
Landeboulou Le bien foncier d’Anne, Pierre-Louis et Eugène de Serizay
Prologue
En 1787, un simple aveu foncier rendu pour des terres situées à Landeboulou révèle une réalité oubliée : Grillemont n’était pas seulement un domaine noble mais le centre d’un bailliage actif, ou sénéchaussée, doté de sa propre juridiction, organisant un territoire, contrôlant des flux et rendant justice. Rendant sa justice (sur le plan judiciaire cette sénéchaussée possédait une barre qui jugeait en première instance l’ensemble des vassaux relevant d’un même fief. Il jugeait aussi en « appel », ou en seconde instance si l’on préfère. Le premier juge portait le titre de sénéchal, le second d’alloué et le troisième de lieutenant).
À travers ce document se dessine un micro-pouvoir local, discret certes, mais structurant dont l’existence éclaire d’un jour nouveau la lutte menée par Renée Prioul pour la reconnaissance de la noblesse de sa famille entre 1694 et 1704.
Lorsqu’un aveu inattendu, surgissant de cet océan immense qu’est l’oubli, fait surgir tout un monde nouveau surgie alors, avec lui, une vérité immense trop longtemps ignorée de nous.
Il existe effectivement des documents d’archives inconnues de tous qui, sous leur apparente banalité, contiennent un monde entier qui ne demande à être que révélé.
Mais nous faut-il encore pouvoir les découvrir, les posséder, les comprendre.
L’aveu rendu en 1787 pour des terres de Landeboulou appartient à cette catégorie rare. Et cet aveu dormait au fond des archives privées de Grillemont.
À première vue il ne s’agit que d’une déclaration de biens, de rentes, de limites et de dépendances.
Mais à y regarder de près !
En vérité il révèle bien d’autres choses, presqu’au centuple : Grillemont n’était pas seulement un lieu de résidence noble, mais un centre de pouvoir réel.
Cet aveu mentionne explicitement le bailliage du Bois Brassu celui-ci s’étendant au minima sur un village, un hameau et une métairie hier noble. Ainsi à la fin du xviii siècle relèveront de son bailliage le village de Landeboulou, la métairie de la Samsonnais et le hameau des Chevrins.
Cette seule indication suffit à bouleverser notre compréhension. Elle signifie que Grillemont n’était pas seulement propriétaire, mais justicier ; qu’il ne se contentait pas de posséder, mais qu’il administrait ; qu’il ne dominait pas seulement par la terre mais aussi par le droit.
Grillemont au xix siècle sera aussi possesseur et de la maison métairie de Conican et du château de Beauvais, toujours en Lanvallay.
Aujourd’hui, qui se souvient encore que Grillemont rendait justice ?
Personne.
Et oui.
Et pourtant en 1787 cela allait toujours de soi.

Landeboulou, Grillemont, le Rehanet, Conican, la Samsonnais.
La maison /métairie de Conican sera cité dès le xvi siècle au travers de noble homme Bertrand Percevault époux de Raoulette Labbé ; né vers 1580 il est cité au baptême de Bertranne Barbier née en 1615. Archive de Lanvallay, image 231. Il sera cité également en octobre 1611 lors du baptême d’Allaine Labbé. ARL image 179.
Conican sera en fait cité par son propre père, Bertrand Percevault, époux de Michelle Maingard ; la famille Maingard, famille de navigateur marchant, sortira de Saint-Malo de l’Isle citée qu’elle sera en celle-ci dès le xv siècle..
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I.
Le bailliage de Bois Bassu : une structure de pouvoir, pas une abstraction
Un bailliage n’est pas une circonscription vague. C’est une machine juridique complète. Il implique un seigneur justicier, un officier de justice (bailli ou sénéchal), un greffe, des audiences et leurs papiers notariaux, des droits de saisie, des amendes, une fiscalité seigneuriale et une police seigneuriale même si celle-ci ne relève que du local.
Posséder un bailliage ce n’est donc pas simplement posséder des terres mais c’est aussi exercer un pouvoir.
Lorsque l’aveu de 1787 parle du bailliage du Bois Brassu il ne désigne pas un souvenir archaïque mais une réalité fonctionnelle. Ce bailliage est actif, reconnu, opérant. Il encadre les dépendances, fixe les obligations, inscrit les territoires dans une hiérarchie.
Grillemont n’est donc pas seulement un château.
Mais il est également un centre de juridiction.
Pourquoi « le bailliage de Bois Brassu » ?
Pourquoi ici même ce nom composé étrangement si beau ?
En vérité nous avons cherché sans rien pouvoir trouver même s’il existe, proche de Carentoir, proche de la Gacilly, une ancienne petite seigneurie nommée de Bois Brassu. Mais aucun lien n’a pu être trouvé pour les réunir tous les deux.
Une question surgit immédiatement : pourquoi ce nom, alors que rien, aujourd’hui, ne semble s’appeler ainsi autour de Grillemont ?
Dans l’organisation féodale, le nom d’un bailliage ne correspondait pas nécessairement à celui de la résidence seigneuriale. Il pouvait conserver l’appellation d’un ancien fief absorbé, d’un ancien manoir disparu, d’un ancien bois juridictionnel (relevant de sa juridiction), ou d’un ancien lieu de plaids.
Aussi le Bois Brassu peut être compris comme étant un toponyme ancien ayant pu servir, à l’origine, à designer une surface forestière réelle intégrée au paysage et à l’histoire foncière de Landeboulou.
Et c’est ce lieu concret qui par la suite a donné, par sédimentation historique, son nom au ressort de justice qui s’y est naturellement rattaché : le bailliage du Bois Brassu.
Autrement dit ce n’est pas la fonction qui a créé le nom mais le Bois Brassu qui est devenu la fonction.
Le nom de Bois Brassu pourrait ainsi être le vestige d’une structure antérieure dont le Grillemont du xviii siècle aurait hérité la juridiction sans en modifier la dénomination.
Cette hypothèse est d’autant plus plausible que les sociétés d’Ancien Régime connaissent de nombreux micro-bailliages certains ne couvrant que quelques journaux de terre tout en possédant une juridiction réelle.
En vérité ce que mesure un bailliage ce n’est pas la simple surface occupée mais le droit de le faire.
Mais quelle serait éventuellement l’origine orthographique de Bois Brassu ?
Sachons qu’en latin, le mot brachium signifie « bras ». Et sonnent alors à nos oreilles la racine latine multiple brach, brass, brac.
Une hypothèse linguistique n’a de valeur que si elle correspond au terrain. Or ici le paysage de Landeboulou semble devoir, ou pouvoir, valider une hypothèse : celle d’un brachium naturel, d’un bras, d’une dérivation, d’un coude, d’une bifurcation.
Et à Landeboulou tout cela concorde.
Ainsi nous avons :
– La présence d’un méandre majeur (la Courbure),
– d’une zone humide,
– deux ruisseaux affluents,
– d’une rupture de navigation,
– d’une dérivations hydrauliques probables,
– la présence d’un ancien port,
– la présence d’un seuil topographique.
Mais la racine brach, brass et brac dans tout cela ?
Dès l’Antiquité ce mot divers est en effet utilisé de manière métaphorique pour désigner soit :
– un bras de rivière,
– un embranchement,
– un coude,
– un méandre,
– une dérivation,
– une bifurcation.
La paroisse de Lanvallay, à la charnière des xiii et xiv siècles, possèdera ses propres moulins dits de Brachessac, ses propres moulins à bras cette interprétation de Brachessac étant présente dans la tradition.
Mais un moulin à bras ne s’appelle alors pas nécessairement brachium, il est vrai. Aussi il existe de nombreux termes pour désigner les types de moulins.
Cependant il est possible que la racine brach- fasse référence :
– soit à une configuration hydraulique (bras de rivière, dérivation),
– soit à la forme d’un site (coude, bifurcation),
– soit à un système de dérivation d’eau.
Or les moulins anciens sont presque toujours placés soit sur des bras secondaires, ou des dérivations, des zones de rupture ou encore sur des points de contrôle de l’eau.
Notre toponyme Brassu présente une forme phonétiquement très proche de nos trois susdites racines latines.
Aussi il pourrait être une forme héritée de celles-ci.
Brassu à ce titre pourrait donc être le fruit soit :
– d’une évolution locale de la même racine,
– d’une forme dialectale,
– d’une altération graphique,
– ou d’une simplification.
En vérité dans les parlers anciens les groupes ch, ss, sc, x s’échangent souvent.
Il n’est donc pas du tout impossible que Brassu et Brachessac, tous deux utilisés aussi dans l’histoire sociale de Lanvallay, soient deux dérivés d’une même racine ancienne.
Ces évolutions sont normales.
L’oralité, les transcriptions approximatives et les glissements phonétiques médiévaux n’ont t’ils pas constamment transformé les mots ?
Cette extension de sens est parfaitement attestée. Dans les chartes latines nous trouvons ainsi le terme brachium fluminis pour désigner soit un bras secondaire, soit une dérivation ou soit encore une zone de division du courant.
De nombreux toponymes européens dérivent donc de cette racine, souvent altérée phonétiquement qu’est : Brac, Brax, Bras, Brasse, Braye, Bré, etc.
Aussi, ici même à Bois Brassu, pouvons-nous aller de la géographie à la fonction ?
Ce qu’il nous faut comprendre c’est qu’un lieu n’est pas forcément nommé pour ce qu’il fait administrativement (la Cour aux comptes etc.), mais pour ce qu’il peut être physiquement.
Ensuite ce lieu peut devenir :
– un centre,
– un seuil,
– un point de passage,
– un pôle,
– un repère,
– un lieu de justice.
Et c’est très probablement ce qui s’est passé avec le Bois Brassu.
– Celui-ci fut d’abord un lieu.
– Puis il devint un nom de ressort avant d’être le repère juridique qu’il sera toujours au XVIII siècle, en 1787 exactement.
Pour résumer le toponyme Brassu doit être compris, avant tout, comme un nom de lieu ancien, issu d’une désignation descriptive du paysage. Et il pourrait donc être rapproché, avec prudence, de la racine latine brachium, qui désigne un bras, un embranchement ou un coude, sens souvent étendu aux méandres et aux dérivations hydrauliques.
Cette hypothèse trouve effectivement un écho dans la présence, dans la même paroisse, de toponymes tels que Brachessac, associés à des moulins, ainsi que dans la configuration topographique marquée par des zones de rupture, de dérivation et de contrôle de l’eau. Toutefois, en l’absence de formes médiévales attestées, cette interprétation doit rester prudente et ouverte.
II.
Géographie, marais et rupture de charge : pourquoi Landeboulou est stratégique
Pour comprendre pleinement le rôle de Landeboulou dans le système de Grillemont, il faut quitter un instant les parchemins et regarder le paysage.
Dinan est située en fond d’estuaire.
Avant l’ouverture du canal d’Ille-et-Rance au XIXᵉ siècle, la navigation sur la Rance dépendait étroitement des marées. Elle était en outre ralentie par un obstacle naturel majeur : le méandre dit de la Courbure, zone marécageuse alimentée par deux ruisseaux nés en la paroisse de Lanvallay, celui de Monplaisir et celui de la Samsonnaye (Samsonnais).
Dans ce type de configuration les sociétés anciennes mettaient en place ce que l’on appelle une rupture de charge : on déchargeait les marchandises avant la zone problématique, on les faisait passer par voie terrestre, puis on les remettait éventuellement à l’eau un plus loin.
Or, la topographie de Landeboulou correspond exactement à ce schéma.
Le plateau de Landeboulou descend directement vers la vallée de la Rance, juste en amont de ce méandre. Il est relié au bas-fond par un chemin ancien, toujours visible aujourd’hui, et que l’aveu de 1787 mentionne explicitement comme « descendant sur le marais ».
Ce chemin part au pied même du manoir de Landeboulou.
Cette proximité n’est pas fortuite : les grandes voies de circulation naissent presque toujours au contact du pouvoir seigneurial, car elles sont à la fois contrôlées, entretenues et fiscalisées.
Et ainsi, les bois de charpente notamment, était déchargés au-devant du méandre de la Courbure pour prendre la direction, via Landeboulou, de Rennes ou bien celle de Dinan.
Landeboulou apparaît ainsi non comme un simple village, mais comme un point de bascule entre deux mondes : celui de la navigation fluviale et celui du plateau terrestre.
III.
La Porte Provost : une porte juridique, pas une porte de pierre
L’aveu de 1787 mentionne un lieu nommé la Porte Provost. Ce nom est d’une richesse exceptionnelle.
Dans la langue d’Ancien Régime, le mot porte ne désigne pas seulement un élément bâti. Il désigne un seuil : un point de passage, un lieu de bascule, un espace où l’on change de régime juridique.
Quant au mot Provost (prévôt), il appartient à l’univers de la justice, de l’ordre et de la perception. Le prévôt est un officier chargé de surveiller, de juger à petite échelle, de percevoir les droits, de faire respecter l’autorité seigneuriale.
La « Porte Provost » n’est donc pas une porte monumentale.
C’est une porte de juridiction.
Dans un contexte de rupture de charge, sa fonction devient limpide : on ne passe pas du fleuve au plateau sans être identifié, sans que les marchandises soient vues, sans que les droits soient perçus.
Le bâti ancien repéré sur ce trajet correspond parfaitement à cette fonction. Ce n’est pas une maison quelconque. C’est une maison placée là pour une raison.
IV.
Port Provost : le pendant fluvial
À la Porte Provost répond le Port Provost.
Et nous avons là en 1784 un couple toponymique remarquable :
• La Porte Provost = seuil terrestre
• Le Port Provost = seuil fluvial
Ce type de symétrie n’est jamais poétique. Il est administratif.
Il révèle l’existence d’un espace structuré par le pouvoir, organisé, surveillé, intégré dans un système de circulation et de prélèvement.
Ce que nous voyons se dessiner ici, ce n’est pas une simple géographie : c’est une géographie du pouvoir.
Grillemont ainsi était le maître de ses seuils, celui de son port, de ses chemins et de sa continuité foncière s’étirant depuis la rivière !
Ce que montre réellement la carte de 1833 ?
Cette carte de Landeboulou n’est pas un simple document cadastral. Elle est une radiographie territoriale. Elle ne montre pas seulement des parcelles ; elle révèle une logique d’implantation.
Ce que l’on voit immédiatement, c’est que la majeure partie du parcellaire de Landeboulou relève alors des seuls Serizay. Cette concentration foncière n’est pas anodine. Elle signifie que nous ne sommes pas face à une juxtaposition de propriétés indépendantes, mais devant un territoire cohérent, structuré, historiquement continu.
Les trois héritiers mentionnés – Anne de Serizay, Pierre-Louis de Serizay et Eugène de Serizay – se partagent non pas des lambeaux épars, mais des ensembles lisibles, articulés les uns aux autres, formant une emprise territoriale continue, depuis le plateau jusqu’aux zones basses proches de la Rance.
Autrement dit : Landeboulou n’est pas un village “posé là”.
Il est intégré.
Finalement continuité foncière et logique seigneuriale vont toujours de paires. Dans l’Ancien Régime la dispersion foncière est fréquente. Les héritages, ventes, dots et successions morcellent souvent les domaines.
Mais ici, ce que montre la carte de 1833, c’est l’inverse : elle nous montre une continuité.
Et cette continuité signifie plusieurs choses :
- Elle traduit une ancienneté de possession.
- Elle suppose une volonté de maintenir la cohérence du domaine.
- Elle révèle une stratégie familiale sur le temps long.
Un domaine continu n’est jamais un hasard. Il est le produit d’alliances, de rachats, de regroupements, de protections juridiques, et parfois de luttes.
Ce que nous voyons à Landeboulou, c’est une géographie héritée : une géographie où chaque parcelle est la trace d’une décision passée.
Ce que révèle la carte de 1833 va bien au-delà du simple parcellaire ; elle nous montre une organisation par seuils.
Et un seuil, dans une géographie ancienne, n’est pas une limite abstraite. C’est un point de bascule : un lieu où l’on passe d’un régime à un autre, d’un mode de circulation à un autre, d’un statut à un autre. Ce sont ces seuils qui concentrent le pouvoir.
À Landeboulou, ces seuils sont visibles.
Et ils sont :
– le plateau qui domine
– la descente vers le marais
– la proximité immédiate de la Rance
– la rupture du méandre de la Courbure
– les accès vers les ports
– les chemins structurants
Ce n’est pas une juxtaposition de paysages, c’est un dispositif.
Dans un monde où les transports sont lents, coûteux et tributaires de la météo, contrôler un point de rupture — là où la navigation devient difficile, là où les marchandises doivent être transbordées, là où les hommes ralentissent — c’est détenir une puissance logistique.
Or Landeboulou se situe précisément là.
Et si elle s’assoit entre chacun de ses points, les comprenant tous de fait, elle s’assoit aussi entre la route reliant Dinan à Dol/Avranche et l’ancien port séculaire du Josselin, proche de Lestra.
Finalement la mémoire antique devient elle-même l’une des ossatures du territoire.
Le chemin gallo-romain de Lestra, aujourd’hui, n’est pas devenu un simple détail pittoresque lui qui fut une véritable colonne vertébrale.En effet les voies antiques ne disparaissent jamais vraiment. Elles se déplacent parfois de quelques mètres, changent de revêtement, mais leur logique persiste pendant des siècles, parfois des millénaires.
Elles sont les lignes de moindre résistance du paysage. Face à l’extrémité septentrionale de Landeboulou se trouve l’ancien vicus de Taden.
Ce n’est pas un hasard.
Les vicus romains ne furent t’ils pas des lieux de circulation, de commerce, d’administration locale, de stockage, de redistribution ?
Chacun d’eux ne fut t’il un nœud ?
Et lorsque l’on met bout à bout tous ces éléments — la continuité foncière, les seuils topographiques, les ports, les chemins anciens, la proximité d’un vicus antique, lastructuration des dépendances — une évidence s’impose : Grillemont ne fut pas hier un simple point mais il fut un pôle celui-ci possédant sa propre importance.
Et un pôle, ce n’est pas seulement un lieu où l’on habite. C’est aussi un lieu où l’on organise.
Grillemont ainsi hier organisa :
– les circulations(chemins, rives, passages via des corvées partagées)
– les flux (marchandises, hommes, bétail)
– les statuts (nobles, tenanciers, dépendants)
– les juridictions (bailliage, aveux, reconnaissances)
– les héritages (lots, regroupements, continuités)
Autrement dit Grillemont ne fut pas simplement un château entouré de terres. Il fut avant toute chose un centre de gravité territorial.
Qu’en est t’il encore aujourd’hui ?
Petit sourire.
Le fait que les Serizay aient pu contrôler, à un moment donné, à la fois des terres s’étendant vers Lestra et des ports faisant face à Taden signifie qu’ils étaient positionnés sur une interface majeure : celle entre la terre, la rivière et l’urbanité ancienne.
Cela ne renforce t’il pas considérablement l’idée que Grillemont ne fut pas une seigneurie décorative, mais une véritable seigneurie nodale.
Aussi Grillemont fût t’il, finalement, un véritable pôle organisateur ?
Le fait que l’emprise foncière des Serizay en 1833 s’étirait jusqu’au Port Josselin, desservi par cette ancienne voie, n’est pas fortuit. Cela signifie que le domaine de Grillemont, né au lendemain de 1601 par un démembrement de Landeboulou, ne fut pas seulement médiéval ; il fut aussi héritier de structures antiques.
– Landeboulou ne fut pas un territoire improvisé.
– Landeboulou fut un territoire reconfiguré.
Les seigneuries puissantes ne se contentèrent pas de posséder en effet ; très souvent elles se greffèrent sur des réseaux préexistants. Landeboulou/Grillemont ne fit pas exception à cette règle.
V.
Même les nobles sont vassaux : la féodalité réelle
L’aveu de 1787 fait tomber une illusion persistante : celle d’une noblesse entièrement libre, hors de tout système de dépendance.
Dans la réalité féodale, le territoire prime sur le rang. On est vassal non par pauvreté, mais par ancrage foncier.
Qu’on soit noble, bourgeois, officier ou marchand, posséder une terre dans l’enclave de Grillemont signifie reconnaître sa juridiction, payer ses droits, accepter son autorité.
L’aveu détaille des rentes en argent, des redevances en nature, des obligations diverses, des partages fractionnés en portions précises. Ce niveau de détail n’est pas excessif : il est nécessaire pour faire fonctionner un système.
C’est ici que la féodalité devient visible : non pas comme décor, mais comme comptabilité du pouvoir.
Les Briand de la Feillée nés au sein même de la paroisse de Pleudihen, appartenant à noblesse de celle-ci dès le xv siècle, appartenant à la mer, appartenant aussi au territoire, illustrent parfaitement ce fait.
Notre document, ou notre aveu de 1784, ne nous parle pas seulement de terres mais il nous parle aussi de personnes. Et parmi elles notre famille des Briand de la Feillée.
Cette famille appartenait donc à une noblesse mobile, connectée aux grands circuits économiques et maritimes. Jean-Marie Briand de la Feillée, habitant Saint-Malo, navigateur et marchand malouin, capitaine de la Diane pour la Compagnie des Indes, incarne ce monde ouvert.
– Jean-Marie ne fut t’il le découvreur en 1722 de l’ile Tromelin dans l’océan indien ?
– Ne fut t’il pas indirectement lié aux célèbres frères Robert de la Menais possesseurs de celle-ci ?
– Sa propre fille en 1784 ne rendra t’elle pas aveu au seigneur de Grillemont pour des biens hérités à landeboulou ?
De fait Jeanne-Perinne-Robert Briand de la Feillée, épouse de Louis-François Robert de la Mennais, celui-ci assesseur puis échevin de Saint-Malo, et créateur à Saint-Malo de la compagnie maritime « les Menais Robert » armant à ce titre une dizaine de bateaux, tenait ces mêmes biens et de son père et de sa tante sœur de celui-ci, Anne Briand de la Feillée. Et à ce titre elle les tenait également de ses aïeux paternels Nicolas Briand de la Feillé et Françoise Aubry.
Unis tous les deux en l’église du prieuré de la Magdeleine au pont à Dinan ils habiteront au port de Dinan l’ancien noble logis de Grillemont.
Tout cela est de fait est capital.
Pourquoi cela ?
Parce que cet aveu nous montre que, malgré leur envergure, ces familles restent insérées dans un maillage féodal local. Le monde global ne dissout pas le monde seigneurial : il s’y articule.
Landeboulou n’est donc pas une périphérie mais il est un point de jonction.
VI.
Grillemont : une seigneurie vivante
À travers cet aveu, Grillemont cesse d’être un nom figé. Il devient un organisme socialement vivant.
Il y possède :
– un territoire structuré,
– des seuils,
– des chemins,
– des ports,
– des maisons de contrôle,
– des obligations codifiées,
– une juridiction,
– un bailliage.
Tout cela est actif. Grillemont ne se contente pas d’exister : il fonctionne.
Et notre Dame Renée Prioul dans tout cela que fut t’elle alors ici même à la charnière des xvii et xviii siècle ?
Fut-une stratégie de continuité ?
À la lumière de tout ce que révèle l’aveu de 1787 la figure de Renée Prioul apparaît sous un jour entièrement nouveau.
Elle n’est plus seulement une veuve courageuse défendant l’honneur de son nom.
Elle devient une actrice politique locale. Issue de la noblesse de robe, fille d’un premier syndic de Rennes, elle comprend que la noblesse n’est pas un ornement, mais une clé juridique.
Perdre la reconnaissance nobiliaire, ce n’est pas perdre un nom.
C’est perdre :
– la capacité de rendre justice
– la capacité de structurer le territoire
– la capacité de maintenir les hiérarchies
– la capacité de préserver la continuité
Aussi ce que Renée défend entre 1694 et 1704, ce n’est pas simplement une étiquette.
C’est tout un système.
Si Grillemont n’était qu’un titre, la lutte de Renée Prioul pour la réhabilitation nobiliaire serait une affaire d’honneur.
Mais si Grillemont fut un véritable système territorial, alors sa lutte, véritable outil, fut une affaire de survie fonctionnelle à part entière. Renée n’a donc pas seulement défendu une mémoire. En vérité elle a défendu un outil. Et un vrai.
Elle se bat alors pour que Grillemont redeviennent ce que hier il fut : un centre de juridiction, un point de contrôle, une autorité territoriale reconnue.
Dans son combat personnel mené plus pour ses enfants que pour elle-même, pour que ces mêmes enfants puissent enfin recouvrer tous leurs droits liés à la noblesse perdue de leurs propres père et mère, Renée en vérité ne défend pas le passé.
Non.
Déjà possesseur d’un bailliage qui lui appartenait en propre, à la Chapelle-Chaussée, Renée en vérité, entre 1694 et 1704, ne fait que défendre l’avenir de sa toute descendance, née et à naître.
Ce que tout cela change dans la lecture de Renée Prioul ?
Et bien que cet outil ne fût pas un simple objet abstrait : il était fait lui aussi de chemins, de seuils, de ports, de rentes, de juridictions, de successions.
Et c’est pour eux que Renée aussi mena combat.
Tout le contenu de l’aveu de 1787, celui-ci ne concernant qu’un seul féal de Grillemont du moment, nous montre que Renée en 1704 a effectivement gagné.
L’aveu de 1787 nous montre que cet outil composé fonctionnait encore.
La carte de 1833 nous montre qu’il fonctionnait toujours.
VII.
Landeboulou, matrice de Grillemont : généalogie d’un pouvoir foncier
Avant Grillemont ne fut ici même que Landeboulou ; il ne fût qu’un pôle très ancien.
Pour comprendre Grillemont il nous faut donc d’abord oublier Grillemont. Il nous faut remonter plus haut, plus loin, beaucoup plus profondément.
Nous ne pouvons que faire ainsi si nous voulons réellement pouvoir comprendre Landeboulou.
Grillemont n’est donc pas un point de départ mais il est en vérité une recomposition.
Landeboulou de fait est la propre origine de Grillemont.
Elle est attestée dès 1473 au travers de son seigneur Ivetes, mais ses racines plongent bien plus loin encore, jusqu’aux années 1070–1100, lorsque Picot de Landa Boulou apparaît parmi les fondateurs du prieuré du Pont à Dinan.
À cette époque nous ne sommes pas dans un monde de châteaux figés, mais dans celui des pôles territoriaux : des lieux qui structurent un espace, organisent des circulations, accueillent des hommes, des droits, des dépendances.
Landeboulou appartient à cette catégorie.
– Elle n’est pas un simple toponyme.
– Elle est un centre ancien de pouvoir foncier.
Ce que les siècles vont produire, ce ne sont pas des ruptures, mais des translations : des déplacements de formes, de noms, de statuts, de titres mais sans jamais cependant rompre avec la structure profonde première.
Ainsi il y eu un Picot de Landa Boilot et l’ancrage de celui-ci dans le XIᵉ siècle lui-même !
L’apparition de Picot de Landa Boilot, ou de Landeboulou, dans les sources autour de la fondation du prieuré du Pont à Dinan n’est pas anodine.
À cette époque, les établissements religieux ne se fondent jamais au hasard.
Ils s’implantent là où existent déjà :
– des réseaux humains
– des circulations
– des possessions foncières
– des pouvoirs locaux reconnus
Picot à ce titre n’est pas un simple spectateur. Il est un acteur territorial.
Le fait que Landeboulou soit associée à un tel acte fondateur montre que ce lieu est déjà reconnu comme un point d’équilibre entre plusieurs mondes : la terre, l’eau, les hommes, les droits.
En réalité c’est ici, avant même que naisse la paroisse de Lanvallay, que commence la véritable histoire de ce territoire : non comme un décor, mais comme une structure active.
Et lorsque l’un des fils tissant l’Histoire va de la seigneurie ancienne à la recomposition moderne…
Quand Grillemont apparaît, à la charnière des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, il n’apparaît pas sur une page blanche.
Il naît réellement d’une division.
Plus précisément il naît de la fragmentation et de la redistribution de la seigneurie de Landeboulou, par le jeu des alliances, des héritages et des transmissions.
L’union de Pierre Ier Serizay avec Françoise Lerenec, fille de Nicolas Lerenec, celui-ci alors le nouveau seigneur de Landeboulou et possesseur de son manoir, n’est pas une alliance de hasard.
Elle est une translation de pouvoir.
Par cette union, ce n’est pas seulement une femme qui est transmise.
Non.
Mais ce sont :
– des terres
– des droits
– des dépendances
– des mémoires
– des légitimités
Grillemont est donc un héritier de Landeboulou, pas un fondateur.
De fait l’alliance Serizay–Lerenec fut une translation de pouvoir
Les Serizay appartiennent à la noblesse de robe. Ils sont issus d’un monde où le prestige se fonde sur la charge, la fonction, l’écrit, la procédure, le droit.Les Lerenec, quant à eux, incarnent déjà une noblesse foncière ancienne solidement enracinée dans le sol cotissois, le bâti, les usages, les dépendances.
Aussi l’union des deux ne fût pas seulement matrimoniale. Elle fut aussi structurelle.
Elle permit la fusion de deux formes de légitimité : celle du droit et celle de la terre
On oppose souvent la Robe et la terre. On oppose souvent noblesse de robe et noblesse d’épée, noblesse administrative et noblesse foncière. Cette opposition est en grande partie illusoire.
Et Landeboulou et Grillemont démontrent tous les deux que souvent l’on peut faire une fausse opposition.
Car ce que montre Grillemont, c’est que la Robe, lorsqu’elle s’installe durablement, devient foncière. Elle investit dans la terre, dans les fiefs, dans les seigneuries, dans les juridictions.
Elle comprend que le vrai pouvoir n’est pas seulement dans les charges : il est dans la durée territoriale.
Les possesseurs de Landeboulou, déjà alliés à la Robe, étaient probablement depuis longtemps des propriétaires importants. Les Serizay vont prolonger cette logique et la renforcer.
Ici, à Landeboulou, les Serizay n’ont pas créé un prestige mais ils l’ont le requalifié.
Et Grillemont fût le produit de cette fusion.
Et lorsque la titulature devient une preuve territoriale un élément fondamental peut alors apparaître.
Il est apparu ici même dans notre aveu : Messire Pierre-Clément de Serizay, chevalier, est dit seigneur de Grillemont, du Bois Brassu, de Landeboulou, de la Samsonnaye.
Cette accumulation n’est pas rhétorique. Elle est topographique.
Pourquoi cela ?
Dans l’Ancien Régime la titulature n’est pas décorative mais elle est cartographique ; elle énumère les lieux où l’on exerce une autorité réelle.
Et donc dire Landeboulou dans une titulature c’est reconnaître son statut de pôle.
Grillemont ne remplace pas Landeboulou mais il l’englobe.
Tout ce que nous avons vu converge vers une conclusion simple mais puissante : Grillemont ne fut pas une rupture mais un héritage recomposé.
Et ainsi il a hérité :
– de la profondeur historique de Landeboulou
– de ses réseaux anciens
– de ses seuils
– de ses continuités foncières
– de ses dépendances
– de son rôle territorial
Mais tout en y ajoutant :
– une structuration juridique
– une noblesse de fonction
– un appareil de justice
– un bailliage
– une titulature élargie
En vérité Grillemont transformera une ancienneté en un tout nouveau système.
Conclusion :
Quand un petit territoire raconte le monde
À première vue, l’aveu de 1787 pour Landeboulou semble être un document mineur. Et pourtant, il nous raconte l’essentiel.
Il nous montre en effet :
– Comment un territoire fonctionne réellement.
– Comment le pouvoir en celui-ci se matérialise.
– Comment la justice s’y exerce.
– Comment les flux y sont contrôlés.
Et comment les dépendances sont organisées.
Il révèle que Grillemont n’était pas seulement un château, mais un centre de gouvernement local.
Que Landeboulou n’était pas un simple village, mais un point stratégique.
Que la Porte Provost n’était pas une simple curiosité, mais un seuil de juridiction.
Et que le bailliage du Bois Brassu en vérité fut un outil central pour faire tenir ce monde ensemble.
Bref.
Ce chapitre nous amène à une vérité simple mais rarement formulée : la vraie généalogie n’est pas seulement une liste de noms. Elle est une géographie transmise.
Landeboulou ne fut pas un décor ancien autour de Grillemont. Il fût sa condition de possibilité.
Grillemont fut la forme moderne d’un pouvoir ancien.
Ce document retrouvé nous rappelle que l’histoire ne se joue pas seulement dans les capitales.
– Mais qu’elle se joue aussi dans les chemins, les ports, les maisons, les aveux, les rentes, les seuils.
– Et qu’elle se joue là où l’on vit.
Et parfois une simple feuille de papier suffit à faire ressurgir tout un monde né, pour ce qui nous concerne, à la charnière des xi et xii siècles.
Présentation de cet aveu
Archives privées du château de Grillemont retrouvées dernièrement par monsieur Loïc-René Vilbert, bibliothécaire honoraire du Centre culturel de Dinan, chez un bouquiniste angevin.
04/05/1787.
Mais avant sachons qu’unseul aveu ne fait pas une seigneurie.
Aussi il faut ici lever une ambiguïté essentielle : la surface que nous avons calculée — environ 17,45 journaux, soit 8,37 hectares — ne correspond pas à la surface de la seigneurie de Grillemont. Elle correspond uniquement aux biens tenus en propre par Jeanne-Perrine-Roberte Briand de la Feillée, héritière à la fois de son père, de sa tante, et de lignées antérieures.Autrement dit, ce chiffre ne représente qu’un fragment de l’ensemble seigneurial.Cette seule donnée est déjà lourde de conséquences. Car si Jeanne-Perrine-Roberte hérite de terres issues de plusieurs successions, cela signifie que ses propres aïeux tenaient déjà ces mêmes parcelles sous la juridiction de Grillemont.
Nous sommes donc en présence non d’une acquisition récente, mais d’une dépendance ancienne, reconduite de génération en génération.Le territoire féodal n’est pas une surface figée : c’est une stratification de lignages.Chaque aveu est une coupe dans ce millefeuille. Il ne montre pas tout ; il montre une tranche.
Il est donc évident que les Briand de la Feillée ne pouvaient pas être les seuls vassaux de Grillemont. Une seigneurie viable suppose nécessairement une pluralité de tenures, de familles, de redevances, de droits et de successions. L’aveu de 1787 ne nous révèle qu’un cas documenté — mais ce cas, à lui seul, suffit à démontrer que Grillemont s’appuyait sur un réseau de dépendances multiples, aujourd’hui largement invisibilisées par la perte des archives.
Ce que nous entrevoyons ici, ce n’est pas un domaine isolé, mais un système.
Aveu fait envers Monsieur de Serizay pour la Landeboulou.
L’an mil sept cent quatre-
vingt-sept le quatrième jour de may, devant nous
notaires royaux héréditaires à Dinan soussignés,
furent présents Dame Janne-Robertde-Perinne Briand
noble homme Louis-François Robert de la Menais,
négociant, son mari, de lui elle le requierant dument autorisée,
demeurants en la ville de Saint-Malo, rue de Saint-Vincent,
paroisse et évêché de Saint-Malo laquelle, sous la dite
autorité a reconnu et confessé, et par le présent
reconnoit et confesse être sujette, vassale, vraie
justiciable et obéissante de Messire Pierre-Clément
de Serizay, chevalier seigneur de Grillemont, du Bois
Brassu, Landeboulou, la Samsonnais,
capitaine commandant au régiment des
Dragons de Monsieur, chevalier de l’Ordre royal
et militaire de Saint-Louis, et de lui à cause de son
fief et Bailliage du Bois Brassu s’étendant aux
villages de Landeboulou, du Rehanet et Chevrins
paroisse de Lanvalay, évêché de Dol, tenir
prochement et roturièrement les héritages cy
situés aux dits villages de Landeboulou, du
Rehanet et Chevrins en la dite paroisse de
Lanvalay, échus à la dite Dame Robert
de Lamenais des successions de feu Jan
Briand sieur de la Feuillé son père
et de demoiselle Anne Briand, demoiselle de la
Feillée, sa tante paternelle, par sa seconde lottie
du partage des biens dépendants des dittes successions
fait d’autorité de la juridiction ordinaire et commune
de Saint-Malo, entre Pierre-Marie Briand sieur
de la Feillée d’une part, et la dite Dame de La
Menais d’autre part, frère et sœur seuls enfants
dudit sieur Jan Briand de la Feillée, et uniques
héritiers de la ditte Demoiselle Anne Briand de la
Feillée, leur tante, le dit partage conclu à
Saint-Malo le vingt-six octobre mil sept cent
cinquante-quatre, référé, contrôlé à Saint-
Malo le même jour, déposé au Greffe de la dite
juridiction le vingt-neuf dudit mois et an, suivi d’acte
de choisie passé audit Greffe le même jour vingt-
neuf octobre mil sept cent cinquante-quatre, les
quels dits sieur Jan Briand et Demoiselle Anne Briand ils étoient
advenus des successions de Nicollas Briand et de Françoise
Aubry sieur et demoiselle de la Feillée, leur père
et mère, aux fins de partage et mesurage
aussi fait d’autorité de la juridiction ordinaire, et
commune de Saint-Malo daté en sa constitution
du sept janvier mil sept cent quarante un, référé,
contrôlé à Dinan le douze, suivi d’acte de dépôt
de choisie des quatorze et dix-neuf juillet
dit an, référés et contrôlés à Saint-Malo les mêmes
jours laquelle date demoiselle Françoise
Aubry, les dits sieur Jan Briand et demoiselle
Anne Briand ses enfants rendirent aveu
des dits héritages et autres le quatre février mil
sept cent trente par acte rapporté de Gautier et
son collègue notaires, référé contrôlé à Dinan
le sept et reçu en jugement le treize du dit mois,
avec expéditions lequel partage et mesurage sera
ex(h)ibé au soutient du présent pour servir
d’instruction par lequel on a été obligé de prendre
droit pour parvenir à la rédaction du présent,
ce titre étant le plus régulier qui soit aux
possessions des dits sieur et Dame de Lamenais
rédigé depuis un aveu cy dessus référé lequel
aveu paroit contenir différentes erreurs
préjudiciables au seigneur et dont la majeure
partie se trouve corrigée et relevée par le susdit
partage rédigé depuis l’aveu cy dessus référé
lesquels héritages sont :
Savoir :
Article premier :
Une maison de demeurance située au village
de Landeboulou, paroisse de Lanvalay,
nommée La Porte Provost, avisagée au midi,
consistante en deux êtres, l’un vers occident
servant de demeure au fermier avec chambre
au-dessus accessible par un escalier pratiqué
dans l’embas, et grenier au-dessus de la dite chambre
L’autre être vers orient, servant de grange, grenier
au-dessus, le tout couvert d’ardoises, contenant
de longueur en cotable, par devant, trente-deux pieds
et demi et de laize dix-huit pieds trois quarts
hors œuvre, le pignon oriental joignant à la maison
de François Vaudelait et des enfants de Charles
Vaudelait.
Cour au-devant des susdits logements dans
laquelle, et vis-à-vis d’iceux, est un autre bâtiment en appentis
couvert d’ardoises consistant en un cellier au bout
vers occident, et une étable au bout orient, un mur de
refend entre d’eux, grenier au-dessus, avec leurs
ouvertures vers nord, le dit bâtiment contenant
environ vingt-quatre pieds de long, hors œuvre,
et seize pieds six pouces de laize en œuvre ; autre
étable à cochons aussi en appentis, au bout vers
orient de la dite cour, avec un grenier au-dessus
couvert d’ardoises, ayant ses ouvertures vers occident.
La dite étable de dix pieds de long et deux (douze ?) de
laize hors œuvre, avec son droit d’échelage
vers midi, la susdite cour close d’un petit
mur d’appui vers occident, avec une petite porte
pour aller sur les terres dépendantes de la
maison.
Jardin au derrière tant de la dite maison et
grange ci-dessus que de la maison de François Vaudelait
et enfants mineurs de Charles Vaudelait, le dit jardin
en forme triangulaire clos de mur et ayant sa porte
vers couchant sur le Clos de la Vigne, ou (dite aussi de…)Ceterais
ci-après article 5.
Les héritages ci-devant describés s’entre tenant
et cy joignant ensemble, vers orient,
maison, déport et terre au-dessus des dits Vaudelait ;
vers couchant (vers occident) la pièce de la vigne au Port Provost article
deux, autre pièce de vigne à Jan Thouin, la Petite
vigne, ou Celerais, article 5 ci-après, même du bout
nord, la dite pièce de la Petite vigne ou Celerais, du
coté vers midi, autre quantité dans la pièce
de la vigne article trois cy après.
Le tout de la dite maison, cour, déport, cellier
et étable et jardin, contenant ensemble par fond six cordes
trois-quart, et un sixièmes et un seiziesme de corde
a devoir païer (payer) chacun an au susdit fief le
Bailliage du Bois Brassu , au terme de Saint-Gilles
cinq deniers et à celuy de Noël mesure
et appreci de Châteauneuf un demi godet
de froment , un quart de godet d’avoine grosse (avoine gros = avoine plus épaisse et plus rustique),
un quart de poulle (poulle = mesure ancienne ?), un sixième et un vingt-quatrième
de corvée faisant partie solidaire (taches agricoles ou autres dues en commun et valant tant) de un sol six deniers monnoies, deux godets et demi de froment,
un quart de godet d’avoine grosse, un quart
de corvée et un quart de poulle , dus
hypothécairement tant sur les dits héritages
que sur un sillon et demi de raye de la quantité
exploitée à l’article sept qui paie cinq deniers monnoie ;
un demi godet froment et un vingt-quatrième
de corvée sur la quantité exploitée à l’article
quatre qui paie trois deniers monnoie et un demi
godet froment et sur quinze sillons des Vallées du
Réhanet possédés par le sieur Gerard qui paie cinq
deniers monnoie et un quart de godet froment.

En premier plan la maison et grange bien en 1787 à François Vaudelait et aux enfants mineurs de Charles Vaudelait.
A gauche ou à midi la cour au-devant.

Ce bien fût hérité, avant 1787, par Janne-Perinne-Roberde Briand de la Feillée, femme
et compagne de Louis-François Robert de la Menais tous deux demeurant
en Saint-Malo. En 1787 elle sera dite « être occupée par le fermier ».
Article deux :
Une quantité de terre, à occident de la cour ci-
devant (la cour de la maison de la Porte Provost), nommée la pièce de la vigne au Port Provost
contenant vingt une corde plantée de pommiers (il faut en principe 80 cordes de terre pour faire un journal de terre. La corde mesure environ 0.60 are, soit environ une surface de 6 mètres par 6 ou 36 m². 80 cordes/1 journal de terre représentent donc, en moyenne, une surface de 36m²x80 =2880 m² ou 1/3 hectare environ)
joignant au bout vers orient à la dite cour. Du bout vers
couchant (occident) le Commun de Landeboulou, du coté vers orient
à Jan Thouin (susdit) et femme, d’autre costé vers le nord
la pièce de la petite vigne, ou Celerais, la barre et tertre
du Gripel, et pièce du Gripel cy après articles cinq, six et
sept à charge de païer chacun an au dit bailliage, terme
de Noël, mesure et apprecie de Châteauneuf, deux godets
un dix-huitième de godet froment et un vingt-quatrième de poulle.

Article 3 :
Autre quantité plantée de pommiers dans la
pièce de la vigne au port Provôt contenant environ douze
cordes de terre, joignant du bout vers orient au chemin
qui conduit de Landeboulou à Grillemont, d’autre
bout au commun du dit lieu, du costé vers nord à
la même pièce de terre appartenant à Jan Thouin
et femme, la costalle du cellier et étable et écurie
des Vaudelait, d’autre costé vers midi aussi une même
pièce de terre de Jullien Rouxel, à devoir de païer
chacun an au dit fief et bailliage, au terme de
Noël, mesure et apprecie de Châteauneuf, un godet
froment et un quatrième de poulle, soixante
partie solidaire de dix deniers monnoie,
deux godets de froment un quart de poulle
dus tant sur cette quantité que sur deux
quantités faisant ensemble quatre sillons une
raye de la quantité des Gripeaux emploïée
à l’article sept ci-après, qui doit le surplus de la dite
rente qui est trois deniers monnoie et un godet
de froment.
Article quatre :
Autre quantité de terre dans la même pièce de
la vigne, environ la moitié plantée de pommiers, contenant
trois cordes un tiers, et un trente deuxième de corde, ou
environ, joignant du bout vers orient les enfants de Maurice
Lorre (Lorre de Tressaint. Union faite à Lanvallay le 02/08/1768) et de Françoise Gaubert, d’autre à Jullien Rouxel,
du costé vers midi les enfants desdits Lorre et femme,
et de l’autre costé (à) terre dudit Jullien Rouxel, le tout
en (une) même pièce, à devoir de païer comme devant
au terme de Saint-Gilles trois deniers monnoie
et autre de Noël mêmes apprecie et mesure un
demi godet froment, faisant partie solidaire
des entes mentionnées au premier article cy dessus.
Article cinq :
Une quantité de terre plantée de quelques
pommiers nommée la Petite Vigne, autrement (ou)
les sillons de la Celerais, contenant dix-sept cordes
et demie, joignant du costé vers orient la maison
(et) jardin emploïés au premier article du présent,
terre des dits Vaudelait, et de Jullienne Furet
la femme de Joseph Férard, d’autre costé, vers
le couchant, les buttes et pièces du Gripel (ci-dessus) cy
après article six, et une autre pièce nommée
le Gripel au sieur Desserville, et jardin des
enfants du sieur Gilles Lair avec demoiselle Janne
Lorre, d’autre bout la quantité cy-devant déclarée (à)
article deux, à devoir d’obéissance n’ayant pas
connoissance que cette quantité soit chargée
d’aucune rente
Article six :
Une pièce de terre, en periere et buharai, plantée
d’ormes, hêtres, châtaigniers, nommée le Tertre, ou (le)
Butrel du Gripel, contenant trente-deux cordes, joignant
du costé vers orient à la quantité de la Celerais cy
depuis l’article cinq, d’autre costé à la pièce du Gripel
cy après article sept, du bout vers nord à autre pièce
du Gripel au sieur Desserville, d’autre bout vers midi
à la Pièce de la Vigne ci-devant ci devant déclarée (à l’) article
deux ; à devoir de païer chacun an un quart de
godet froment au terme de Noël même mesure
et apprecie.
Article sept :
Quantité de terre nommée le Gripel, ou Gripeaux,
contenant quarante-quatre cordes joignant vers orient
terre du Gripel dernier(ement) déclaré, même à la quantité
de l’article deux ci devant, d’autre costé terre en même
pièce audit sieur Desserville, du bout nord (à) la pièce du
Gripel audit sieur Desserville, et d’autre bout au
commun de Landeboulou ; à devoir païer chacun an
audit bailliage, savoir sur neuf cordes un tiers et
un vingt-quatrième de corde, un quatre-vingt seizième
de poulle, au terme de Noël, faisant portion d’un
douzième de poulle du solidairement avec la…
Manque la feuille contenant l’articles 8…
Article 9 :
Une petite pièce de terre plantée en poiriers et
autres arbres, nommée le Courtil des vignettes ou les courtils
vignettes, contenant dix-huit cordes et demie, joignant
du costé vers orient , même au bout vers midi, et en partie
vers occident, les sieur et demoiselle Giffard, du même costé
vers occident au sieur Desserville, d’autre bout le chemin
conduisant au marais de la rivière de Rance, à devoir de
païer par chacun an, au dit Bailliage, tant sur cette
quantité que sur celle du champ Rabaril réuni à celle
de la Feillée exploitée à l’article onze ci-après, et avec celle
de Tournel emploïée à l’article treize aussi ci-après,
au terme de Saint-Gilles, trois deniers, et
au terme de Noël susdits mesure et apprecie, un
cinquième et un dixième de godet froment, et par
avoine à raison de deux pour un de froment un
vingt-quatrième, un quarante-huitième de godet, un huitième de
corvée et un trente-sixième de poulle.

Article 10 :
Une quantité de terre vers occident de la Champagne
de Landeboulou, en un endroit nommé le Paumel Denieu,
contenant vingt-quatre cordes plantées de deux rangs
de pommiers, joignant du costé d’orient(à) terre de
monsieur de Grillemont, d’autre costé et du bout vers
midi (à) terre des héritiers de Guillaume Besré,
le tout en même pièce sans séparation, d’autre
bout vers nord (au) grand courtil appartenant
aux sieur et demoiselle Giffard, à charge de païer chacun
an au dit bailliage, terme Saint-Gilles, cinq deniers
monnoie et deux godets froment au terme de Noël susdits
mesure et apprécie, faisant portion de trois sols onze
deniers monnoie, et sept godets froment, d’un demi
godet d’avoine grasse, d’une demie corvée, d’un quart
et quarante-huitième de poulle, dus tant sur la dite
quantité que sur une petite maison à Rehanet
emploïée (à) l’article dix-sept ci-après, cinq raies de
jardin derrière la maison du sieur Gerard, sept sillons
trois raies dans la pièce du Clos Suzanne, cinq
sillons dans la Courte pièce , dix-huit sillons aux
Champ Sevestre appartenant au dit sieur Gerard,
un sillon demie raye (et une…) du courtil de Guerreheuc emploïé
à l’article huit ci-dessus, trois sillons deux rayes
au courtil Dabas, ou (nommé aussi…) Petit Clos de Derrière, emploïé
à l’article vingt-deux ci-après, et trois rayes au (sillon = quatre pieds de larges, ou 1.30 mètre, par 120 pieds de long, ou 40 mètres)
à l’article vingt-deux ci-après, et trois rayes au
courtil de Derrière de restant possédés par le dit
sieur Gerard, et en outre à la charge de païer
chacun an le mardi des Fêtes de la Pentecôte quinze
sols tournois au sieur Recteur et à la Fabrique de Lanvalay pour obit.
Article 11.
Autre quantité de terre au costé vers orient
de la Champagne de Landeboulou, en un endroit
appelé la Feillée, avec la quantité du Champ
Rabaril contenant ensemble un journal (et)
une corde un tiers, joignant du costé vers orient
à la terre en même pièce appartenant aux enfants du
sieur Gilles Lorre et de feue demoiselle Janne Lorre
son épouse, d’autre costé aussi en même pièce (à) terre
du sieur Desserville, du bout nord (à) terre du sieur et
demoiselle Giffard (fille du Chirurgien Jacques Giffart, possesseur du grand logis de la cour de Bretagne, au pont à Dinan), et d’autre bout au seigneur
de Grillemont, à charge de païer chacun an sur la quantité de la Feillée
un huitième de godet froment au terme de
Noël, mesure et apprécie de Châteauneuf, et,
à l’égard de la rente sur la quantité du Champ
Rabaril, elle est comprise en celle emploïée
à l’article neuf ci-devant, le surplus de la dite
quantité de terre franche de rente.
Article 12 :
Autre quantité de terre en une pièce nommée
le Champ Chesnais, avec un rangée de pommiers
contenant vingt-deux cordes un dixième de corde,
joignant des deux costés et du bout vers occident
au sieur Desserville, d’autre bout à (la) terre nommée
le Bignon appartenant à Jean Thouin (susdit), à devoir
d’un trente-deuxième de poulle par chacun an
au terme et apprécie ci-devant, au dit bailliage, sur
quinze cordes (et) demie et (un) huitième de corde, la dite
rente solidaire avec celle imposée sur neuf
cordes un tiers et un vingt-quatrième de corde
faisant partie de l’article sept ci-dessus et de
celle qui sera expliquée sur la quantité des
Fontenelles emploïées à l’article 16 ci-après,
le surplus de la ditte quantité franc de rente.
Article 13 :
Une quantité de terre au costé vers midi de la
Champagne de la Mouette,au lieu appelé Lourmel
contenant un journal dix-huit cordes planté en
pommiers, joignant du costé vers nord, en (la) même pièce,
(la) terre de Julienne Furet femme de Joseph Ferard,
d’autre costé aussi en (la) pièce de terre (à celle) de Jullien
Louvel, du bout vers orient la pièce des Yeux Blets
au sieur Desserville, et d’autre bout vers occident
à la pièce du Domaine au seigneur de Grillemont,
auquel bout est une sente et passage qui dessert
les terres de la Champagne, à l’autre bout vers orient
est un fossé dont trente un pieds de long du costé vers
nord appartient au sieur Desserville, et le surplus qui
contient quatre cordes, vingt (et) un pieds et demi de
longueur, dépend du présent. La folière orientale (foliaire = la nervure, l’arrête, l’axe)
dudit Clos de Lourmel, plantée de plusieurs chesnes (chênes)
et pommiers, à devoir de païer annuellement audit
bailliage sur quarante cordes un huitième et
trente-deuxième de corde de la ditte quantité
au terme de (la) Saint-Gilles partie de la rente mentionnée
à l’article neuf ci-devant ainsi qu’il est expliqué,
sur vingt cordes un quart, trois quart de godet de
froment, et sur vingt-six cordes un quart quatre
deniers monnoie, un demi godet (de) froment, un tiers
de godet d’avoine grosse, un soixante-douzième
de poulle, un quarante-huitième de corvée,
surplus de la ditte quantité franche de rente ?
Article 14 :
Autre terre en la même Champagne
de la Fontenelle au costé vers nord , ayant une
… … (marge ? Mot illisible) descendant vers orient, la ditte quantité
plantée de pommier, contenant soixante-
trois cordes un-douzième de corde, joignant en
(une) même pièce du costé vers nord (à la) terre (de) madame de la
Ville-Josse, de l’autre costé aussi en (une) même pièce de terre
(à celle) de Julienne Furet femme de Joseph Gerad (susdits) du
bout vers orient la pièce des Yeux Blets, la pièce
du Fanxaux aux sieur et demoiselle Giffard (susdits), d’autre
bout le Domaine appartenant au seigneur de
Grillemont, la folière (Foliaire) vers orient ainsi que celle
de la Cognée plantée de quelques chesnes, à devoir
de païer sur trente-deux cordes un sixième et un
quarante-huitième de cordes, six deniers monnoie
et sur vingt-quatre cordes huit deniers monnoie,
un quart de godet de froment, un trente-sixième
de poulle et un-sixième de corvée, aux termes
mesure et apprécie ci-devant, le surplus de la ditte
quantité franche de rente.
Article 15 :
Une quantité de terre au costé vers occident
de la Champagne de la Fontenelle contenant douze
cordes trois quarts, joignant des deux costés vers
orient et occident en même Champagne (la) terre du
sieur Desserville , même du bout vers nord, une
sente à pied entre deux, d’autre bout (la) terre nommée
le Periel à Jullienne Furet femme de Joseph Gerad (susdits),
par sur laquelle pièce du Periel cette (la) quantité de la
terre Fontenelle à son service (son entrée), à devoir de païer chacun
au dit bailliage à cause de la ditte quantité de
la Fontenelle, un quart de godet froment faisant
portion d’un demi godet du tout dû sur cette quantité
que sur celle du courtil Gueheneuc emploïé à l’article
huit ci-devant.
Article 16 :
Autre quantité de terre en la dite Champagne de la
Fontenelle contenant cinq cordes un septième, et un
trente-deuxième de cordes, joignant du costé vers à orient
(à la) terre en même pièce aux héritiers de François Hervi, d’autre
costé (à la) terre aussi en même pièce à Henriette Coupé veuve
de Nicolas Ferard (susdit), du bout vers midi (à la) terre de madame de la
Ville Josse, et d’autre bout (à la) terre de Louis Hervi ; à devoir de
païer chacun an aux termes accoutumés un vingt-
quatrième de poulle , en solidité avec la rente due sur
la quantité du Champ Chesnais emploïé à l’article
douze ci-devant et sur neuf cordes un tiers et un
vingt-quatrième de corde de la quantité nommée le
Gripel, ou Gripiaux, emploïée à l’article sept aussi
ci-devant.
Article 17 :
Autre maison située au village de Rehanet,
paroisse de Lanvalay, évêché de Dol, aspectée au midi (face au sud),
nommé la Maison du Devant, construite en maçonnaille.
Composé d’un embas, grenier au-dessus couvert de
paille, contenant de longueur en costalle dix-neuf
pieds (environ 6.30 mètres de longueur) et de laize 20 pieds et demi (environ 7 mètres), droit d’échelage
au derrière, aire déport au-devant comme en emporte
la ditte maison jusqu’à trente pieds de la costalle.
Joignant vers orient au chemin qui conduit
à Grillemont, vers occident (à la) mazure et déport de
Jullien Bouesnard et du sieur Guillaume Gerard (bien commun à ces deux sieurs)
le pignon entre deux (un pignon entre eux) … …(mot effacé), vers … … (mot effacé) à maison et métairie du Rehanet au seigneur de Grillemont,
vers nord à la cour et déport de la maison du dit sieur
Gérard ; à devoir de païer chacun an au jour de Saint-
Gilles six deniers et à celui de Noël mesure
et apprécie de Châteauneuf, un sixième godet (de) froment,
un sixième godet d’avoine grosse, un vingt-quatrième
de poulle et un douzième de corvée, faisant … … (mot effacé)
des rentes expliquées sur la quantité du Paumel
Denieu emploïée à l’article dix ci-dessus.

La susdite maison du Devant accolée à occident à la masure et déport composée de
Jullien Bouesnard et du sieur Guillaume Gerard.
Possédant en 1787 un toit alors paillé elle était le bien des susdits sieurs et Dames de Briand de la Feillée.
A gauche le petit chemin descendant aux vallées et au clos Suzain.
Artiche 18 :
Une mazure au bout vers occident de la sur dite maison
ci-devant, nommée le Toit aux brebis, contenant de
longueur onze pieds (3.60m) sur vingt pieds (6.60m) de laize
en dehors, aire de déport au-devant vers midi jusqu’à
huit pieds de la costale, c’est-à-dire jusqu’à vis (en vis-à-vis) et au
joignant au pignon de la métairie de Rehanet
appartenant au seigneur de Grillemont, joignant
du bout vers orient à autres mazures de Jullien Bouesnard
et du sieur Gerard qui se trouvent entre la maison ci-
devant déclarée (à l’) article dix-sept et la ditte mazure
Toit aux Brebis, d’autre bout au jardin ci-après à
l’article vingt, du costé vers midi (à) l’étable de la
métairie de Rehanet au dit seigneur de Grillemont
et d’autre costé (à) la ruette qui descend aux vallées.
Article 19 :
Autre mazure de (qui est une…) petite étable au derrière vers nord de
la petite mazure dernière (ci-dessus) déclarée, contenant de longueur
de l’orient à occident dix-sept pieds et demi et de laize six
pieds et demi, laquelle à son des service (est desservie) par l’aire et
déport du sieur Gerard susdit.

A droite, entre le Toit aux Brebis et la maison de Devant, est la petite venelle ou ruette
menant aux vallées dont le Clos Suzain.
Article 20 :
Un petit jardin au pignon vers occident des deux mazures
emplïées ci-devant (à l’) article dix-huit et dix-neuf, contenant du
midi au nord trente pieds et de l’orient à l’occident vingt-six
pieds, joignant vers midi au pignon de la métairie du
seigneur de Grillemont, vers occident au jardin de la ditte
métairie et au derrière vers nord à la sente ou ruette qui
descend aux vallées. A devoir de païer sur les trois derniers
articles deux deniers monnoie au terme de Saint-Gilles
et à celui de Noël, dite mesure et apprecie un quart de godet
(de) froment et un quarante-huitième de corvée, faisant portion
solidaire d’un sol neuf deniers monnoie, deux godets
(de) froment, un douzième, vingt-quatrième, et quarante-
huitième de corvée dus solidairement tant sur les susdits
trois articles que sur les articles vingt et un et vingt-quatre
ci-après, sur trois sillons (et) trois rayes au milieu du Clos
Suzain, cinq sillons en la vallée de (au) dessus la Grosse roche ,
un sillon (et) quatre rayes en la vallée de (au) dessous du Clos
Suzain et quatre rayes dans la vallée des Vaux de l’Essart
(essart = terre essartées = terre défrichée) possédés par le sieur Gerard (susdit).

sieur Julien Bouesnard.

et le Toit aux Brebis.

Ancienne maison bien de Grillemont ; elle est postérieure à 1844.
Elle sera édifiée au lendemain de 1844 sur les terres de la métairie de
Grillemont.
Article 21 :
Une quantité de terre nommées la Pépinière, contenant
cinq cordes trois quart, et un quarante-huitième de cordes
plantée de pommiers, poiriers et badiers (badisier/cerisier), joignant du
bout midi à la petite ruette, ou sente, ci-devant qui se rend
aux vallées, d’autre bout nord au mur de l’Enclos du
seigneur de Grillemont, du costé orient (à) terre du sieur Gerard
et Jean Bouessard, du costé orient (à la) terre dudit seigneur
de Grillemont ; laquelle quantité de terre a, à l’orient,
une petite corde de terre entre celle du sieur Gerard
qui est en même pièce du costé occidental, à devoir de païer
par an aux termes accoutumés et au dit bailliage
trois deniers monnoie, un quart de godet de froment
froment (mot répété) et un vingt-quatrième de poulle mesure et
apprécie de Châteauneuf faisant portion des rentes
mentionnées à l’article vingt cy-dessus et ainsi qu’il est
expliqué.
Article 22 :
Une quantité nommée le Courtil d’Abas, ou le Petit
Clos de derrière, contenant douze cordes et demie et un
vingt-quatrième de cordes joignant du costé vers
orient (à) terre du seigneur de Grillemont, du costé vers
occident (à un) autre courtil, ou petite vallée, appartenant
au sieur Gérard, du bout vers nord au maré (marais ?) détenu
du (par) seigneur de Grillemont, l’autre bord à la susdite
ruette ou sente qui conduit du Rehanet aux vallées
et au Clos Suzain du sieur Gerard ; à devoir de païer
chacun an au dit bailliage au terme (de) Saint-Gilles
et aux termes de Noël, mesure et apprecie de Châteauneuf
un godet (de) froment, un quart de godet d’avoine grosse,
un huitième de poulle et un quart de corvée, faisant
portion solidaire des rentes expliquées à l’article dix ci-devant.
Article 23 :
Une quantité de terre au costé vers midi du Clos
de la Fontaine près le dit lieu de Rehanet, plantée
en pommiers, contenant trente-six cordes un
douzième de corde, joignant du costé vers midi
(à la) terre en même pièce au sieur Gérard et au Bouesnard,
d’autre costé (à la) terre aussi en même pièce au dit sieur
Gérard, du bout vers orient le (au) chemin conduisant
de Grillemont à la métairie de Cornican (bien Serizay), d’autre
Bout vers occident (à un) autre chemin allant de
Réhanet à Grillemont ; à devoir de païer chacun an au
bailliage, mêmes termes mesure et apprecie
que devant, deux deniers monnoie, un tiers de denier monnoie, un
godet de froment dont un demi en acquit de Raoul, Hellaine,
et Jullienne Germont, ou (leurs) représentants ; les dites autres
faisant portion. Premièrement d’un godet et demi (de) froment
dû tant sur cinq sillons cinq rayes de la ditte quantité du Clos
de la Fontaine, environ le milieu, que sur neuf sillons quatre
rayes et demie au clos appelé la Brousset, vers midi réuni
Sevestre (susdit) possédés par le sieur Gerard, secondement les
quatre deniers deux-tiers de deniers monnoie, et d’un godet de
froment aussi du tant sur douze cordes un-quart de la ditte
quantité du Clos de la Fontaine, que sur quatre sillons
quatre rayes au milieu du Clos du Devant possédé par
le sieur Gerard qui païe deux deniers un tiers de
denier monnoie (et) un demi godet (de) froment.
Article 24 :
Finalement autre quantité de terre dans
le même Clos de la Fontaine, au costé vers nord plantée
de pommiers, contenant dix-neuf cordes, un vingt-quatrième
de corde, joignant d’un costé vers nord et du bout vers
orient au susdit chemin qui va de Grillemont à la
métairie de Cornican, d’autre bout à celui du Rehanet
à Grillemont, d’autre costé vers midi à (la) terre en même pièce
appartenant au sieur Gérard ; à devoir de païer
chacun an au dit bailliage, mêmes terme, mesure et
apprécie que dessus, cinq deniers monnoie, un tiers (et) un
huitième de godet (de) froment et un-douzième de corvée
faisant portion des rentes mentionnées à l’article
vingt cy-devant et ainsi qu’il y est expliqué.
Pour toutes rentes , charges et devoirs, fort
obéissant dûes, à qui elle appartient, l’issue (le pouvoir) de
sergentise (fief du Sergent) dudit bailliage à tous et rang et tous
autres dus, droits et devoirs suivant coutume et
l’usement (l’usage) du fief, réservant la ditte Dame Lamenais (?)
a communier (à donné/comminiqué?) avec les autres vassaux dudit fief aux
communs en dépendant.
Que payement et continuation desquelles rentes,
charges et devoirs Dame de Lamenais Robert (par)
l’autorité de son mary a assuré hypothéquer les dits
héritages avec fruits, levées, et revenus d’yceux, pour en cas
(de) défaut de payement des dites rentes et charges et de l’entier
acquit de tous autres droits et devoirs, être des dits fruits, levées
et revenus pris, exécutés et vendus, même le fond réuni
au domaine de la ditte seigneurie, suivant coutume, et pour
présenter et faire recevoir le présent en justice, communiquer
au soutient et faire ce touchant tout ce qui
conviendra, la ditte Dame de Lamenais a institué
et nommé pour son procureur
avec tout pouvoir d’en faire sans révocation : De tout quoy
lecture (fut) faite aux dits sieur et Dame de Lamenais ils ont déclaré
le vouloir et ainsi reconnaitre et consentir, partant à l’exécution
et accomplir nous dits notaires, de leur consentement et leur
requête, les avons jugés et condamnés d’autorité de nos offices
avec soumissions de leur part à la juridiction du Bois
Brassu (nom du bailliage de la seigneurie de Grillemont). Fait et rapporté à Dinan à l’étude de
l’un de nous, l’autre présent sous les seings des dits sieur
et Dame de Lamenais et les dits notres, jour et an
Interlignes : Présents : Jan Briand, et au vassal, Provôt, ci-devant du Gripel, à devoir de païer chacun an, quantité, mazure, dix deniers monnoie. Approuvées. Dix mots raïés nuls.
Signent :
– Jeanne Robert.
– Perinne Briand de Lemenais.
– Lamenais Robert.
– Lohier, notaire royal.
– Le Noual, notaire royal.
Contrôlé à Dinan le 6 may 1787.
Dû quinze sols.
Présenté et vérifié à l’audience de la juridiction du Bois Brassu, tenu au
village de Landeboulou, paroisse de Lanvalay le mercredi vingt sept juin
mil sept cent quatre vingt sept devant messire sénéchal procureur fiscal
qui reçut le présent sauf à l’impunir (?) et tous autres dus et devoirs seigneuriaux
et féodaux et ordonne que la ditte présente sera portée au Registre du greffe. Gagon sénéchal. Lorre. Restif.

Note généalogique :
Au XVIII siècle quand un enfant originaire de la Magdelaine en Lanvallay DECOUVRE une petite île de l’Océan indien « l’ile de Tromelin » ne pouvait que naître.
Originaire de notre paroisse et par son père et par sa mère, tous deux nés à Lanvallay, quand en 1720 Jean-Marie de la Feillée découvre une toute petite île perdue de l’Océan indien, commandant de vaisseau de la « Diane » alors qu’il était pour la Grande Compagnie des Indes, l’Histoire personnelle de Lanvallay ne pouvait une nouvelle que continuer à grandir. Et oui.
En 1720 dans son regard simple « ile plate », ile ne possédant aucun arbre vivant ou mort, aucune vie humaine, ne possédant aucun relief donc aucune parcelle d’ombre portée, Jean-Marie Briand de la Feillée son inventeur avec ironie lorsqu’il la découvrit lui donna pour tout premier nom : l’Ile des Sables. Et pour cause… Elle n’était pas les Amériques de Colomb et tout n’y n’était que sable brulant sous le grand astre solaire.
Les sieurs de La Feillée, pour la toute première fois, apparaissent dans la grande histoire dès 1312 et leurs Armoiries sont alors : D’Or à la croix engrêlée d’Azur.
Olivier de la Feillée sera ainsi « Armé » en 1415 lorsqu’il se distinguera à la terrible bataille d’Azincourt au cours de laquelle toute la haute fleur de la chevalerie française rencontrera malheureusement la grande Faucheuse.
Cette famille seigneuriale est issue du dit lieu de la Feillée, lieu assis en la paroisse de Goven, proche de Bruz, ou proche de Rennes, et donc aussi proche de Lanvallay par conséquence. De ce tronc surgiront de nombreux bourgeons et la plupart d’entre eux se fonderont tous dans les plus grandes familles seigneuriales de notre propre région. Ils feront cela à l’image de la famille des seigneurs De Rieux qui furent, eux auss,i « seigneurs de Châteauneuf » par l’un de ses propres enfants.
Jean-Marie de la Feillée sera l’un de leurs descendants.
A Pleudihen, en 1427, les « Feillée » seront référencés en une Montre celle-ci reprenant alors tous les nobles « teneurs de fiefs » présents en les évêchés de Dol et de Saint-Malo. Un peu plus tard sera cité pour Pleudihen « Jehan de la Feillée » seigneur de Coesquentel et de la Ville-Gicquel.
Celui-ci, archer et porteur d’une brigantine, est donné pour posséder un revenu annuel de 140 livres.
La Ville-Gicquel en 1360 appartiendra à Pierre Henry de Vaurouel ou Henry de Vaurouët puis à celle des seigneurs Briand de la Feillée avant de tomber en la famille seigneuriale des Henry, en 1593 exactement.
Pour la deuxième apparition en cette même paroisse sera cité en 1513, au tout début du XVI siècle donc, cela lorsqu’il y aura la première Réformation de la Noblesse de l’Evêché de Dol, « Briand de la Feillée » de son rang noble homme, écuyer et seigneur de la Ville Gicquel…Briand de la Feillée, écuier, sieur de la Ville-Gicquel, possède la métairie du Pas de Pierre…
Descendant direct de Jehan de la Feillée ci-dessus cité Briand sera la souche première des seigneurs « Briand de la Feillée » écrit aussi quelques fois « Briand de la Feuillée ».
Celui-ci, en effet, donnera à sa propre descendance son prénom qui, ainsi, sera attaché au nom de sa terre originelle; son propre bourgeon prendra donc le patronyme de « Briand de la Feillée ».
Cette famille est alors déjà ancienne de plus de 5 générations ; lors de cette dite Réformation de droit elle sera reconnue dans ses prétentions et notamment dans sa seigneurie de la Ville-Gicquel en Pleudihen qui sera reconnue « noble ».
Toute proche sera aussi citée en cette même année 1513 sa métairie du Pas de Pierre elle aussi reconnue noble.
La famille Feillée Briand, ou Briand de la Feillée suivant les actes étudiés il est vrai, vers 1700 semble devoir posséder le logis de Grillemont assis sur le carouel de la Magdelaine au pont de Dinan.
Ce noble logis, assis en notre propre quartier, sera personnellement cité dès l’année 1583 dans un acte d’imposition seigneuriale.
En l’année 1718 exactement, année en laquelle sera rédigé un acte de succession propre à l’auberge de l’Ecu, auberge attenant à orient au dit noble logis de Grillemont, il sera dit que la dite auberge de l’Ecu s’appuyait d’un costé aux »héritiers » du sieur Cotuhon et de l’autre à la « Feillée Briand ».
Anne Briand susdite « demoiselle de la Feillée », ainsi nommée en 1726, sera citée lors du baptême d’Anne-Françoise Paris baptisée au prieuré de la Madelaine à Lanvallay.
Nicolas Briand de la Feillée de son côté, son frère, marchand de son métier, originaire de la paroisse de Lanvallay, né en celle-ci en 1675, marié en l’église du prieuré de la Magdelaine le 12/03/1688, dit « sieur de la Feillée » en plusieurs actes B.M.S. de Lanvallay, sera personnellement cité en 1717 lors du baptême de Nicolas-Thomas Lorre lui aussi baptisé sur les fonds du prieuré de la Madelaine.
Lors de son mariage avec Françoise Aubry, elle aussi originaire de la paroisse de Lanvallay, mariage célébré en la dite année 1688, il sera précisé sur cet acte de mariage que Nicolas Briand de la Feillée depuis 6 ou 7 ans résidait déjà à Saint-Malo de Lisle (Françoise Aubry, dite Honorable femme lors de son décès, décédera âgée d’environ 80 ans et sera inhumée en la chapelle de la Magdeleine au pont à Dinan le 11/10/173 ; Nicolas Briand de la Feillée son époux semble avoir eu pour parent proche, cela à défaut de l’avoir eu pour frère, Mathurin Briand époux de Roberde de la Haye).
Uni à Françoise Aubry ils auront tous deux, pour enfant, Jean-Marie Briand de la Feuillée ce dernier étant lui-même, plus tard, le père de Pierre-Marie Briand de la Feillée.
Jean-Marie né en 1700 et décédé le 06/02/1739, « commandant » pour la Compagnie des Indes le vaisseau « la Diane », vaisseau ayant alors à son bord 142 hommes, sera en 1720 le découvreur de L’île Tromelin.
Cette ile, aujourd’hui toujours française, est située dans l’océan indien.
De fait l’ile est la partie émergée d’un Récif corallien ; elle est longue de 1,700 km et large de 700m ; son sommet culmine à 7 mètres de haut.
Située à 436 kilomètres à l’est de Madagascar, et à 560 kilomètres au nord des îles de La Réunion et de Maurice ses fonds marins se situent à 4 000 mètres de profondeur.
Aujourd’hui c’est un centre de météorologie.
Pierre Briand de la Feillée, à l’image de son père, sera lui aussi marin dans la Compagnie des Indes ; celui-ci en 1770, pour récompense de ses services rendus en tant que « lieutenant de vaisseau », se verra allouer une pension mensuelle de 200 livres. C’est au titre de « Capitaine de vaisseau de la compagnie des Indes » que Jean-Marie Briand de la Feillée fera la découverte de cette ile alors du monde entier entièrement inconnue.
Aujourd’hui la France lui doit cette ile et la possession de celle-ci. Uni à Perrine-Thérèse Duhamel Jean-Marie Briand aura pour enfant Jeanne-Roberde-Perrine Briand de la Feillée laquelle, née le 20/10/1730, prendra pour époux le 11/04/1752 l’armateur malouin « Louis-François Robert de la Mennais » (en 1742 celui-ci épousera en premières noces Marie-Thérèse PADET du Dréneuf mère de ses deux enfants ; décédée jeune le 20/05/1744, deux années seulement après son mariage, elle laissera deux enfants en très bas âge. Louis-François se remariera en effet en 1752 avec Jeanne-Roberde-Perrine Briand de la Feillée celle-ci élevant ces deux enfants comme les siens propres).
La Ménnais, au XVIII siècle, est le nom d’une terre mais celle aussi de sa métairie toutes deux assises en Pleslin-Trigavou. Ce bien foncier est alors le bien de la famille Robert laquelle, demain, prendra le nom le nom de « Robert de la Mennais ». Au travers de l’union de sa petite-fille Nicolas Briand sieur de la Feuillée, propriétaire du logis de Grillemont, sera ainsi à l’origine, lui aussi, de l’éducation de deux célèbres frères malouins ayant tous deux laissés en notre Bretagne une empreinte indélébile.
Nicolas Briand de la Feillée sera en effet l’aïeul « indirecte » des célèbres frères Robert de La Mennais, à savoir Jean-Marie Robert de La Mennais et Hugues Félicité Robert de La Mennais tous deux nés à Saint-Malo.
Françoise Aubry, épouse du dit Nicolas Briand de la Feillée, propriétaire elle aussi au titre de son union du dit logis de Grillemont, dite Dame de la Feillée également, sera citée en l’église de la Magdelaine en 1717 lors du baptême de François-Hamon Duval (A.R. de Lanvallay image 487).
Au regard de ces dits baptêmes, tous ici réalisés en l’église de la Madelaine, on peut avancer sans se tromper que tous deux occupèrent en leur temps le dit logis de Grillemont qui, alors, et de droit, leur appartenait au pont à Dinan.