières semblent conserver le souvenir d’un ouvrage bien antérieur au logis qui vint plus tard s’y adosser.
L’histoire architecturale de Grillemont permet cependant d’éclairer cette apparente contradiction.
Le château connut en réalité plusieurs grandes campagnes de transformation successives. Le XVIIIe siècle vit d’abord l’édification d’une aile à orient et à midi, transformant progressivement l’ancien logis tourné vers la rivière en une demeure davantage organisée autour de sa cour intérieure. Puis, entre 1790 et 1811, une nouvelle extension vint encore prolonger cette aile orientale par la création d’une salle à manger, d’une cuisine et d’une laiterie, accentuant davantage encore cette mutation résidentielle.
Et c’est la grande campagne de travaux menée au lendemain de 1850 qui terminera de modifier profondément l’aspect du vieux logis occidental. Cette dernière entraîna la surélévation des toitures afin d’aménager les combles en véritables espaces habitables. Le fronton néoclassique, les corbelets de pierre courant sous toiture ainsi que les reprises visibles dans la partie haute des deux tours témoignent encore aujourd’hui de cette importante modernisation.
Le vieux logis, devenu entre temps en sa cour un véritable chateau à l’architecture classique, atteint ainsi le haut rang de l’architecture néoclassique.
Cette même campagne semble également avoir touché les anciennes ouvertures du mur occidental. Les fenêtres actuelles pourraient ainsi résulter :
— d’un agrandissement de percements plus anciens ;
— d’une régularisation des baies ;
— voire de véritables repercements destinés à apporter davantage de lumière et de confort aux nouveaux espaces réorganisés au XIXe siècle.
Ainsi, loin d’être incohérentes, ces ouvertures « presque modernes » apparaissent finalement comme l’aboutissement logique de l’évolution progressive de Grillemont : celle d’un ancien logis semi-défensif du début du XVIIe siècle devenu, au fil des générations, un véritable château résidentiel adapté aux goûts et aux usages du XIXe siècle.


Relire l’un des plans ci-dessus.
Sur ce dessin la représentation du pavillon/logis a dû être influencée très certainement par l’interprétation personnelle du dessinateur lui-même.
Toujours est-il qu’il implante, adossé au nord et à orient du pavillon/logis, un long corps de bâtiment, peut-être dépendances.
A orient, en début de cour, au centre et à midi, sont les deux bâtiments premiers non attachés au logis premier. Celui au sud comprenait la petit chapelle de Grillemont celle-ci comprenant alors sa propre petite porte réalisée dans le pourpris.
Origine de propriété
Guillaume Serizay x Françoise Deserville (ou de Serville)
– Sieur de Ruzy.
– Sieur de Grandschamps en Dinan.
– Nés vers 1540.
→ Alain Serizay x Hélène Nicolas
– Sieur de Grandschamps.
– Division de Landeboulou
– Vente de Landeboulou Nicolas 1er Lerenec/Alain Serizay.
– Apparition de Grillemont vers 1590.
– Fille de Pierre Nicolas du Gislau (Pleudihen/Lanvallay) x
Hardouine Hamon. (Greffier au Présidial de Dinan).
– Avocat au Parlement de Bretagne, à Rennes.
– Avocat au Présidial de Dinan.
– Nés vers 1560.
– Unis vers 1590.
→ Pierre Serizay x Françoise Lerenec
– Sieur de Grillemont.
– Nommé en 1591.
– Fille de Nicolas 1er Lerenec de Landeboulou susdit.
→ Hardouine Serizay
– Nommée en 1595.
– 1616. Dite Dlle de Grillemont lors d’un baptême.
→ Jacques Serizay
– Puisné.
– Dit sieur de Grillemont lors d’un baptême.
– Né au lendemain de 1595.
En ses premières heures, simple « manoir de campagne », le château de Grillemont, surplombant la Rance, apparaît dès le commencement du XVIIᵉ siècle, entre 1600 et 1616 je pense. Et ce n’est alors qu’un « noble logis de campagne possédant tourelles ».
Au lendemain de 1640, mais avant 1715 semble t-il, ce pavillon/logis est agrandi une première fois par l’apparition, assis au nord et à orient de son pignon, d’un nouvel édifice. Cet agrandissement, probable « longue dépendance, semble devoir disparaitre avant la fin du XVIII siècle comme en témoigne le plan colorisé ci-dessus, plan réalisé avant 1798/1800.
Apparaitra au lendemain de cette date, à la même place, la susdite décharge-cuisine/laiterie, aujourd’hui petit salon.
Cette maison de campagne, ou « pavillon », est probablement édifiée sur les terres originelles de Landeboulou. Peu avant son décès, le sieur Nicolas Lerenec, sieur de Landeboulou, semble diviser en deux parties distinctes la totalité de son bien, conservant pour lui, personnellement, le manoir premier. Nicolas transmettra ensuite ce même manoir, la Landeboulou, à son propre neveu, Nicolas II Lerenec.
Lors de la naissance de ce neveu Grillemont était déjà né.
Lors du baptême de son neveu, le 05/09/1612, Nicolas Lerenec est encore qualifié de « sieur de Landeboulou ». Celui-ci décédera le 31/05/1640, toujours dit « sieur de Landeboulou » dans son acte de décès. Sa fille, Françoise, n’a alors que treize ans.
👉 Lire ou relire le chapitre consacré à la Maison noble de Landeboulou.
En effet, au lendemain de 1590, Nicolas Lerenec semble devoir vendre une partie de son bien à Alain Serizay, époux d’Hélène Nicolas, Pierre étant dit en les actes écrits le citant « sieur des Grands Champs ». Cette terre était assise en Dinan, à l’extérieur de la Porte de Brest, là où sera réalisé beaucoup plus tard l’Etablissement des Petites-sœurs des Pauvres.
Le hasard — ou bien le voisinage — fera que la propre fille de Nicolas Lerenec, Françoise, pris pour époux Pierre Serizay, fils du couple Serizay/Nicolas, sieur et dame de Grandschamps.
Bien qu’aucun acte écrit le stipule Alain et Hélène, dès lors, seront probablement aussi dits « sieur et dame de Grillemont » au lendemain même de cette acquisition. La différence d’âge entre Françoise et son mari, beaucoup plus âgé, est de vingt-cinq ans. Lors du baptême d’Hardouine leur fille, sœur puisnée de Pierre nommé en 1591, enfant nommée le 16/12/1595, Allain et Helaine seront tous deux seulement dits « sieur et Dame de Grandchamps ; entre 1591 et 1595 ils ne semblent donc pas encore être entrés en la possession de Grillemont.
A l’inverse, lorsque leur fille Hardouine un jour de l’année 1616 sera choisie pour être la marraine d’Hardouine Allot, il sera dit d’elle « Hardouine Serizay damoiselle de Grillemont« .
Si Alain Serizay et Hélène Nicolas furent en effet les concepteurs du pavillon/logis de Grillemont alors celui-ci semble donc devoir apparaitre entre les dites années 1595 et 1616.
En vérité la jeune Françoise Lerenec, demoiselle de Landeboulou, femme et compagne de notre Pierre, et belle-sœur de notre Françoise n’aura qu’à traverser la rue pour aller s’unir à son aîné, pour prendre pour époux Pierre Serizay sieur de la Gastinais et de Grillemont.
La réalisation de cette grande aile/dépendances marque la première phase des travaux qui transformeront peu à peu le pavillon originel en véritable château de style classique. La façade principale du pavillon, orientée à l’ouest, fait alors face à la rivière. La toute dernière tranche de travaux semble avoir transformé tout cet ensemble en architecture néo-Classique.
Ce « noble pavillon » en sa toute première heure fut donc le bien d’un couple de nobles gens, solidement établis dans leurs charges : celui d’Alain Serizay et son épouse, Hélène Nicolas.
Il est vrai qu’ Alain Serizay était par ces dites charges Avocat au Parlement de Bretagne, à Rennes, mais aussi Avocat au Présidial de Dinan. Et il est intéressant de savoir également que, par la généalogie et par sa mère, Alain était le petit-fils de Françoise Marot ; celle-ci sera la tante de Jean Marot sieur du Cheminneuf à la Magdelaine au Pont à Dinan mais aussi la propre grand-tante de Denise Marot Dame de Landeboulou. En effet cette dernière était alors l’épouse de Guillaume Legault sieur de Vildé et de Landeboulou tous deux « possesseurs » de leurs manoirs multiples.
Finalement, tôt ou tard, il n’y a rien que l’histoire ne parvient pas à réunir.
Les Serizay au XVIᵉ siècle
Possédant armoiries et divers biens assis en Dinan les Serizay semblent avoir aussi fait souche en la paroisse de Plouër, au travers de leur terre des Isleaux. Et cela se fera via Guillaume sieur de Grandville et des Illeaux celle-ci assis en Plouër en effet. De fait Guillaume était le propre frère germain d’Alain. Sa « maison noble », déjà ancienne elle aussi, faisait alors partie du baillage de la Souhaitier, en Rigourdaine. Proche de la ferme actuelle, on distinguait encore, il y a quelques années seulement, les traces des douves de l’ancien manoir fortifié des Isleaux.
Le plus ancien Serizay cité dans les BMS et autres écrits propres à Dinan et sa région proche fut Guillaume Serizay, sieur du Ruzy et des Grandschamps. Uni à Françoise de Serville (ou Deserville) celui-ci était le propre père de nos sudits Alain et Guillaume.
Peut-être aussi sieur des Isleaux, avocat au Parlement et au Présidial de Dinan, notre Guillaume « père », né vers 1500, épousera le 03/05/1535 Françoise Marot, petite-fille de Tanguy Marot. Celui-ci, de son vivant, offrit l’une de ses terres assises intra-muros pour permettre l’édification de la future église de Saint-Malo.
La terre dite des Grandschamps se situait à la sortie du faubourg des Rouairies, là où s’élève aujourd’hui le couvent des Petites Sœurs des Pauvres :
« propre et commode pour leudict convent et église qu’ils auroient choisi et reconnu être en une pièce de terre appartenant à ladite confrérie appelée le grand clos des Ormes, située lez la ville en la paroisse de Saint-Sauveur dudit Dinan… comme elle se contient et poursuit avec ses fossés, clôtures et appartenances, joignant d’un côté à la pièce de terre des Grandschamps appartenant audit sieur des Isleaux. »
La terre des Grandschamps accueillera d’abord le couvent des Capucins de Dinan ; aujourd’hui s’y dresse effectivement le couvent des Petites Sœurs des Pauvres.
Du manoir des Isleaux subsistent encore, sur la face nord du logis principal, une petite meurtrière et une porte à double cintre surmontée d’un écusson, malheureusement très altéré. Portait-il autrefois les armes Amiot/Serizay ?
Cette terre noble est citée dès 1427, au travers de Geoffroy Amiot ; en 1472, Guillaume Amiot, sieur des Isleaux, paraît en brigantine à la montre (revue militaire) du sire de la Hunaudaye.
La terre des Isleaux fut également le bien de Mathurin de Rochefort, comme le rappelle la Réformation de 1513. Reste à savoir comment elle passa aux mains d’Amiot : par succession héréditaire ou par simple acquêt ?
Proche de Rigourdaine, le noble homme Jean Serizay, fils de Guillaume frère d’Alain, affranchit en 1609 sa terre de la rente due à cette seigneurie. En 1618, Guillaume Serizay son père, sieur donc des Isleaux, fut connétable de Dinan, charge qui se transmit plusieurs fois au sein de la famille : on retrouve ainsi son fils Jean et son petit-fils successivement à cette fonction en 1638 et 1668.
Mais la terre noble de Grillemont nous attend.
Celle-ci, avec son pavillon, est mentionnée pour la première fois dans les BMS de Lanvallay, le 07/02/1616, lors d’un baptême célébré sur les fonts baptismaux du prieuré du Pont à Dinan. Tout au long du XVIIᵉ siècle, les plus grands notables des deux paroisses de Dinan firent très souvent baptiser leurs enfants sur ces mêmes fonts.
Le pavillon premier et la famille Serizay
Ce bien noble, le pavillon premier, est donc, en la toute première heure du XVIIᵉ siècle, la propriété des susdits Alain Serizay et Hélène Nicolas, sieur et dame de Grandschamp en Dinan, puis aussi sieur et dame de Grillemont en Lanvallay.
Alain, par ses charges multiples, est avocat au Parlement de Bretagne, à Rennes, et avocat au siège présidial de Dinan.
Hélène n’a rien à envier à son époux : elle est la petite-fille de Pierre Nicolas, sieur du Gislaut en Saint-Piat, grand notable de sa charge, puisqu’il était alors greffier d’office de la Cour de Dinan.
Jehan Nicolas, père d’Hélène, prendra pour épouse Jeanne Martin, héritière de l’une des seigneuries des Champsgeraux en Évran, au travers du manoir de la Gravelle. Jeanne transmettra cette noble terre à son époux. Alloué de Dinan par sa charge, Jehan Nicolas sera conseiller du roi au siège présidial de Dinan. Celui-ci, seigneur de Clayes, sera possesseur en Dinan intramuros de l’Hostel de Clayes ; cet hôtel serait aujourd’hui assis au derrière droit de l’actuel Crédit Lyonnais, sis Place du Marchix, au fond de la petite ruelle couverte.
Nous avons ici l’exemple parfait des mariages arrangés au sein des charges alliées à la robe.
La famille Martin — celle de Jeanne — apparaît dès les premières heures du XVIᵉ siècle dans le pays de Plouër. En 1513, lors de la première Réformation de la noblesse, les Martin, seigneur et dame de Carheil, possèdent alors en Plouër la terre noble du Verger, avec les armoiries suivantes : d’azur semé de billettes d’argent, au franc-cartier de gueules chargé de trois rustres d’or.
Moult fois modifiée, la noble propriété de Grillemont fut, depuis son origine, transmise au sein d’une même lignée, celle des de Serizay. Ceux-ci prendront, un peu plus tard, le nom de Serizay de Grillemont.
👑 Monsieur Aimé, aujourd’hui propriétaire du château de Grillemont, est l’un des descendants de ces deux mêmes familles, Amiot et Serizay si union il y eu entre ces deux nobles familles.

Transformations et échanges de propriété
Au lendemain de 1635, comprenant au sud certaines dépendances — dont l’une débordait sur la rue — la grande cour d’honneur, entourée de ses jardins, existait déjà. Parmi ces dépendances figurait une petite chapelle dont le souvenir est entretenu par les BMS de Lanvallay : un mariage y fut célébré. Cette chapelle, aujourd’hui, a disparu à jamais.
À la fin du XVIIᵉ siècle, le domaine connaît une première campagne de travaux : un second corps de communs, beaucoup plus vaste, est construit au nord de la grande cour, en limite des jardins.
La même campagne apporte aussi des transformations aux murs des grands jardins, assis au midi et à l’orient. Sur une pierre de la grande porte d’entrée donnant accès à ces espaces figure en effet la date de 1678 (ou peut-être 1618 : la graphie du 1 et du 7 pouvant prêter à confusion). Cette date correspond au moment où les jardins furent ceinturés de leurs pourpris.
Aujourd’hui, la façade principale du château, de style néoclassique côté cour, résulte d’un très grand agrandissement, réalisé en plusieurs tranches, aux XVIIIᵉ et XIX siècles. Cette campagne transforma le pavillon/logis originel en un véritable château à huit travées ouvertes sur sa cour d’honneur. La façade principale, autrefois tournée vers l’ouest, passa alors à l’orient. La façade nouvelle de style classique sera terminée dans sa partie RDC et étage, avant 1811.
D’un lieu en lequel alors on se contentait de vivre Grillemont au XVIII siècle s’est transformé en lieu en lequel aussi on RECEVAIT.
Une modification plus modeste suivit, dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Ce fut la dernière phase des travaux, la quatrième : la partie haute du château fut surélevée, les combles originels rehaussés, recevant de nouvelles lucarnes et un frontispice intégré à la toiture. C’est là que furent déposées les armoiries couronnées en mi-parti, que nous savont être celles de Clémentine-Marie Urvoy de Saint-Mirel (fille de Clémentine Serizay, demoiselle de Grillemont, et d’Adrien-Marie-Joseph Urvoy de Saint-Mirel, possesseur de la Nourrais en Léhon) et de son époux Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais. Cette dernière tranche transforma tout cet ensemble « classique » en un ensemble Néoclassique »; elle sera réalisé au lendemain de 1874.
Né en 1820, uni en 1853 à Clémentine-Marie Urvoy de Saint-Mirel, Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais semble, au lendemain de son mariage, résider d’abord à la Nourrais en Léhon, demeure héritée de son beau-père.
Pierre-louis Serizay, cousin de Clémentine, possédait alors Grillemont par droit d’héritage.
D’après une conversation personnelle que j’eus avec madame Aimé, il y aurait eu un échange de propriété entre Pierre-Louis Serizay, fils et héritier de Pierre, seigneur de Grillemont, et Hyppolite et Clémentine-Marie Urvoy, cousine de Pierre-Louis. Ces deux familles se seraient mutuellement échangé Grillemont et la Nourrais : Clémentine et Hyppolite quittèrent la Nourrais pour prendre possession de Grillemont, et Pierre-Louis abandonna Grillemont pour s’installer à la Nourrais.
Issu d’une famille ancienne du pays de Saint-Malo, Hyppolite Le Fer de la Gervinais fut un notable de Léhon. Conseiller municipal de 1870 à 1885, il démissionna cette année-là.
Son fils Fernand Le Fer, alors premier adjoint, lui succéda en 1886 avant d’être élu maire le 17 juin 1886. De son union avec Clémentine, Hyppolite eut plusieurs enfants :
- Fernand, ci-dessus nommé,
- Roger, capitaine d’infanterie,
- Yvonne, unie à son parent Adrien-Marie Urvoy de Saint-Mirel,
- Marthe-Marie, mariée elle aussi à son parent Henri Le Fer de la Gervinais.
Description des lieux

Explication du plan de reconstitution
En bleu figure le pavillon originel à tourelles, très probablement édifié soit à la fin du XVI siècle soit au tout début du XVIIᵉ siècle, par ses premiers possesseurs Alain Serizay et Hélène Nicolas, tous deux nés vers 1560 (Hardouine Serizay, leur fille, dite demoiselle de Grillemont en 1619, naitra en 1595).
Ce pavillon premier, dans son alignement initial, s’avance déjà sur la cour actuelle. Il est possible qu’il ait été érigé sur les bases d’une ancienne tour de guet surplombant la Rance, voire sur les fondations d’un bâti plus ancien encore.
Ne trouve-t-on pas la mention de Landeboulou dès la fin du XIᵉ siècle, vers 1100, lors de la fondation du prieuré du Pont à Dinan, au travers de son seigneur Picot de Landa Boilot (la lande de Balao) ?
En rouge apparaît l’agrandissement réalisé peu après 1795/1800. Sur le plan colorisé antérieur à 1642, cette extension n’existe pas encore : à sa place se trouve un jardin tourné vers la rivière, adossé à un grand corps de dépendances orienté au nord — probablement les premières dépendances majeures du « pavillon ».
Celles-ci, aux XVIIIᵉ et XIX siècles, céderont leur surface à l’agrandissement de style néogothique réalisée en deux tranches de travaux distinctes. Une avant 1795 et l’autre avant 1811 mais non encore réalisée en 1795/1800.
Jusqu’aux environs de 1900, ce petit agrandissement en rouge possédait une toiture en terrasse. Celle-ci fut remplacée peu après l’apparition de la photographie par une toiture traditionnelle, permettant l’aménagement d’une pièce haute.
En noir figurent les grandes transformations des XVIIIᵉ et XIX siècles : elles firent évoluer le pavillon premier en un véritable château, réaménagé selon le goût néoclassique. Cette campagne vit également, côté cour, la création du grand corps de logis perpendiculaire — non représenté sur le plan colorisé.
Enfin, la façade sur cour fut modifiée à nouveau en la seconde moitié du XIXᵉ siècle, vers 1860–1870, avec la surélévation et l’adjonction du fronton armorié toujours visible aujourd’hui.

Zoom du même dessin

Lui-même disparu, au tout début du XX siècle, il sera vers 1920 remplacée par une serre de jardin recouverte de sa verrière.
Explication de ce plan cadastral de 1844 :
Sur ce plan cadastral exécuté en 1844, on remarque, aspectée est/sud, la présence d’un bâti nouveau ayant remplacé au lendemain de 1811 la « petite chapelle » encore figurée, en 1811, dans le prolongement de la dépendance de gauche, en limite de la propriété, le long de la rue.
Cet ensemble, dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, sera la maison du jardinier de Grillemont.
On distingue aussi, dans la cour, une petite construction aujourd’hui disparue : elle s’appuyait sur cette même maison et rétrécissait l’entrée du château, qui paraît désormais beaucoup plus large.
À noter également que les deux tourelles délimitant le pavillon central à l’occident, côté rivière, ne sont pas figurées comme telles sur ce plan. Leur absence n’est qu’apparente : elles ont simplement été intégrées au trait du bâti. Les deux petites excroissances qui apparaissent, en revanche, ne sont que des éléments architecturaux liés au haut mur de soutènement.
N° cadastraux :
221: Assis entre la rivière et le versant abrupte du plateau est une terre labourable nommée : le Veau de le Fart de Mély. Nous faut t’il lire ici même le Val du phare de Mely ?
Terre labourable
224 : La Chataigneraie.
226 : Le Jardin.
Le Veau de le Fart de Mély
Note étymologique et fonctionnelle (hypothèse) — L’appellation cadastrale « le Veau de le Fart de Mély » pourrait cacher une mémoire toponymique ancienne : lire Val (ou Vallet) du Phare du Milieu. Trois éléments soutiennent cette lecture :
- Position — le lieu se trouve littéralement au milieu du grand méandre de la Rance, emplacement idéal pour un poste observatoire ou un repère de navigation ;
- Lexique — « fart / fard » peut renvoyer, dans des graphies anciennes, à un phare ou poste de signalisation (sens fonctionnel plutôt que littéral) ;
- Altérations graphiques — « Veau » pour Val, « Mély » pour milieu sont des corruptions fréquentes dans les transcriptions anciennes et cadastrales.
Si cette lecture se confirme, il s’agirait d’une survivance toponymique désignant une tour de guet / repère central sur la Rance, antérieure à la construction du pavillon de Grillemont et rappelant la fonction stratégique de ce promontoire. Pour valider définitivement cette piste, il conviendrait de croiser les actes notariaux, les minutes anciennes et les textes de levés cartographiques antérieurs au XIXᵉ siècle.




Les transformations successives du château de Grillemont, lecture à travers les plans
Vers 1634
Le plan de cette date restitue l’état le plus ancien du site : le « pavillon » à tourelles, accompagné de sa cour et de quelques dépendances premières. L’ensemble reste modeste et resserré autour du logis central, orienté vers la rivière. On ne trouve pas encore trace ni de l’aile nord, qui sera adossée plus tard à la tourelle de droite, ni du grand corps de dépendances qui, demain, viendra se dresser perpendiculairement au chemin vicinal et au château.
Le Grillemont de 1634 est donc encore une maison noble d’apparat, simple mais significative, annonçant par sa silhouette les ambitions futures.
Après 1636
Au lendemain de 1795/1800 on observe l’apparition d’un second agrandissement : une aile est venue s’appuyer contre la tourelle nord du pavillon. Ce nouvel appendice traduit une volonté d’extension et de confort accru, tout en modifiant l’équilibre de la cour. Il s’agit de la première étape du passage du pavillon de campagne à une résidence plus complexe, plus en adéquation avec la condition sociale de ses propriétaires.
On peut supposer que cette campagne de travaux s’inscrit dans le contexte des années 1795/1800, moment où la maison est toujours solidement tenue par les Serizay. Cette seconde tranche comportera également sur la cour la partie sud d’architecture néogothique.
1811
Le plan cadastral de cette année témoigne de la métamorphose : le château a reçu, via une troisième tranche de travaux, la totalité de sa façade néogothique, marquant une véritable rupture stylistique avec le pavillon premier. Les dépendances sont nombreuses et organisées autour du logis ; elles assurent à la fois la vie domestique et les fonctions agricoles du domaine. Certaines, figurées en gris, ont aujourd’hui disparu. On remarque également, en rouge, la présence d’une petite tour d’escalier, sans doute destinée à desservir la terrasse de l’aile nord.
L’ensemble reflète la densité et la vitalité du domaine à l’orée du XIXᵉ siècle : Grillemont est alors autant une demeure seigneuriale qu’un centre d’exploitation structuré.
1844
Le plan cadastral de 1844 signale un nouvel agrandissement, établi dans les jardins au nord-est et tourné vers le chemin vicinal. Cette extension prépare la dernière grande transformation de la fin du XIXᵉ siècle, vers 1860-70 : à savoir la surélévation des combles, l’adjonction du fronton armorié et la recomposition des volumes hauts du château. C’est l’ultime étape de l’évolution morphologique de Grillemont : du pavillon d’origine, on est passé, en deux siècles et demi, à un château accompli, porteur d’un langage architectural néogothique assumé.

Reconstitution partielle du château de Grillemont
Ce dessin restitue en volumes le château de Grillemont dans son état actuel, tout en distinguant les grandes étapes de sa transformation.
En rouge, hormis la susdite arrière-cuisine/laiterie, apparaît le manoir originel, bâti après 1601, avec ses deux tourelles encadrant le pavillon. Dès l’origine, la grande cour est déjà présente : d’abord plus large, elle sera progressivement resserrée avec l’apparition des communs au nord-est. Une première extension, adossée à la tourelle de droite, est construite au lendemain de 1795/1800. Elle possédait alors un toit-terrasse « à ciel ouvert », visible encore sur certaines cartes anciennes ; celui-ci sera couvert plus tard pour former une pièce close.
En bleu figure l’agrandissement classique/néoclassique des XVIIIᵉ et XIX siècles, réalisé en deux tranches distincts, appuyé sur le pavillon premier. Cette campagne déplaça l’entrée principale vers l’orient et transforma l’ensemble en un véritable château, ouvert sur sa cour d’honneur. La dernière phase de travaux, dans les années 1860-70, apporta la surélévation des combles et le frontispice armorié qui domine encore la façade.
En noir apparaissent les dépendances qui subsistent aujourd’hui. Certaines, comme le petit logis près du portail ou l’ancienne maison du jardinier en fond de cour, existaient déjà au XVIIᵉ siècle, bien avant les grands travaux. Le vaste corps de communs perpendiculaire au château, à nord, semble quant à lui dater de la campagne du XVIIIᵉ siècle.
Ainsi, du pavillon à tourelles à la résidence néogothique, Grillemont a connu une évolution continue, dont la cour reste le véritable pivot.

Apparition dans le jardin de deux pavillons ou roseraies aujourd’hui à ciel ouvert.
👉 Détail notable : le fronton armorié, ajouté lors de la surélévation de la façade dans les années 1860-70, n’est pas parfaitement centré sur l’axe du pavillon originel. Ce léger décalage témoigne de la superposition des campagnes de travaux : l’extension orientale du XVIIIᵉ siècle et les ajustements structurels (cheminées, travées) ont primé sur la symétrie initiale. Une trace éloquente de l’histoire constructive du château.

Sur le plan d’agrandissement réalisé avant 1795/1800, au lendemain de 1786, elle était classifiée comme étant en son RDC une future décharge de cuisine/laiterie.

Le foncier des Serizay à la Landeboulou.
Reconstitution des parcelles bâties et non bâties de la Landeboulou et de Grillemont, lesquelles, en 1833, étaient entre les mains d’Anne de Serizay, de Pierre-Louis de Serizay et d’Eugène de Serizay.
Eugène Serizay, marié à Angélique de Pean, sera possesseur en 1856, ou propriétaire, du château de Beauvais en Lanvallay ; cela sera dit dans les listes nominatives de Lanvallay.
Ils sont tous trois enfants de Pierre Serizay de Grillemont et de Marie-Françoise Lanjourbaut de la Plochère ; Pierre-Louis prendra pour épouse Caroline-Marie-Emma Guérin.
Anne et Pierre-Louis Serizay sont tous deux dits de Grillemont, Eugène et Pierre-Louis étant également propriétaires de nombreuses autres parcelles s’étirant plus au sud, de l’autre côté du chemin menant de Lanvallay à Rennes. Ces terres étendues comprennent notamment l’ancienne seigneurie de la Samsonnaye.
👉 Anne de Serizay de Grillemont possède, ici, tout le parcellaire de couleur vert foncé, s’étirant au nord jusqu’au ruisseau de Josselin.
👉 Pierre-Louis de Serizay de Grillemont possède, quant à lui, tout le parcellaire de couleur vert tendre.
👉 Eugène de Serizay, dit de Dinan, possède tout le parcellaire de couleur vert-gris ou vert moyen.
Nous voyons très bien, ici, l’étendue foncière — et très importante — de cette seigneurie locale, laquelle possédait, au sein de sa famille, presque toutes les terres formant la dite Landeboulou.
🗝️ Synthèse visuelle des propriétaires
Vert moyen → Eugène de Serizay (ép. Pean, possesseur des château et métairie de Beauvais aussi en Lanvalay)
Vert foncé → Anne de Serizay
Vert tendre → Pierre-Louis de Serizay (ép. Guérin)


Petit logement des communs adossé à la rue et déjà présenté sur le plan du sieur Jacques Abeille (là savoir sur l’un des plans composant la toute première étude du projet devant relier la Manche à l’Atlantique)
Le retour perpendiculaire de celui-ci, à angle droit, ou le grand logement des communs, ne sera pas représenté sur ce même plan.

Le petit logement susdit, délimité par la rue et possédant escalier, sera effectivement déjà construit en 1730.
Perpendiculaire et venant en appuie sur celui-ci au lendemain de 1730 fut édifié le premier agrandissement des communs.
A la gauche extrême de celui-ci, soit la grande porte, sont les anciennes écuries réalisées à la fin du XVIII siècle, vers 1780-90.
Tout cet ensemble est représenté sur le premier plan cadastral de 1811.


La tourelle de gauche, à nord, est beaucoup plus ancienne que celle de droite assise à midi
La tourelle de Gauche possède en effet, par niveau, une minuscule ouverture du type « défensive », sans aucun ouvrant, lorsque la tourelle de droite possède une petite fenêtre normale à un seul ouvrant.

Le logis premier possédera déjà au XVII siècle sa chapelle puisque « mariage » y sera célébré et enregistré. Encore existante en 1844 celle-ci, aujourd’hui disparue, était ici même assise. Dans les années 1920 elle sera une jolie petite serre possédant toujours sa piscine liturgique et son bénitier.
Beaucoup modifié en sa façade sur cour il semble devoir rester de ce petit logis certains éléments du XVIII siècle. En sous bassement, à l’arrière, il reste cette petite fenêtre ouvragée avec sa grille de défense.

La dite petite serre sur l’emplacement de l’ancienne petite chapelle.
La Dame à la robe fleurie est madame Yvonne Le Fer de la Gervinais, née Yvonne Lescanne, sa belle-sœur aussi née Lescanne étant à sa droite immédiate.
De Clémentine Urvoit aux Aimé — Grillemont au fil des générations
Lorsque Clémentine-Marie Urvoit de Saint-Mirel épouse, en 1853, Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais, Grillemont n’est pas encore leur demeure. Et très loin s’en faut même. Mais la vie un jour….
Hyppolite, né en 1820 et originaire de Saint-Malo, réside avec son épouse au manoir de la Nourrais, à Léhon, propriété provenant de la famille de Clémentine (la Nourrais : ancienne maison noble de Léhon, aujourd’hui disparue. Elle était où se dresse aujourd’hui le centre sportif de la Nourais).
Ce n’est que plus tard, vraisemblablement au lendemain de 1875, que se produit cet échange dont la mémoire familiale a conservé le souvenir : Pierre-Louis de Serizay cède Grillemont à sa cousine Clémentine et à son époux, tandis que la Nourrais passe aux Serizay. Et c’est ainsi que les Le Fer de la Gervinais entrent alors à Grillemont.
Pour autant, les liens avec Léhon ne disparaissent nullement. Ils vont même se prolonger à la génération suivante puisque le fils du couple, Fernand-Marie Le Fer de la Gervinais, est né à Léhon le 27 mai 1854. Il épouse Jeanne-Marguerite Brunet du Guillier et poursuit l’engagement familial dans la vie municipale léhonnaise. Premier adjoint, il devient maire de Léhon en 1888. Et c’est sous sa municipalité que se déroulent notamment les importantes transformations concernant l’ancienne église paroissiale de Léhon. Celle-ci sera en effet détruite pour permettre de financer la restauration complète de l’église abbatiale la jeune commune ne pouvant assumer, financièrement, l’entretien de deux églises. Et à cette fin c’est Fernand qui signera la sentence de la très vielle église paroissiale.
Mais Fernand-Marie appartient également pleinement à l’histoire de Grillemont. C’est en effet au château même qu’il meurt, le 26 novembre 1918, à douze heures et quart. Son acte de décès, dressé le lendemain matin, nous offre alors un détail particulièrement précieux : le déclarant n’est que son propre fils, Fernand Le Fer de la Gervinais, âgé alors de trente ans.
Et avec lui commence une nouvelle époque. Et elle est celle-ci : Fernand-Marie, né en 1887, a épousé l’année précédente, en 1917, Yvonne Lescanne, née en 1886. Cependant, lorsqu’il vient déclarer le décès de son père en 1918, il est qualifié d’industriel et demeure à Paris, rue Alphonse-de-Neuville (aujourd’hui lea rue Alphonse -de-Neuville est une voie résidentielle située dans le quartier de la Plaine-de-Monceaux du 17 arrondissement de Paris).
C’est par son mariage avec Yvonne Lescanne (1886-1976) que Fernand Le Fer de la Gervinais s’est rapproché de la capitale. La famille Lescanne était liée à la haute bourgeoisie parisienne et aux milieux industriels ou de grands propriétaires. Et cette simple mention nous montre que, contrairement aux générations précédentes, la vie professionnelle de l’héritier de Grillemont se déroule alors au moins en partie loin du château.
Il ne faudrait cependant pas en conclure que Grillemont est abandonné par la famille.
En fait bien au contraire. Le saumon ne remonte t-il pas à la source qui l’a vu naître ?
Les photographies familiales aujourd’hui conservées par certains de ses petit-fils montrent Yvonne Le Fer, née Lescanne, à Grillemont, notamment devant cette grande serre qui avait été construite à l’emplacement de l’ancienne chapelle.
Et sur l’un de ces clichés, Patrick Aimé a lui-même reconnu sa grand-mère Yvonne, accompagnée de sa belle-sœur (Yvonne est la Dame portant la robe fleurie sa belle-sœur, aussi née Lescanne, étant la dame à sa droite immédiate).
Grillemont paraît donc avoir changé progressivement de fonction : à la résidence permanente des générations précédentes semble avoir succédé une demeure familiale que l’on conserve, que l’on entretient et dans laquelle on revient.
Nous ignorons encore précisément comment le domaine était administré pendant les séjours parisiens de Fernand et Yvonne. Les métairies continuaient naturellement leur exploitation, mais rien ne nous permet encore d’affirmer si le château lui-même était confié à un régisseur, à du personnel attaché au domaine ou simplement placé sous la surveillance des exploitants voisins.
Serait-ce une autre page que nous devrions écrire ?
Mais en vérité à chacun sa tâche.
De l’union de Fernand et Yvonne naîtront deux filles : Christiane, en 1920, et Monique, en 1924. Et c’est avec elles que s’effectuera une nouvelle division du patrimoine familial. Christiane, qui ne se mariera pas, recevra notamment les terres et la métairie du Réhanet. Et sa sœur Monique Le Fer de la Gervinais, qui épousera M.onsieur Jacques Aimé, général dans l’armée, recevra quant à elle le château de Grillemont.
Ainsi s’explique la transmission qui conduit directement aux propriétaires actuels et à la famille Aimé.
Et cette succession prend aujourd’hui une dimension particulière.
Pourquoi cela ?
Parce que les documents que nous étudions ne nous conduisent plus seulement vers des personnages disparus dont quelques actes auraient conservé le nom. Avec Yvonne, Christiane et Monique, nous entrons progressivement dans la mémoire familiale encore vivante. Les photographies conservent les visages ; les souvenirs, eux, transmettre encore des noms chacun ayant encore son propre visage ; les bâtiments, enfin, gardent les traces de leurs passages.
Et la serre de Grillemont devant laquelle fut photographiée Yvonne Le Fer de la Gervinais, née Lescanne, en est un merveilleux exemple.
Le hasard…toujours le hasard.
Elle avait été construite à l’emplacement de l’ancienne chapelle de Grillemont. La serre a aujourd’hui disparu. La chapelle avait disparu avant elle.
Et pourtant hier, lors des Journées du Patrimoine de septembre 2026, un visiteur attentif a retrouvé dans le mur nord, exactement là où nous avions supposé que se trouvait la chapelle, son ancien bénitier, sous lequel subsistaient même quelques traces de peinture que la pierre avait protégées.
Une petit piscine liturgique est assise tout proche.
Dans le mur nord de l’ancienne chapelle subsistent en effet deux aménagements liés à l’eau : un bénitier de pierre et, immédiatement à proximité, une niche-piscine. Leur voisinage suggère qu’ils pourraient appartenir au même aménagement de la chapelle. La Piscine aurait alors pu recevoir l’eau nécessaire à celle-ci — notamment celle destinée au bénitier et à certains usages liturgiques ou domestiques du sanctuaire. Cette contemporanéité reste cependant à confirmer par l’examen des maçonneries et du dispositif d’arrivée et d’évacuation de l’eau. Ainsi, de génération en génération, quelque chose demeure toujours.
Clémentine et Hyppolite ont laissé leurs armes sur Grillemont.
Fernand-Marie y a terminé sa vie.
Fernand et Yvonne l’ont conservé tout en vivant aussi à Paris.
Christiane et Monique en ont partagé l’héritage.
Et les Aimé en conservent aujourd’hui non seulement les murs, mais aussi les photographies, les archives et la mémoire.
Voilà peut-être ce qu’est véritablement l’histoire d’une maison. Elle n’est pas seulement la succession de ceux qui l’ont possédée mais elle’est cette longue chaîne faite de pierres, de papiers, de visages et de souvenirs, dans laquelle chaque génération abandonne quelque chose à la suivante.
Et aujourd’hui encore à Grillemont, près de quatre siècles après les premiers Serizay que nous y avons retrouvés, cette chaîne n’est toujours pas rompue :
Clémentine-Marie Urvoit de Saint-Mirel susdite qui épouse Hippolyte-Marie Lefer de la Gervinais.
Né en 1820, originaire de Saint-Malo, il réside au manoir de la Nourrais en Léhon, bien de feux des beaux-parents, avant de prendre possession de Grillemont.
Conseiller municipal de Léhon de 1870 à 1885, 1er adjoint de Léhon en 1886, élu maire de Léhon le 17/06/1888 c’est lui qui signera l’acte municipal qui ordonnera la démolition de l’église paroissiale de Lehon.
Fernand-Marie le Fer de la Gervinais qui épouse Jeanne-Marguerite Brunet du Guillier ; fils des précédents né à Lehon le 27/05/1854 et décédé à Grillemont le 26/11/1918. Décès enregistré le 27/11/1918, à 10 heures du matin, par Fernand Le Fer de la Gervinais, âgé de 30 ans, fils du défunt, et demeurant à Paris en tant qu’industriel. Il sera là lorsque sera fêté la réouverture de l’église abbatiale.
Fernand Le Fer de la Gervinais (1887-1963) qui épouse en 1917 Yvonne de Lescanne (1886-1976). Fils du précédent.
Lors du décès de son père il demeure à Paris, rue Alphonse de Neuville. Père et mère de Christiane et Monique Aimé. Possède Grillemont et le Rehanet.
Monique Le Fer de la Gervinais née en 1924 qui épouse Jacques Aimé général dans l’armée. Madame Aimé deviendra seule propriétaire du château après la division des biens hérités sa sœur aînée, Christiane, ayant pour elle notamment, et en autres choses, les terres et métairie du Rehanet.

La porte et la piscine liturgique de l’ancienne chapelle de Grillemont
De la petite chapelle de Grillemont, aujourd’hui disparue, quelques éléments de maçonnerie semblent avoir traversé les siècles. Et le plus immédiatement visible est cette petite porte donnant sur la rue, toujours conservée dans le mur de clôture à proximité de l’entrée de la cour. Étroite, construite en pierre et couverte d’un arc en plein cintre, elle présente un caractère manifestement ancien. Son architecture sobre pourrait parfaitement correspondre à celle de la chapelle élevée au début du XVIIᵉ siècle Grillemont apparaissant au lendemain de 1590.
Les retours de maçonnerie encore visibles permettent également de retrouver une partie de l’emprise de l’ancien édifice : derrière le simple mur que nous observons aujourd’hui se dessine ainsi progressivement le volume d’une construction depuis longtemps disparue. Mais deux autres éléments donnent à cet ensemble une dimension beaucoup plus parlante.
Dans ce même mur subsiste tout d’abord un petit bénitier de pierre. Sa présence constitue naturellement un indice particulièrement fort de la fonction religieuse autrefois attachée à cet espace.
Et à très faible distance de celui-ci se trouve un second aménagement : une niche basse comportant une petite cuve de pierre dont le fond descend sous le niveau du sol.Tout porte à envisager ici une petite piscine liturgique.
Dans une chapelle un tel dispositif souvent servir à recueillir les eaux employées lors des ablutions et usages liturgiques. Ces eaux, en raison de leur destination sacrée, n’étaient pas simplement rejetées avec les eaux ordinaires : la piscine permettait leur évacuation vers la terre.
Le fond de la cuve de cette piscine liturgique est malheureusement aujourd’hui partiellement détruit. Il n’est donc plus possible d’observer l’éventuel orifice ou dispositif inférieur par lequel ces eaux pouvaient autrefois rejoindre le sol.
La proximité immédiate des deux aménagements prend néanmoins tout son sens : le bénitier et la piscine remplissaient deux fonctions différentes mais appartenaient au même univers liturgique. L’un conservait l’eau bénite destinée notamment au geste des fidèles ; l’autre pouvait recevoir les eaux utilisées dans le cadre du service religieux avant leur retour à la terre sainte.
Ainsi, malgré la disparition de la chapelle elle-même, son ancien mur conserve encore plusieurs éléments permettant d’en retrouver la présence :
sa petite porte en plein cintre,
son bénitier
et sa piscine liturgique.
Trois modestes vestiges de pierre qui, replacés les uns auprès des autres, rendent soudain beaucoup plus lisible un édifice que l’on aurait pu croire entièrement disparu.
La petite chapelle de Grillemont n’est plus là. Et plus jamais elle ne sera là.
A l’inverse son mur, lui, se souvient encore de sa fonction.



Lorsque le temps définitivement s’arrête à la sortie des écuries de Grillemont
Une scène toute simple de la vie à Grillemont, saisie probablement dans les premières décennies du XXᵉ siècle.
Trois jeunes femmes ont pris un instant la pose devant les anciennes écuries. Derrière elles, le cheval est encore attelé à la voiture, tandis qu’un petit chien, manifestement moins préoccupé par la photographie, profite de toute l’attention qu’on lui accorde.
Le décor, lui, nous est aujourd’hui précieux : derrière ce petit groupe apparaissent les maçonneries et plusieurs ouvertures des anciennes écuries et de leurs dépendances, dont certains éléments sont encore reconnaissables aujourd’hui.
Une photographie familiale à la couleur bleue, sans prétention aucune, sans doute prise au hasard d’une belle journée à Grillemont, mais qui nous restitue quelque chose que les plans et les actes ne pourront jamais véritablement raconter : un château habité, des chevaux dans la cour, quelques sourires et un petit instant de vie arrêté devant les écuries. Finalement hier…
La petite chapelle disparue de Grillemont
La découverte, lors des Journées du Patrimoine, du bénitier encore conservé dans le mur nord de l’ancienne chapelle de Grillemont est venue confirmer une localisation que nous avions jusqu’alors seulement supposée.
Mais cette découverte nous conduit aujourd’hui un peu plus loin.
Sur un plan daté de 1811, un minuscule bâtiment apparaît encore à cet emplacement. Sa position et son emprise permettent désormais de nous demander s’il ne s’agirait pas tout simplement de la petite chapelle elle-même, encore debout au début du XIXᵉ siècle. Quelques décennies plus tard, le cadastre de 1844 montre une disposition différente. Un nouveau bâtiment occupe alors ce secteur et semble avoir remplacé, au moins en partie, l’ancienne construction. La disparition de la chapelle pourrait donc être intervenue entre 1811 et 1844, certains de ses murs ayant éventuellement été conservés et réemployés dans la nouvelle dépendance.
Et c’est ici qu’une ancienne photographie familiale conservée à Grillemont prend tout son intérêt : Monsieur Aimé pense reconnaître, derrière les personnages photographiés, l’ancienne petite porte de la chapelle. Si cette identification est exacte, la photographie nous montrerait quelque chose d’assez extraordinaire : à gauche, un vestige encore conservé de l’édifice religieux ; à droite, le bâtiment qui lui aurait succédé au XIXᵉ siècle.
Cette dépendance disparaîtra à son tour au début du XXᵉ siècle, lorsque sera aménagée à cet emplacement la grande serre vitrée dont les photographies anciennes ont également conservé le souvenir.
Ainsi se dessinent peu à peu plusieurs vies successives d’un même endroit :
➡ la chapelle ;
➡ puis une dépendance ;
➡ puis la serre ;
➡ et enfin le mur que nous voyons aujourd’hui.
Et pourtant, malgré toutes ces transformations, quelque chose de la première demeure encore :
➡ Une petite porte, peut-être.
➡ Une petite fontaine murale.
➡ Mais surtout ce bénitier de pierre, demeuré silencieusement dans son mur pendant près de deux siècles, jusqu’à ce qu’un visiteur attentif le remarque à nouveau.
À Grillemont, les bâtiments disparaissent parfois ; mais les pierres, elles, ont la mémoire longue décidément.

Le pignon nord du château vu depuis le jardin, ou l’ancienne roseraie (dite Chataigneraie en 1833 en une étude parcellaire).

L’entrée originelle « RDC » du Pavillon à tourelles réalisé vers 1590.
Caché ici sous cette verdure le linteau de la porte comporte une immense parenthèse sculptée; l’embrasure de la porte est elle aussi sculpté.
Cet accès donne dans le RDC du Pavillon originel pièce dans laquelle se trouve une cheminée armoriée aux Armes « Serizay ».
La porte d’entrée et sa magnifique grille semble devoir être du XIX siècle.

La dite petite fenêtre aux embrasures ouvragées de l’ancien logis du jardinier. Bâti déjà présent en 1730. A sa droite immédiate était l’ancienne petite chapelle.
.

Dans l’angle droit était une tour d’escalier externe desservant la partie haute du pavillon, à savoir la chambre de monsieur et de madame de Serizay. Cet escalier sera déposé avant 1795/1800 lorsque sera édifié sur la cour, à nord, le deuxième agrandissement, aussi d’architecture classique. Celui-ci apparait sur le premier plan cadastral de 1811.
Sur le plan établi en pouces et en pieds pour ce projet, plan non daté mais réalisé AVANT 1795/1800 donc, l’embat du pavillon, ou son RDC possédant cheminée armoriée, sera référencé comme devant devenir le futur OFFICE de la future cuisine.
L’abolition du pied et du pouce aura lieu en France par la loi du 1er août 1793. Celle-ci fut rendue définitive par la loi du 19 frimaire an 8 (1800).

La façade actuelle du château, ici vue de face, relève de trois temps de construction.
À gauche, la partie édifiée dans la seconde moitié du XVIII siècle, vers 1740 lors de la première tranche, se distingue par les linteaux monolithiques de ses trois fenêtres.
À droite, en revanche, la porte d’entrée — décentrée par rapport au frontispice — et les autres ouvertures présentent toutes des linteaux appareillés en pierre, témoignant d’une seconde campagne distincte réalisée à la fin du XVIII siècle.
Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, vers 1860, commencera une troisième campagne de travaux amenant le rehaussement du château faisant passer celui-ci du classique » au « néoclassique ». Cette dernière campagne ne sera terminée qu’au lendemain de 1875 : la longue corniche, les hautes cheminées en pierre de taille et les nouvelles lucarnes sont en effet de style néoclassique.
C’est dans la TERMINAISON de cette dernière campagne que sera intégré dans le frontispice l’écus portant les Armoiries en mi-parti des Le Fer de la Gervinais et des Urvoy de Saint-Mirel — marque visible des nouveaux possesseurs du château.

L’ancienne maison du jardinier
Assise au midi et à orient dans la cour.
Elle sera déjà représentée sur le plan du dit sieur Jocques Abeille, réalisé en 1730.
La petite chapelle du château était assise en son extrémité ; elle faisait l’angle sur la rue.

Colonne commémorative des Serizay de Grillemont.
Elle porte sur chacune de ses faces une plaque de marbre blanc; sur l’une d’elles les Armoiries des Serizay sieur de Grillemont ont été déposées et elles sont : Écartelé aux 1 et 4 d’azur à la fleur de lys d’argent en cœur, accompagnée de trois roses d’or, posées 2 et 1; aux 2 et 3 d’argent à trois guidons de gueules, les lances hautes, posées en pal.
Le sommet de la colonne contient une urne voilée.
Cimetière de Dinan.

La porte du grand salon donnant sur le parc assis au midi.
La fenêtre haute semble devoir être un rajout exécuté lors de la deuxième campagne des grands travaux menés à Grillemont, entre 1790 et 1811.


Face à la rivière la fenêtre fortifiée et fleurdelysée de la petite laiterie à nord/occident faite entre 1790 et 1811.
La fenêtre conserve une lourde grille de ferronnerie appliquée extérieurement, suspendue à de puissants pitons coudés scellés dans la maçonnerie. Les montants verticaux descendant sous l’appui assurent la stabilité de l’ensemble par emboîtement et par gravité, selon un procédé traditionnel encore largement employé à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.

En les BMS de Lanvallay cet acte de baptême rédigé à Lanvallay en 1616 et spécifiant l’existence d’Hardouyne Serizay comme étant Dame de Grillemont : Hardouinne Allot fille Macé et Jeanne Boudeaux a este baptisée par moy soub signé Prioul subcuré de Lanvalay sur les sainct fonts de la Magdelaine et presentee yceux par messire Guillaume Saint imprimeur de Dinan et avec la honorable damoiselle Hardouinne Serizé Dame de Grillemont temoin faict septiesme jour de febvrier mil six cent seize. Hardouyne Serizay – Prioul – Guillaume Sainct – Marault

Hardouyne Serizay fille de noble gens maistre Allain
Serizay et Helaine Nicollas sa compagne sieur et dame des Grandchamps
a este baptissee sur les fonds de leglisse parochaille de Saint
Malo par discret prestre messire Pierre Lebret subcure de la dicte eglisse
et la tenu sur les fond noble escuyer maistre Jan Nicollas sieur de la Touche
seigneur des Champsgeraux, et pour temoingnes damoiselle Janne Ferron
femme et compagne de noble escuyer Jacques Vallée sieur de la Conninais
et Marye Hamon Dame de Lisle le seixiesme jour de
decembre mil cinq centz quatre vings quinze.

La date de 1678 correspondant très probablement à la réalisation du pourpris ceinturant Grillemont.
Ce pourpris serait le fruit de la demande de Pierre Serizay et de Renée Prioul, son épouse. Pierre fut nommé le 28/11/1636 ; ils s’uniront tous les deux à Rennes, le 27/11/1660. Pierre décèdera le 30/01/1685.


A midi/occident la magnifique grille ouvragée donnant sur le parc du château.
Apparition et distribution du nom « Serizay de Grillemont » :
➡ Le noble château de Grillemont apparait écrit pour la première fois en nos BMS le 07/02/1616 lors du baptême d’Hardouine Allot baptisée au prieuré de la Magdelaine ; l’enfant sera déposée entre les mains d’Hardouine Serizé dite Dame de Grillemont.
Hardouine naît le 16/12/1595 et prendra pour époux Ecuyer Pierre Prévost, seigneur de la Foresterie en Lehon.
➡ La seconde fois cela sera pour son propre frère, Jacques Serizay, qui voit le jour le 12/10/1601 ; il sera dit sieur de Grillemont en 1622 lors du baptême de Jacques Labbé toujours à la Magdelaine.
Sœur et frère, et âgés lors des baptêmes tous les deux de 21 ans, on peut normalement supposer que leurs parents à tous deux étaient donc établis sur les terres de Grillemont à Lanvallay leur « Pavillon/logis » étant alors déjà construit.
➡ Leurs parents à tous deux seront Alain Serizay et Hélène Nicolas ; Sieur et Dame de Grandschamp, terre assise en Dinan. Alain sera avocat au Parlement de Bretagne à Rennes et avocat au présidial de Dinan aussi ; par sa mère Alain Serizay sera le petit-fils de Françoise Marot la propre tante de Jean Marot sieur du Cheminneuf à la Magdelaine celui-ci également son parent.
➡ Alain nait peu après 1554, année en laquelle ses parents l’un à l’autre s’uniront. Il transportera le pavillon de Grillemont à Pierre, son fils aisné, puisque celui-ci, sieur de la Gastinaye, conseiller du roi, alloué et lieutenant général de la Cour de Dinan, nommera à Lanvallay sa fille Bertranne dite « demoiselle de Grillemont » ; celle-ci sera baptisée le 03/09/1634.
➡ Epoux de Françoise Lerenec « Dlle de la Landeboulou » , fille de Nicolas II Lerenec et de Bertranne Roumain tous deux Sieur et Dame de la Landeboulou, Pierre s’éteindra en 1650 non sans avoir laissé un fils héritier lui aussi nommé « Pierre » lors de son baptême ; cet enfant sera nommé le 27/11/1636.
➡ Pierre Serizay ci-dessus, écuyer, sieur de la Gastinaye, se mariera à Renne le 27/11/1660 à Renée Prioul native de Rennes les parents de celles-ci résidant en cette ville ; Grillemont est probablement encore que le simple pavillon de campagne à tourelles. En 1678 Grillemont leur doit la réalisation du pourpris ceinturant Grillemont toute la propriété. Père et mère de François-Hyacinthe de Serizay nommé le 30/06/1668.
➡ François-Hyacinthe de Serizay susdit; Il prit pour femme le 01/11/0701 Marie de Miniac. Il décèdera le 16/02/1728. Père du suivant.
➡ Pierre-Jean de Serizay, seigneur de Grillemont et époux de Marie Jonchée, petit-fils de Pierre et de Renée, est probablement celui qui fera réaliser les premiers grands travaux Pierre et Renée faisant procéder en 1671 à la réalisation du très grand mur délimitant, côté rue, toute la propriété. De l’union de Pierre et de Renée naitront :
– Vers 1661 Julienne Guyonne de Serizay unie à Guy Hingant seigneur de la Tremblais le Bourgneuf et autres lieux;
– le 30/06/1668 François-Hyacinthe né à Grillemont qui suit.
➡ François-Hacinthe de Serizay ci-dessus. Ecuyer et sieur de Grillemont domicilié à Lanvallay, marié le 01/11/1701 à Marie-Julienne de Miniac. Seigneur des Fontenelles dont Pierre-Jan qui suit.
➡ Pierre-Jean Serizay Serizay ci-dessus, messire et sieur de Grillemont et époux de Marie Jonchée dont Pierre-Clément qui suit.
➡ Pierre-Clément de Serizay ci-dessus, seigneur de Grillemont, né au château. Il épouse le 27/06/1786 à Saint-Malo Hélène-Marie-Magdeleine Gardin de la Chenaye née le 02/12/1761; il fut capitaine des Dragons et chevalier de l’Ordre de Saint-Louis. Ils possédaient l’Hôtel particulier des Serizay, Place Saint-Sauveur de Dinan. Il décède à Dinan le 28/02/1826 en ayant eu, pour enfants, Eugène (possesseur de Beauvais en Lanvallay), Pierre et Clémentine Serizay qui tous deux suivent.
➡ Pierre de Serizay ci-dessus, frère de Clémentine. Seigneur de Grillemont il épousa le 22/07/1822 Marie-Françoise Lanjourbaut de la Plochère ; il est le père de Pierre-Louis qui suit.
➡ Clémentine de Serizay sœur de Pierre ci-dessus. Née le 26/06/1796 au château, elle épousa le 05/11/1824, toujours à Lanvallay, Adrien-Marie-Joseph Urvoy de Saint-Mirel lequel fut anoblit par lettres patentes le 30/03/1816 ; elle amènera dans sa cassette le susdit Hôtel particulier des Serizay assis en Dinan. Ils sont les ancestres de la famille actuelle des « Le Fer de la Gervinay de Grillemont » ; père et mère de Clémentine-Marie Urvoit de Saint-Mirel ci-dessous. Adrien était le fils de Pierre Urvoit de Saint-Mirel et d’Angélique-Agate Deniau.
➡ Pierre-Louis de Serizay, fils de Pierre ci-dessus, et neveu de Clémentine ci-dessus. Né le 23/05/1848. Seigneur de Grillemont il épousa Caroline-Marie-Emma Guerin de Can, fille de « négociant » ; il sera avec sa cousine Clémentine l’auteur de l’échange qui eu lieu entre Grillemont/Nourrais. Ils sont les père et mère de Pierre-Raoul et d’Artur-Joseph qui suivent (en septembre 1876 Pierre-Louis de Serizay vend, au sieur Fessard, Cancaral/Cancaval, pointe de terre assise en Pleurtuit. Cette vente semble avoir été suivie d’une procédure judiciaire ayant eu aussi, pour acteur, Caroline-Marie Emma Guerin de Can).
➡ Pierre-Raoul de Serizay et Artur-Joseph de Serizay susdits nés vers 1850 et fils des précédents ; avec eux deux semble devoir définitivement s’éteindre la branche directe des Serizay de Grillemont. Ils n’entreront pas en la possession de Grillemont puisque leur père susdit échangera Grillemont pour la Nourrais en Léhon.
➡ Clémentine-Marie Urvoit de Saint-Mirel susdite qui épouse Hippolyte-Marie Lefer de la Gervinais.
Né en 1820, originaire de Saint-Malo, il réside au manoir de la Nourrais en Léhon, bien de feux des beaux-parents, avant de prendre possession de Grillemont.
Conseiller municipal de Léhon de 1870 à 1885, 1er adjoint de Léhon en 1886, élu maire de Léhon le 17/06/1888 c’est lui qui signera l’acte municipal qui ordonnera la démolition de l’église paroissiale de Lehon.

Cancaval : une vente compliquée par les affaires des époux de Serizay
En septembre 1875, Pierre-Louis de Serizay de Grillemont, propriétaire de Grillemont, vend au sieur Fessard la propriété de Cancaval, en Pleurtuit, pour la somme importante de 40 000 francs. Cette vente nous révèle ainsi une extension jusqu’alors peu visible du patrimoine des Serizay : outre leurs possessions du pays de Dinan et de Lanvallay, ils détenaient également des terres sur les rives de la Rance maritime, à proximité de Saint-Malo.
Mais cette vente allait donner naissance à une affaire judiciaire particulièrement complexe, dont l’origine se trouve dans la situation conjugale et financière assez singulière de Pierre-Louis et de son épouse, Caroline-Marie-Emma Guérin du Can.
Les deux époux étaient toujours mariés. Pourtant, plusieurs années auparavant, un jugement avait prononcé entre eux une séparation de corps. Ils demeuraient donc mari et femme aux yeux de la loi, mais la vie commune avait juridiquement cessé. Le jugement avait également entraîné un règlement de leurs intérêts financiers. Les « reprises » de Caroline — c’est-à-dire les sommes qui lui revenaient — avaient été fixées à 80 000 francs, dont 70 000 francs lui restaient encore dus.
Le document que nous possédons ne nous dit malheureusement rien des raisons ayant conduit Pierre-Louis et Caroline à cette séparation de corps. Il serait donc imprudent d’imaginer derrière elle une mésentente particulière ou quelque événement familial dont nous n’avons aucune trace. Nous savons seulement qu’ils restèrent mariés tout en étant séparés de corps et que Caroline possédait désormais d’importants droits financiers à l’encontre de son mari.
La situation était d’autant plus particulière qu’en 1868, Pierre-Louis avait pris un engagement concernant précisément Cancaval : si cette propriété venait à être vendue, elle devait être dégagée de l’hypothèque légale dont Caroline bénéficiait pour garantir les sommes qui lui étaient dues. En 1870, Caroline avait par ailleurs accordé à son mari un délai considérable pour le règlement des 70 000 francs restant dus, puisque ce terme ne devait échoir que le 1er janvier 1900.
Lorsque Pierre-Louis vend Cancaval à Fessard le 27 septembre 1875, Caroline ne participe cependant pas à l’acte de vente. Cela crée une difficulté : Fessard ne veut naturellement pas verser 40 000 francs pour une propriété sur laquelle l’épouse de son vendeur pourrait encore exercer son hypothèque. Le problème paraît d’abord réglé le 25 juillet 1876. Caroline accepte alors de garantir la vente avec son mari et renonce à son hypothèque sur Cancaval. Elle donne donc son accord pour que Fessard devienne propriétaire d’un bien libéré des droits qu’elle pouvait jusque-là exercer sur lui.
C’est alors qu’intervient le conservateur des hypothèques de Saint-Malo. Lorsqu’il procède à la radiation de l’hypothèque de Caroline, il ajoute une réserve qui ne figurait pas dans son acte : il lui conserve un « droit de suite et de préférence » sur les 40 000 francs constituant le prix de Cancaval.
Cette petite phrase va déclencher toute l’affaire.
Fessard refuse désormais de payer Pierre-Louis. Il exige que Caroline renonce non seulement à son hypothèque sur Cancaval, ce qu’elle a déjà fait, mais également à tout droit éventuel sur l’argent provenant de la vente.
Caroline refuse. Et l’on comprend pourquoi la distinction était importante pour elle : Pierre-Louis lui devait toujours 70 000 francs. Abandonner Cancaval comme garantie était une chose ; abandonner également ses éventuels droits sur les 40 000 francs dus à son mari en était une autre.
Fessard dépose alors les 40 000 francs à la Caisse des consignations et porte l’affaire devant le tribunal de Dinan. Pierre-Louis, de son côté, met également en cause le conservateur des hypothèques, estimant que celui-ci avait provoqué le litige en ajoutant de sa propre initiative cette fameuse réserve.
Le tribunal finit par remettre chacun à sa place.
Il considère tout d’abord que Caroline avait valablement renoncé à son hypothèque sur Cancaval. Elle ne pouvait donc plus prétendre conserver cette propriété comme garantie de ce que Pierre-Louis lui devait.
Mais il donne également tort à Fessard : celui-ci n’avait pas le droit d’exiger que Caroline renonce en plus à ses éventuels droits sur le prix de vente. Le tribunal résume même la chose dans une formule particulièrement claire : « c’est trop demander ».
Enfin, il donne tort au conservateur des hypothèques, qui n’avait pas à ajouter de son propre mouvement une réserve absente de l’acte signé par Caroline. Il lui ordonne donc de procéder à une radiation pure et simple, sans aucune réserve, et à ses frais.
Fessard sort finalement assez malheureux de l’affaire. Le tribunal déclare sans valeur la consignation par laquelle il pensait s’être libéré du paiement et le condamne à verser à Pierre-Louis des dommages-intérêts correspondant à 5 % d’intérêt sur le prix de Cancaval à compter du 4 août 1876, au lieu des 2,5 % prévus initialement au contrat. Il doit également supporter les deux tiers des frais du procès, le dernier tiers étant mis à la charge du conservateur.
Les deux époux étaient toujours mariés. Pourtant, plusieurs années auparavant, un jugement avait prononcé entre eux une séparation de corps. Ils demeuraient donc mari et femme aux yeux de la loi, mais la vie commune avait juridiquement cessé. Le jugement avait également entraîné un règlement de leurs intérêts financiers. Les « reprises » de Caroline — c’est-à-dire les sommes qui lui revenaient — avaient été fixées à 80 000 francs, dont 70 000 francs lui restaient encore dus.
Ces 80 000 francs ne sauraient cependant être considérés comme représentant la moitié de la fortune du couple : le jugement ne donne ni la valeur globale de leur patrimoine ni la composition des biens entrant dans la liquidation. Rien ne permet notamment d’y inclure Grillemont ni de déterminer la place que celui-ci occupait dans les biens propres ou matrimoniaux des époux.
Ainsi s’achève une affaire dont le fond était finalement beaucoup plus simple que ne le laisse penser son impressionnant vocabulaire judiciaire : Fessard avait acheté Cancaval et voulait, légitimement, recevoir une propriété débarrassée de l’hypothèque de Caroline. Mais il voulut aller plus loin en exigeant qu’elle abandonne également ses éventuels droits sur les 40 000 francs dus à Pierre-Louis. C’est précisément ce que le tribunal refusa de lui accorder.
Cette procédure nous livre cependant bien davantage qu’une querelle juridique. Elle nous apprend que Cancaval appartenait déjà à Pierre-Louis de Serizay au moins en 1868, et révèle ainsi une possession des Serizay de Grillemont jusque sur les bords de la Rance maritime. Elle dévoile également un aspect beaucoup plus intime de cette famille : Pierre-Louis et Caroline, quoique toujours mariés, avaient été séparés de corps par jugement et leurs intérêts financiers avaient été dissociés, Pierre-Louis restant débiteur envers son épouse d’une somme considérable.
Une interrogation demeure toutefois entière : pourquoi cette séparation de corps avait-elle été prononcée ?
Notre jugement n’en dit pas un mot. Il nous ouvre donc une porte sur l’histoire privée du couple de Serizay, mais se garde bien de nous dire ce qui s’était passé derrière elle.

Et si Cancaval nous permettait de dater les tous derniers travaux de Grillemont ?
Il est parfois des documents qui, sans parler directement d’un lieu, viennent soudainement en éclairer l’histoire.
La vente de Cancaval, en 1875, pourrait être de ceux-là.
Jusqu’à présent, nous avions attribué la dernière grande campagne de transformation de Grillemont — celle de sa surélévation et de son nouveau couronnement — à Clémentine Urvoit de Saint-Mirel et à son époux Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais. Leurs armoiries, toujours présentes sur le château, semblaient naturellement signer ces travaux et nous avaient conduits à les situer assez tôt après leur mariage.
La découverte de l’affaire de Cancaval nous invite aujourd’hui à regarder cette chronologie tout autrement.
Pierre-Louis de Serizay avait épousé Caroline-Marie-Emma Guérin du Can en 1848. Or nous savons désormais qu’après leur séparation de corps, les reprises de Caroline furent fixées à la somme considérable de 80 000 francs, dont 70 000 restaient encore dus. Plus étonnant encore, Caroline accorda à son époux un délai allant jusqu’au 1er janvier 1900 pour s’en acquitter.
Pourquoi un délai aussi considérable ?
Nous ne le savons pas.
Mais cinq ans après cet arrangement, en septembre 1875, Pierre-Louis vend Cancaval pour 40 000 francs. Et c’est encore ce même Pierre-Louis qui échangea Grillemont avec sa cousine Clémentine Urvoit de Saint-Mirel, épouse d’Hyppolite Le Fer de la Gervinais, contre la propriété de La Nourrais, à Léhon.
Pris séparément, chacun de ces événements possède sa propre histoire.
Rapprochés, ils dessinent pourtant une autre possibilité.
Et si la dernière et très coûteuse campagne de transformation de Grillemont avait en réalité commencé sous Pierre-Louis et Caroline ?
Le poids financier de ces travaux pourrait alors jeter une lumière nouvelle sur les difficultés patrimoniales du couple, sur l’importance des sommes dues à Caroline, sur l’échéancier exceptionnel qu’elle accorda à son mari, puis sur la vente de Cancaval.
Et l’échange de Grillemont contre La Nourrais prendrait lui aussi une autre dimension.
Clémentine et Hyppolite auraient pu recevoir un château dont la grande transformation était déjà commencée, la poursuivre ou l’achever, avant d’apposer leurs propres armoiries sur le couronnement nouveau de l’édifice. Ces armes ne marqueraient donc pas nécessairement le commencement des travaux : elles pourraient tout aussi bien en marquer l’achèvement.
Ainsi se dessinerait une chronologie nouvelle : non plus une dernière campagne entreprise peu après le mariage de Clémentine et Hyppolite, mais une transformation beaucoup plus tardive, engagée sous Pierre-Louis et Caroline et achevée après le passage de Grillemont aux Le Fer de la Gervinais, possiblement dans les années qui suivirent 1875.
Rien, dans l’affaire de Cancaval, ne nous dit expressément que les travaux de Grillemont furent à l’origine des difficultés financières de Pierre-Louis. Nous devons donc conserver cette reconstruction comme une possibilité.
Mais il existe des coïncidences qui, lorsqu’elles commencent à s’ordonner les unes par rapport aux autres, cessent peu à peu de ressembler au hasard.
Sans la vente de Cancaval, nous n’aurions probablement jamais pensé à regarder ainsi la dernière transformation de Grillemont.
Et peut-être est-ce finalement là le plus beau cadeau de ce document : en nous racontant la vente d’une propriété située à plusieurs kilomètres de Grillemont, il vient peut-être de nous permettre de comprendre — et presque de dater — la dernière grande métamorphose du château.

Les armoiries de Grillemont
— Hyppolite Le Fer de la Gervinais et Clémentine Urvoit de Saint-Mirel
Au sommet du frontispice de Grillemont apparaissent les armoiries des deux époux qui marquèrent la dernière grande transformation du château au XIXᵉ siècle : Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais et Clémentine Urvoit de Saint-Mirel.
Cependant le sculpteur ne s’est pas contenté de juxtaposer deux écus puisqu’il a imaginé une composition beaucoup plus originale dans laquelle les armes semblent appliquées sur deux volumes sphériques, presque deux globes accolés. Cette courbure explique l’aspect particulier des figures que l’on observe encore aujourd’hui sur la pierre : l’échiqueté des Le Fer de la Gervinais comme les rangées de molettes des Urvoit de Saint-Mirel paraissent légèrement infléchis, comme s’ils épousaient la surface bombée sur laquelle ils sont sculptés.
➡ À gauche figurent les armes des Le Fer de la Gervinais : échiqueté d’or et de gueules.
➡À droite apparaissent celles de Clémentine Urvoit de Saint-Mirel, avec leurs sept molettes disposées 4-3.
Et puis autour des deux globes se développe ensuite tout un décor symbolique. Chacun est extérieurement accompagné d’une grande crosse en forme de S, terminée en haut et en bas par des éléments striés évoquant de petites cornes d’abondance, disposées en sens inverse l’une de l’autre.
La composition n’est cependant pas parfaitement symétrique.
Du côté de Clémentine, la terminaison supérieure laisse s’échapper une guirlande de fleurs et de feuillages qui descend le long de son globe. Cette délicate différence pourrait constituer une évocation féminine au sein de la composition : à travers les fleurs accompagnant ses armes, le sculpteur aurait ainsi individualisé Clémentine elle-même. Là encore, il s’agit d’une lecture du décor et non d’une certitude documentaire, mais l’intention paraît d’autant plus séduisante que cette guirlande n’a pas son équivalent du côté de son époux.
Trois autres petits motifs fleurdelisés apparaissent autour des globes. Très différents de la fleur de lys héraldique conventionnelle, ils sont creusés dans la pierre plutôt que sculptés en saillie et présentent une forme extrêmement simplifiée : une sorte de demi-globe central accompagné de deux petites feuilles latérales.
Entre les deux sphères se dresse enfin un élément vertical particulièrement curieux. Il possède, dans sa partie inférieure, un pommeau sphérique, puis une longue tige — ou lame — qui remonte entre les deux globes et s’achève, au sommet, par une fleur de lys. L’objet évoque une épée ou un sceptre fleurdelisé, sans que son identification puisse être affirmée avec certitude. Sa position est néanmoins remarquable : placé exactement sur l’axe médian, il sépare autant qu’il réunit les armes des deux époux.
Au-dessus de l’ensemble prend place une couronne ouverte, dominant la composition et achevant cette véritable mise en scène héraldique.
Ainsi, le frontispice de Grillemont ne présente pas seulement deux blasons destinés à identifier leurs propriétaires. Il forme une composition sculptée beaucoup plus élaborée dans laquelle volumes, fleurs de lys, crosses, abondance végétale, couronne et objet fleurdelisé central organisent les armes d’un couple.
Et cette sculpture prend aujourd’hui une signification supplémentaire.
Nos recherches nous conduisent en effet à situer l’achèvement de la dernière grande campagne de transformation de Grillemont après 1875, au lendemain de la vente de Cancaval par Pierre-Louis de Serizay. Les armes de Hyppolite et Clémentine, inscrites dans cette partie du château, apparaissent alors comme la signature monumentale de ceux qui en auraient conduit ou achevé la dernière métamorphose.
Plus d’un siècle après eux, leurs portraits sont toujours conservés dans les chambres de Grillemont.
Leurs visages demeurent à l’intérieur du château ; leurs armes, elles, en gardent la façade.


Le chantier à bateau et le château de Grillemont.
A noter pour celui-ci, ici à sa gauche immédiate, dans ce qui est aujourd’hui les jardin, un autre corps de logis de nos jours entièrement disparu.

Le château de Grillemont au dessus du méandre de la Vieille rivière.
Travail cadastral personnel…

Avant le percement du rocher…travail de reconstitution personnel.

Le vieux lavoir du château de Grillemont assis à l’extérieur du château en une parcelle toujours « privative » .

1834
Liste parcellaire des terres :
N° parcellaire – Nom de la Parcelle – Nature de la dite parcelle
3 et 4 : le Clos Duran. Pré et terre labourable
8 et 9 : le Marais. Terres labourables
14 : Futaie. La Chenaie
19 : La Chouanière. Courtil
21 : la Chouanière. Maison
22 : la Chouanière. Masure
23 : le Petit Domaine
24 : la Chesnaie. Pature
25 : la Chesnaie. Pature
26 : Landeboulou. Maison
27 : Colombier. Bâtiment
28 : le Jardin. Courtil
32 : le Closset. Terre labourable
34 : le Domaine. Terre labourable
35 : le Domaine. Landes
37 : le Rocherel. Terre labourable
39 : la Petite Moussaye. Terre labourable
43 : les Vaux. Futaies
44 : les Vaux. Futaie
45 : les Vaux. Futaie
51 : le Tertre aux Bergères. Landes
53 : le Tertre aux Bergères. Terre labourable
56 : le Tertre aux Bergères. Terre labourable
62 : la Fontenelle. Terre labourable
64 : la Fontenelle. Terre labourable
67 : le Faux. Terre labourable
69 : le Faux. Terre labourable
77 : les Nouettes. Terre labourable
82 : les Nouettes. Terre labourables
86 : le Clos Guimbert. Terre labourable
87 : le Clos Guimbert. Pâture
88 : le Clos Guimbert. Futaie
91 : le Bignon. Terre labourable
93 : la Lande des Tranchais. Futaie
95 : la Vallée des Lochues. Terre labourable
96 : la Vallée des Lochues. Landes
97 : la Vallée des Tronchais. Terre labourable
98 : la Vallée des Tronchais. Pré
99 : la Vallée des Tronchais. Landes
100 : les Petits Echaussés. Terre labourable
101 : les Garennes. Terre labourable
102 : les Champs Chenais. Terre labourable
106 : les Champs Chenais. Terre labourable
109 : l’Epine. Terre labourable
112 : l’Epine. Terre labourable
116 : le Lizerait. Terre labourable
117 : le Clos Tremereuc. Terre labourable
118 : le Clos de la Fontaine. Terre labourable
119 : le Jardin de Cornican. Courtil
120 : le Doué de Cornican. Pré
121 : Cornican. Maison
122 : le Petit jradin de Derrière. Pré
124 : la Châteigneuraie. Futaie
125 : l’Entrée au Domaine de Grillemont. Terre labourable
126 : le Domaine. Terre labourable
127 : le Plessis sur la Vallée. Pré
129 : la Campagne de la Landeboulou. Terre labourable
132 : la Campagne de la Landeboulou. Terre labourable
142 : le Grand Courtil. Terre labourable
146 : le Grand Courtil. Courtil
155 : le Bâtiment des Rues. Courtils
156 : le Jardins des Planches. Courtils
157 : le Jardin de Derrière. Courtil
158 : le Jardin de Derrière. Courtil
160 : la Cour Durand. Masure
162 : la Cour Durand. Maison
167 : la Cour Durand. Courtil
171 : les Planches. Courtil
172 : les Planches. Courtil
174 : le Jardin de Derrière. Courtil
176 : le Limonet. Maison
177 : le Limonet. Maison
178 : le Limonet. Bâtiment
180 : le Jardin de la Solizerais. Courtil
191 : la Vigne. Terre labourable
216 : le Marais de la Courbure. Pré
218 : le Marais de la Courbure. Terre labourable
219 : les Bruyères. Futaie
220 : les Bruyères. Terre labourable.
221 : le Veau de le Fart de Mély (le val du phare du milieu). Ravine et Terre labourable
222 : le Veau de le Fart de Mély. Futaie
223 : le Vallet. Pré
224 : le Petit Verger de Grillemont. Courtil
225 : le Château. Maison
226 : le Jardin. Jardin
227 : le Verger du Jardin. Terre labourable
228 : le Jardin de Derrière. Courtil
229 : le Rehanet. Maison
231 : le Courtil. Courtil
232 : la Vallée sur Léphard (la vallée sur le phare). Pré
233 : le Grand Jardin. Courtil
234 : le Rehanet. Maison
235 : le Petit Jardin. Courtil
236 : le Closset. Terre labourable
237 : le Pré de la Noë. Pré
238 : la Vallée de Combette. Futaie
239 : le Clos Suzin. Terre labourable
240 : le Taillis du Réhanet. Taillis
262 : le Bois de Jannais. Taillis
263 : les Grandes Jannais. Terre labourable
273 : le Verger. Terre labourable
274 : les Barrières. Terre labourable
275 : la Chateigneraie. Forêt
276 : la Chaussée.Pâture
277 et 278 : le Pré de l’Etang. Pré
279 : la Samsonnaye. Maison
280 : le Vivier. Pièce d’eau
281 : Laveaue. Pré
282 : le Petit Jardin. Culture
283 : le Grand Jardin. Jardin
284 : la Pépinière. Terre labourable
285 : le Clos du Colombier. Terre labourable
286 : le Colombier. Bâtiment
287 : la Rabine. Forêt
288 : les Murailles. Terre labourable
289 : le Clos Rose. Terre labourable
290 : les Champsgerard. Terre labourable
291 à 294: les Grands Prés. Terres labourables
296 : le Pré Juhel. Terre labourable
297 : le Pré Pourri. Lande
298 et 299 : le Clos des Abreuvoirs. Pâtures
300 : le Vieux Chanvre. Pâture
301 : la Petite Jaunaie. Terre labourable
302 : la Petite Jaunaie. Lande
303 : la Petite jaunaie. Taillis
304 : les Viollettes. Futaie
305 : le Clos Devant. Terre labourable
308 : le Clos de la Perche. Terre labourable
309 : le Chmap de l’Orme. Terre labourable
310 : le Clos des Poiriers. Terre labourable
311 : la Cour Bregeens. Terre labourable
312 : les Champs Mingués. Terre labourable
313 : L’Auchette. Terre labourable
314 : le Champs Guillaume Thomas. Terre labourable
315 : le Clos Hezoir. Terre labourable
316 : les Moulinets. Terre labourable
317 : L’Ecobe. Terre labourable
318 : la Pâture au Cheval. Terre labourable
319 : le Clos de Pelineuc. Terre labourable
320 : le Clos des Lavoirs. Terre labourable
321 : la Janaie de Pelineuc. Terre labourable
322 : le Grand Clos de l’Hôtel. Terre labourable
323 : le Petit Clos de l’Hôtel. Terre labourable
324 : le Jausset long. Terre labourable
325 : les Rocheriaux. Terre labourable
326 : les Grands Langerais. Terre labourable
327 : les Petits Langerais. Terre labouranle
328 : les Langerais. Terre labourable
330 : la Grande …Forêt
331 : la Clé aux trois Cornières. Lande
332-333 : le Grand Clos des Landes. Terre labourabl e et pâture
334 : le Petit Clos des Landes. Terre labourable.
335 : le Clos des Vignes. Terre labourable
377-378 : la Prière.

Des Lohier de Bourseul à Grillemont : quand les archives suivent les familles – Ou lorsque Grillemont devient un véritable château familial
Il arrive que la présence d’archives anciennes dans un château paraisse, au premier regard, presque mystérieuse. Pourquoi trouve-t-on aujourd’hui à Grillemont des documents concernant les Lohier, les Lemoine ou encore les Urvoit de Saint-Mirel, dont l’histoire nous conduit parfois fort loin de Lanvallay ?
La généalogie apporte ici une réponse particulièrement éclairante.
Notre enquête consacrée aux Lohier de Bourseul nous avait conduits hier jusqu’à Perrine Lemoine, sœur notamment de Robert Lemoine. Perrine épousa Laurent Urvoit de Saint-Mirel et de cette union naquit Pierre-Jan Urvoit de Saint-Mirel, époux de Magdeleine Noquais.
À partir de là, la filiation peut être suivie de génération en génération :
Ainsi :
Laurent Urvoit de Saint-Mirel × Perrine Lemoine qui donnent :
→ Pierre-Jan Urvoit de Saint-Mirel × Magdeleine Noquais qui donnent :
→ François Urvoit de Saint-Mirel × Angélique-Anne Deniau qui donnent :
→ Pierre-Anne-Marie Urvoit de Saint-Mirel × Angélique-Agathe Deniau qui donnent :
→ Adrien-Marie-Joseph Urvoit de Saint-Mirel × Clémentine de Serizay.
Ce dernier mariage, célébré à Lanvallay le 9 novembre 1824, constitue une étape essentielle dans notre travail consacré à Grillemont.
En effet Clémentine de Serizay, qui reçoit notamment de son père en dot l’hôtel familial situé place Saint-Sauveur à Dinan, fait alors se rencontrer deux lignées que nous retrouverons bientôt réunies autour de Grillemont :
→ les Serizay
→ et les Urvoit de Saint-Mirel.
Et d’Adrien-Marie et de Clémentine naissent notamment Clémentine-Marie Urvoit de Saint-Mirel et son frère, Adrien-Clément Urvoit de Saint-Mirel. Et c’est ici que notre arbre se DIVISE… avant de se REJOINDRE à nouveau.
Pourquoi cela ?
Clémentine-Marie épouse en 1853 Hyppolite-Marie Le Fer de la Gervinais. Et le couple est alors établi au manoir de La Nourrais, à Léhon là où se trouve être aujourd’hui le centre sportif. Leur fille, Yvonne-Marie Le Fer de la Gervinais, y appartient encore pleinement à cette période familiale : elle naît en effet à Léhon, le 10 juin 1863.
Adrien-Clément Urvoit de Saint-Mirel, son oncle maternel, frère de sa mère donc, aura quant à lui pour fils : Adrien-Marie-François Urvoit de Saint-Mirel. Il naît à Maroué, proche de Lambale, le 14/10/1847. Or, le 10 mai 1893 à Lanvallay, Yvonne-Marie Le Fer de la Gervinais épouse précisément Adrien-Marie-François Urvoit de Saint-Mirel.
Les deux époux sont donc cousins germains : la mère d’Yvonne, Clémentine-Marie, et le père d’Adrien-Marie-François, Adrien-Clément, étaient frère et sœur. Et donc pour le droit civil français ils étaient cousins au quatrième degré. Ainsi se sont rejoints une nouvelle fois deux branches issues du même couple, Adrien-Marie-Joseph Urvoit de Saint-Mirel et Clémentine de Serizay.
Mais entre-temps, un autre déplacement patrimonial s’est produit.
Et oui.
Lequel ?
Et bien en 1863, lors de la naissance d’Yvonne-Marie, ses parents appartiennent encore à l’histoire de La Nourrais, à Léhon. Mais en 1893, l’acte de mariage d’Yvonne-Marie les donne désormais propriétaires demeurant à Lanvallay. Et c’est dans cet intervalle que vient naturellement prendre place l’échange familial patrimonial, conservé dans la mémoire des propriétaires : Grillemont contre La Nourrais. Et vice versa.
Et notre enquête menée autour de Cancaval permet aujourd’hui de resserrer encore cette chronologie. Le 27 septembre 1875, Pierre-Louis de Serizay vend son domaine de Cancaval, à Pleurtuit, pour pouvoir faire face très probablement à de sérieux problèmes d’argent.
Tout notre faisceau de faits nous conduit ainsi à placer l’échange de La Nourrais et de Grillemont au lendemain de cette vente de 1875 et, en tout état de cause avant 1893, année du mariage à Lanvallay il est vrai, d’Yvonne-Marie et d’Adrien-Marie-François.
Tel un pantin sortant de sa boite notre découverte de ce matin permet d’aller encore plus loin : → Après leur mariage, Yvonne-Marie Le Fer de la Gervinais et Adrien-Marie-François Urvoit de Saint-Mirel auront cinq enfants. Et tous naîtront à Lanvallay, la première en 1894 et le dernier en 1901. Ainsi, dans la continuité familiale que nous venons de reconstituer, ces naissances nous ramènent naturellement à Grillemont, celui-ci devenu le berceau, le centre résidentiel de cette branche de la famille.
Or Yvonne-Marie n’est pas enfant unique. Et son frère, Fernand-Marie Le Fer de la Gervinais, époux de Jeanne-Marguerite Brunet du Guillier, appartient lui aussi à l’histoire de Grillemont. C’est d’ailleurs à Grillemont même qu’il mourra rendant à Dieu son tout dernier souffle le 26 novembre 1918.
Alors une image beaucoup plus vivante du château apparaît.
Laquelle ?
À la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles, Grillemont n’est pas seulement la résidence d’un propriétaire et de son épouse. Mais il apparaît comme un véritable château familial, autour duquel se retrouvent deux ménages issus de la même fratrie :
→ Fernand-Marie Le Fer de la Gervinais × Jeanne-Marguerite Brunet du Guillier,
→et sa sœur, Yvonne-Marie Le Fer de la Gervinais × Adrien-Marie-François Urvoit de Saint-Mirel.
Mais cette proximité fraternelle se double d’un remarquable entrelacement généalogique puisque l’époux d’Yvonne-Marie est lui-même son cousin germain, issu de la branche de son oncle Adrien-Clément Urvoit de Saint-Mirel.
Il y a décidément certains fils rouges…
Grillemont réunit donc alors, sous un même toit, ou autour d’une même demeure familiale déjà très ancienne, fratrie et cousinage.
Et cela nous permet peut-être enfin de comprendre pleinement pourquoi tant d’archives, apparemment étrangères les unes aux autres lorsque nous les découvrions séparément, ont fini par se retrouver dans les cartons de Grillemont. Et puis à la maison.
Elles ne sont pas arrivées par hasard dans les cartons de Grillemont. En vérité elles ont suivi les hommes et les femmes.
Ainsi des Lohier et Lemoine de Bourseul, par Perrine Lemoine :
→ elles entrent dans la famille Urvoit de Saint-Mirel ;
→ celle-ci rencontre ensuite les Serizay par le mariage de 1824 ;
→ puis les Le Fer de la Gervinais par celui de Clémentine-Marie.
Et tout cela avant que le mariage établi entre Yvonne-Marie et son cousin Adrien-Marie-François ne réunisse, une nouvelle fois, deux rameaux de cette même histoire familiale.
Ainsi, derrière les vieux papiers conservés aujourd’hui à Grillemont, apparaît quelque chose de beaucoup plus précieux qu’une simple accumulation d’archives : → la trace matérielle des familles qui, génération après génération, se sont unies, ont hérité, se sont déplacées et ont emporté avec elles la mémoire de ceux qui les avaient précédées.
Et c’est peut-être pour cela que, plusieurs siècles après Laurent Urvoit de Saint-Mirel et Perrine Lemoine, nous pouvons encore retrouver leur histoire à Grillemont.
Leurs descendants y sont venus.
Et provisoirement moults de ces papiers dorment aujourd’hui, toujours aussi sagement, au plus près de ce bureau sur lequel ce soir j’écris.
JP
Conclusion
Du simple pavillon à tourelles édifié au début du XVIIᵉ siècle, sur des terres héritées de la Landeboulou, jusqu’au château néogothique rehaussé et armorié au XIXᵉ, Grillemont raconte l’histoire continue d’une demeure façonnée par moultes générations de Serizay, puis reprise par leurs héritiers alliés aux Urvoy de Saint-Mirel et aux Le Fer de la Gervinais.
Chaque étape – la première aile appuyée sur la tourelle, la grande façade orientale ouverte sur la cour d’honneur, la surélévation des combles, l’adjonction du fronton – traduit non seulement l’évolution des goûts architecturaux, mais aussi la volonté de ses maîtres de marquer leur rang et leur permanence dans le paysage de Lanvallay.
Grillemont, inscrit dans l’horizon de la Rance et tourné vers la courbe du fleuve, reste ainsi le témoin vivant d’un patrimoine foncier et familial qui s’enracine profondément dans l’histoire de la Landeboulou.
Il en est l’héritier direct, et l’un des symboles les plus éloquents.
Jean-Pierre